(ABC Bourse) - Aux États-Unis, le prix de l’essence dépasse désormais les 4 dollars le gallon, une première depuis près de quatre ans. Derrière cette flambée brutale, un facteur domine : la guerre en Iran, qui bouleverse les marchés mondiaux de l’énergie.

Mardi 31 mars, la moyenne nationale atteignait 4,018 dollars le gallon selon l’AAA (American Automobile Association), contre moins de 3 dollars encore fin février. En quelques semaines à peine, les automobilistes américains ont vu les prix bondir de plus de 35 %, sur fond de tensions militaires et de blocage stratégique du détroit d’Ormuz, passage clé pour le pétrole mondial.
Ce niveau n’avait plus été atteint depuis août 2022, à l’époque marquée par l’invasion de l’Ukraine. Mais cette fois, le déclencheur est différent. Depuis la fin février, les frappes américaines contre l’Iran ont entraîné une réaction immédiate des marchés pétroliers.
Résultat : le baril de Brent et le WTI se maintiennent largement au-dessus des 100 dollars. Une hausse directement répercutée à la pompe. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, est désormais fortement perturbé, limitant l’approvisionnement global.
Sur le territoire américain, les écarts sont frappants. La Californie affiche un prix moyen de 5,88 dollars le gallon, loin devant Hawaï (5,45 dollars) et l’État de Washington (5,34 dollars). Des niveaux qui rappellent les pics observés lors des crises énergétiques récentes.
Guerre en Iran : un choc énergétique et politique pour Donald Trump
Au-delà de l’impact économique, cette flambée s’invite déjà dans le débat politique. À quelques mois des élections de mi-mandat, la hausse des prix de l’essence fragilise la position de Donald Trump, alors que le pouvoir d’achat des ménages est directement touché.
Le conflit avec l’Iran ne se limite pas aux marchés. Il s’étend aussi aux menaces militaires. Le président américain a averti que, sans issue diplomatique, les forces américaines "feraient sauter" certaines infrastructures stratégiques iraniennes.
Dans le même temps, les investisseurs restent suspendus aux moindres signaux d’apaisement. Mardi, les prix du pétrole ont légèrement reculé, les marchés réagissant à des informations évoquant une possible désescalade. Une accalmie fragile, alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent de peser sur l’équilibre énergétique mondial.
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