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Hollande tue l'esprit d'entreprise

Par Rodolphe Vialles, le 02/10/2012

rodolphe vialles

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Le projet de loi de finances 2013, présenté le 28 septembre dernier par le ministre de l'économie est a marquer d'une pierre blanche tant ses effets s'avéreront délétères sur l'économie de la France.

En décidant d'aligner la taxation du travail sur celui du capital et ce sans discernement, le gouvernement fait une terrible erreur qui devrait nous enfoncer un peu plus dans la crise.

Certes, tout le monde est d'accord, il faut réduire le déficit de l'État français et personne ne conteste qu'il faille faire des efforts. On peut toutefois déplorer que le gouvernement agisse principalement sur les recettes en augmentant les impôts plutôt que sur les dépenses qu'il ne sait réduire. Tous les pays qui ont utilisé cette stratégie jusqu'à présent n'ont fait qu'aggraver leur situation.

Alors que la France évoluait déjà dans le peloton de tête des pays les plus gourmands en matière fiscale elle vient de franchir une nouvelle étape ces jours-ci.

Une des mesures les plus contestées est sans doute celle qui consiste à traiter les plus-values de cession d'entreprise comme de simples gains en capital spéculatif. Le gouvernement socialiste, enfermé dans sa vision doctrinaire de l'entreprise considère le créateur d'entreprise comme un immonde spéculateur qui a fait dormir son argent et qui profite d'un gain indu qu'il faut taxer le plus fortement possible.

Quel déni de la réalité ! On voit bien que les gens qui ont pondu ce projet, nos élus comme les technocrates de Bercy, n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise. Et ce n'est pas notre petit prof d'allemand de premier ministre qui dira le contraire. Ils n'ont jamais créé une richesse de leur vie et au contraire n'ont eu de cesse d'en vivre, payés par la collectivité et ceux qui pour le coup génèrent les richesses nécessaires à leur émoluments.

On réussi rarement quand on décide de créer une entreprise, mais il y a un moteur qui anime tout créateur c'est la réussite et en partie la réussite financière. Si on enlève ce rêve, il ne reste plus grand chose. Plus grand chose qui justifie des semaines bien au delà des 35h, des sacrifices familiaux et financiers, des risques élevés quand il s'agit de mettre en garantie sa maison pour que le banquier accorde un prêt, des nuits blanches pour savoir si on va boucler son budget ou pouvoir payer ses salariés, etc, etc.

En l'état du projet de loi de finances, un créateur d'entreprise qui vend sa société ou une partie de ses parts sera taxé à environ 60% de ses gains, prélèvements sociaux inclus. Un taux hors norme dans le monde et en Europe, où la moyenne tourne autour de 30%. Mais également une nationalisation de fait du secteur privé en France. L'Etat qui dégage 60% de bénéfices sur la vente d'une entreprise se trouve dans la situation d'un actionnaire majoritaire, le grand retour du communisme dans notre pays. Même Mélenchon n'a pas osé en rêver !

Le capital risque est logé à la même enseigne et quel fou de business angel viendra prendre des risques fous pour se faire lessiver de 60% à la sortie ? Je n'ose même pas parler des investisseurs étrangers.

Alors évidemment les effets seront pervers et nos chers dirigeants socialistes les oublient. L'argent, nerf de la guerre de la création et du développement des entreprises se tarira, il ira vers des cieux plus cléments, il est comme l'eau qui coule, cherchant en permanence le passage le plus facile.

Le gouvernement nous prépare donc des lendemains qui chantent. Décourageant la création d'entreprise et le capital risque au moment où dans son discours il veut générer de la croissance et de l'emploi. Mais comment ? par quel tour de magie ? En créant 40 000 postes d'enseignants et 150 000 emplois "d'avenir" ? Moscovici continue de rêver éveillé d'une croissance de 0,8% en 2013 quand nous ferons au mieux 0% avec son projet.

On encourage tout ce qui ne génère aucune richesse pour le pays, tout ce qui est improductif : livret A, oeuvres d'Art, on garde les niches fiscales les plus décriées par la Cour des Comptes (Girardin). Mais de l'autre côté, haro sur l'entreprise, les patrons, les auto-entrepreneurs...

Alors oui ce projet de loi est une hérésie et ces impôts sans mesure vont nous emmener dans le mur et décourager les initiatives privées qui manquent cruellement pour redresser notre pays.

D'ailleurs et c'est une première, les chefs d'entreprise sont en colère, ils sont en colère qu'on considère leur investissement en temps et en argent dans de la création de valeur et d'emplois comme de la spéculation et qu'on taxe leur réussite à 60%.

Un mouvement spontané s'est créé ce week-end et il prend une énorme ampleur sur les réseaux sociaux. Il s'appelle "les pigeons : mouvement de défense des entrepreneurs français" et le groupe Facebook compte déjà plus de 17 000 membres au moment ou j'écris ces lignes. Une manifestation est même prévue prochainement, du jamais vu en France. N'hésitez pas à aller les visiter pour en apprendre plus sur ce combat.


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