L'ambiance n'est pas au beau fixe chez les équipementiers automobiles, en particulier en Europe. Le virage du véhicule thermique (VT) vers un véhicule électrique (VE) bouleverse leur modèle économique. Face à la démocratisation du VE qu'elle soit à marche forcée ou pas, les investisseurs craignent leur disruption, et par excès de zèle, leur disparition.
Les faits actuels témoignent que ce secteur de l'industrie automobile traverse une période délicate depuis la fin de la reprise Covid. Les plans sociaux et les fermetures d'usines défilent à pleine vitesse, tant et si bien que les acteurs concernés naviguent dans l'incertitude totale. Pour enfoncer le clou, la concurrence intense à l'internationale, avec la percée des acteurs chinois qui cassent les prix, complique le réajustement de ce secteur en pleine mutation vers l'électrique.
Dans cet article, nous allons explorer si une reprise de ce secteur est possible ou c'est le calice jusqu'à la lie, puis des opportunités d'investissement ignorées sur le marché de l'électrification des véhicules par le marché.

Moins d'équipements dans un véhicule électrique
Les équipementiers automobiles ont longuement profité des avancées des véhicules thermiques et des normes de sécurité associées. Cependant, la part mondiale des ventes de véhicules électriques ne cessent de progresser à hauteur de 25 % en 2024, portée essentiellement par la Chine. S'ajoute aussi une contraction des ventes de véhicules neufs dans le thermique au niveau européen, liée au manque de clarté sur les dispositifs gouvernementaux.
Le manque d'anticipation des équipementiers automobiles du Vieux Continent contre la concurrence des acteurs chinois, positionnée sur des prix compétitifs sur le marché, aggravent leurs difficultés à revenir au premier plan. Cette phase de mutation technologique implique une réorganisation radicale de leurs activités, plus particulièrement dans le domaine de la batterie électrique.
Toute comparaison gardée sur le plan technique, un véhicule électrique exige moins d'équipements. D'une part, il y a moins de maintenance mécanique en l'absence de moteur, de boîte de vitesse et d'embrayage. D'autre part, les besoins d'un VE s'orientent vers une complexité technologique en raison de la gestion exigeante de l'énergie dans la batterie.
Misez sur la batterie dans un premier temps
Lorsque je parcours le secteur des équipementiers automobiles en Bourse, il y a plutôt matière à faire la soupe à la grimace. Comme je pense que nous sommes toujours dans la première vague du VE, jouer une reprise des acteurs traditionnels risquerait d'être une route semée d'embuches. La meilleure alternative serait de se focaliser sur les entreprises qui opèrent dans la batterie électrique, pour profiter de cette tendance.
La batterie constitue le barycentre d'un VE. Non seulement, elle joue un rôle notable dans les avancées technologiques, visant à réaliser des gains de productivité. Mais surtout, elle détermine à la fois 'autonomie kilométrique, la durée du véhicule et la sécurité. Elle influe donc sur le prix d'achat.
Les leaders des batteries électriques se trouvent en Chine avec CATL (Contemporary Amperex Technology Co Ltd), Large Power, Suwoda Electronic Co, sans oublier BYD, le Tesla chinois. Ils disposent d'un temps d'avance considérable sur la concurrence mondiale. La preuve en est que les pays de l'Union européenne exigent des transferts technologiques. Par ailleurs, l'Empire du Milieu possède aussi un leadership mondial sur l'ensemble de la chaine de valeur des terres rares, essentielles pour la transition énergétique.
En Europe et aux États-Unis, les opportunités sont très limitées. Le dépôt de bilan du suédois Northvolt n'encourage pas l'émergence de nouveaux candidats. Ainsi, faute d'acteurs fiables, les investisseurs se tourneront à priori vers les constructeurs automobiles les mieux positionnées, telles que Tesla, BYD, Xpeng et Nio.
Des opportunités hors de l’électrique ?
Passer par des moyens de protectionnisme pour contrecarrer l'avancée des concurrents chinois, peut s'avérer contre-productif, en l'absence d'une stratégie industrielle en amont. Les équipementiers automobiles européens se confrontent à des prix de l'électricité ultra élevés en Chine et aux États-Unis. Une politique douanière inciterait, sur le papier, les acteurs chinois et américains à installer leurs usines pour être sur un pied d'égalité, mais rien n'est moins sûr tant que la technologie de l'électrification reste dominante.
Dans la perspective d'un retard du 100 % électrique en 2035 en Europe, revenir sur les équipements automobiles spécialisés dans les pièces détachées aurait tout son sens. Ainsi, j'ouvrirai les yeux sur des entreprises cotées comme les américains Genuine Parts, Autozone, O'Reilly Automotive, puis les européens Michelin, Brembo, Valeo.