
La trajectoire reste inchangée mais la sinistralité climatique a été plus importante que prévu au troisième trimestre pour Axa. Dans l'ensemble, sur les neuf premiers mois de l'année la performance est solide avec un total de primes et autres revenus de 93 milliards d'euros, en hausse de 5% sur un an. L'assureur s'estime bien parti pour atteindre la fourchette haute de son objectif cible de 6% à 8% de croissance annuelle, selon ses derniers résultats publiés ce jeudi.
Toutefois, pénalisées par une sinistralité climatique supérieure à la moyenne budgétée au troisième trimestre, les activités dommages progressent moins vite que les activités vie et santé. Une tendance déjà constatée au premier semestre. Sur neuf mois, la croissance est de 3% à 48,1 milliards d'euros en dommages quand la branche vie et santé progresse de 7% à 44,8 milliards d'euros.
La croissance des activités dommages est essentiellement portée par le segment des particuliers (+7% à 17,2 milliards d'euros sur neuf mois) dans un contexte où la demande de solutions de protection plus personnalisées augmente. La stratégie plus offensive menée dans l'Hexagone semble porter ses fruits. "Le segment est notamment tiré par la France grâce à une forte hausse des volumes et un effet prix favorable sur tous les canaux de distribution", précise Alban de Mailly Nesle, directeur financier d'Axa.
Le segment des entreprises apparaît plus à la peine avec une croissance des activités de seulement 1% à 28,7 milliards d'euros sur neuf mois, plombé par les grands risques entreprises en retrait de 1%. Sur le segment réassurance, le repli est de 9%. "Nous avons adopté une approche modulaire selon les lignes de métier en privilégiant les plus attractives comme les dommages aux biens et les risques de spécialité sur lesquelles nous croissons en volume", indique le directeur financier du groupe.
+ Sécheresses, tornades et grêle +
En matière de catastrophes naturelles, l'expérience du groupe a été supérieure à la charge moyenne budgétisée sous l'effet de la hausse des périls secondaires notamment au troisième trimestre en Europe. Entre juillet et septembre, la France, la Suisse et l'Italie ont connu plusieurs épisodes de sécheresse, de tempêtes, de tornades et de grêle qui ont largement entamé le budget annuel dédié aux catastrophes naturelles de l'assureur.
Chaque année, Axa prévoit une charge climatique moyenne de 4,5% du volume de primes, soit environ 2,5 milliards d'euros. Alors que ces deux dernières années, la charge moyenne était inférieure à ces 4,5%, en 2026 elle devrait les dépasser étant donné la sinistralité enregistrée jusque-là.
"Notre modèle diversifié, la prudence de nos réserves et la gestion active des risques nous permettent néanmoins d'aborder cette situation avec confiance", estime Alban de Mailly Nesle.
En assurance vie et santé, la dynamique reste très positive avec une croissance de 7% sur les deux segments de la branche. En assurance vie, le volume de primes s'élève à 29,3 milliards d'euros avec une croissance de 9% du fonds euros et des unités de compte et de 5% de la prévoyance. En santé, la croissance de 7% à 15,5 milliards d'euros est d'abord obtenue grâce à un effet prix tant en santé collective qu'individuelle.
En Italie, Axa constate un léger ralentissement de l'activité vie qu'il attribue au fait que Montei dei Paschi, son partenaire clé dans le pays, se concentre sur son avenir capitalistique. La banque de Sienne étant sous le coup d'une offre publique d'achat (OPA) menée par sa compatriote Intesa.
Enfin, le ratio de solvabilité reste élevé à 213% mais baisse tout de même de cinq points de pourcentage sous l'effet d'une grande volatilité des marchés, selon le directeur financier, ce qui n'empêche pas ce dernier de rester confiant tant sur l'atteinte des objectifs 2026 que sur le lancement du prochain plan "Growing forward".
-Camille George, L'Agefi, ed: JDO
Agefi-Dow Jones The financial newswire
