
(Actualisation: citation du PDG de Publicis, contexte)
Publicis signe la plus forte hausse du CAC 40 lundi après avoir annoncé l'acquisition de LiveRamp, une société américaine spécialiste de l'agrégation de données, pour 2,2 milliards de dollars. Le groupe publicitaire en a profité pour relever ses objectifs financiers pour les deux prochaines années.
Vers 16h00, le titre gagnait 5,1%, à 81,1 euros, sur un marché parisien en hausse de 0,7%.
Le groupe français déboursera 2,17 milliards de dollars en numéraire, sur la base d'un prix d'acquisition de 38,50 dollars par action. Ce prix représente une prime de 29,8% par rapport au cours de clôture de l'action LiveRamp vendredi.
La finalisation de l'opération est prévue d'ici à la fin 2026. Elle sera financée par la trésorerie disponible de Publicis et de la dette, a précisé le groupe.
Il s'agit de la plus grosse acquisition de Publicis depuis le rachat, en 2019, d'un autre spécialiste des données, Epsilon, pour 4,4 milliards de dollars.
LiveRamp a réalisé un chiffre d'affaires de 813 millions de dollars au cours de l'exercice clos fin mars 2026. Son résultat opérationnel s'est élevé à 83 millions de dollars et son bénéfice net à 146 millions de dollars.
La société basée à San Francisco "permet à des milliers de marques, distributeurs, plateformes média et fournisseurs de données, de collaborer et de connecter leurs données de manière efficace, performante et sécurisée".
Ce processus de "co-création" de données permet de constituer des bases plus solides pour l'entraînement des agents d'intelligence artificielle (IA), afin que ces derniers prennent des décisions plus pertinentes dans la conduite des opérations, voire dans la stratégie de l'entreprise.
+ Nouveau marché +
"Nous n'avions pas besoin de LiveRamp pour remporter des victoires dans le domaine du marketing", a affirmé le président-directeur général de Publicis, Arthur Sadoun, dans un entretien exclusif à Dow Jones Newswires. C'est dans le domaine de l'IA agentique, où les entreprises cherchent à développer leurs propres outils mais sont actuellement limitées par la faiblesse des données à leur disposition, que l'association de LiveRamp et de Publicis va faire la différence, selon lui.
"Par exemple, une banque pourrait concevoir un agent puissant de gestion de la relation client en gestion de patrimoine, dans la plupart des marchés, dans un cadre de gouvernance défini. Cet agent pourrait exploiter des données clients pseudonymisées issues de la banque de détail, des cartes de crédit et de la gestion de patrimoine, et générer des analyses en les enrichissant de données partenaires provenant de commerçants, de réseaux de paiement et d'acteurs du voyage - sans exposer de données sensibles des clients", a souligné Publicis dans un communiqué.
Pour le PDG de Publicis, "c'est un levier de croissance pour le business de nos clients, et un nouveau marché adressable pour Publicis".
+ Effet relutif +
Le groupe tricolore s'attend à ce que l'opération soit relutive sur son bénéfice par action (BPA) courant dès la première année de consolidation, hors coûts liés à la transaction.
Il a par conséquent relevé lundi ses objectifs financiers pour 2027 et 2028. Il table désormais sur une croissance du revenu net annuelle de 7% à 8%, à taux de change constants, et sur une croissance annuelle du BPA courant de 8% à 10%.
Les objectifs étaient jusqu'à présent de 6% à 7% pour la croissance du revenu net et de 7% à 9% pour celle du BPA courant.
Publicis a par ailleurs confirmé ses prévisions pour l'année en cours, soit une croissance organique du revenu net de 4% à 5%, une légère amélioration du taux de marge opérationnelle par rapport à 2025 et un free cash-flow avant variation du besoin en fonds de roulement de l'ordre de 2,1 milliards d'euros.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
