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L'économie pour les nuls avec JM Ayrault

Par Rodolphe Vialles, le 27/06/2013

rodolphe vialles

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"Ce que dit la Cour des Comptes est vrai". En une petite phrase, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a abandonné de fait l'objectif de déficit de 3,7% du PIB pour 2013.

Sous pression depuis une semaine après une première attaque des députés de droite avec à leur tête le président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Gilles Carrez, le gouvernement a fini par craquer. Moscovici a commencé par traiter de menteurs ceux qui disaient que le déficit était incontrôlé et que les objectif ne seraient pas tenus puis 24h plus tard son premier ministre avoue l'évidence.

De fait les prévisions gouvernementales tiennent de moins en moins longtemps. Le sacro saint objectif des 3% de François Hollande a tenu environ 6 mois. Puis il a été abandonné pour une négociation avec Bruxelles sur un engagement de 3,7% de déficit en 2013. Cela c'était il y a un mois et demi et on apprend aujourd'hui qu'il est caduc... difficile à encaisser à la vue des centaines d'experts de Bercy qui planchent sur le sujet...

Evidemment c'est un secret de polichinelle et nul besoin d'être un grand expert pour voir que les recettes s'effondrent. La consommation est à l'arrêt tout comme les décisions d'investissement. Le matraquage fiscal a tétanisé les acteurs économiques et il produit les effets inverses de ceux attendus.

Le gouvernement se retrouve donc dans un "corner". Difficile de taper encore sur les contribuables sous peine de détériorer encore plus le rendement de la fiscalité, on a cloué les patrons au pilori, la confiance mettra du temps à être restaurée. Ne reste que le levier de la baisse des dépenses et sur ce point il ne se passe rien. Les recommandations pleuvent en tous sens mais aucune décision n'est prise, on continue même à aligner les chèques en blanc.

En déplacement à Fort de France, le premier ministre a confirmé le maintien des dispositifs fiscaux en vigueur pour l'outre-mer, pourtant très décriés par tous les experts. Les embauches de fonctionnaires et d'emplois sponsorisés se poursuivent à tour de bras. On tente d'inverser la courbe du chômage avec des artifices qui couteront très chers à la nation en essayant de sauver le dernier objectif sur lequel s'arcboute le Président de la République : inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année.

On est tenté de faire la parallèle avec le monde de l'entreprise mais la comparaison est trop sévère. Quel patron pourrait faire des prévisions à un mois et demi et ne pas les tenir ? Pourtant on parle là des gens qui sont à la tête du pays. Incompréhensible.

La réponse de Jean marc Ayrault en dit d'ailleurs long sur l'état d'esprit : "Je pense que, pour 2013, malheureusement, du fait de l'absence de croissance, ce que dit la Cour des comptes est vrai. Mais, à la fin de l'année, nous verrons". Nous verrons quoi ? Nous allons attendre sans prendre de décisions, sans anticiper et si on dépasse l'objectif on avisera ? Les renégociations avec Bruxelles s'annoncent chaudes et les pénalités nous pendent aux nez. D'ailleurs on ne s'y trompe pas quand on voit les attaques en règle contre l'Europe et M. Barroso cette semaine. Pris le doigt dans le pot de confiture, l'attaque est la meilleure des défenses pour nos incompétents qui nous expliqueront que c'est de la faute de l'Europe, de la mondialisation, des méchants financiers et je ne sais encore quel bouc émissaire.

Ceux là même qui ont expliqué aux français qu'il n'y avait pas de crise mais juste une mauvaise gestion de la droite de 2007 à 2012 nous expliquent aujourd'hui que s'ils ne tiennent pas les objectifs c'est la faute de la crise... Deux révisions à la baisse du déficit en quelques mois, c'est de l'inédit et nous ne sommes pas au bout de nos surprises d'ici à la fin de l'année. Allez je me risque à un petit pronostic et table sur 4% de déficit budgétaire pour 2013.


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