
(ABC Bourse) - Les grandes manœuvres s'accélèrent autour d'easyJet. La compagnie aérienne britannique à bas coûts vient de repousser une troisième proposition de rachat formulée par Castlelake, un fonds d'investissement américain déjà présent dans le secteur aérien. Cette nouvelle offre atteint 625 pence par action, un niveau nettement supérieur aux précédentes tentatives.
L'information a été révélée le 22 juin 2026. Après avoir refusé deux premières propositions à 560 puis 600 pence par action, easyJet a également rejeté cette troisième approche. Selon Castlelake, cette offre représente une prime de 59 % par rapport au cours de clôture enregistré le 28 mai.
Pourquoi Castlelake veut prendre le contrôle d'easyJet
Castlelake s'intéresse à easyJet depuis plusieurs semaines. Fin mai, le groupe avait indiqué étudier une éventuelle opération sur la compagnie aérienne britannique. Le fonds considère que sa dernière proposition reste attractive même si easyJet parvient à atteindre son objectif de plus d'un milliard de livres sterling de bénéfice avant impôt à moyen terme.
Le groupe américain souligne également que cette valorisation demeure intéressante au regard des multiples de valorisation observés sur le titre easyJet au cours des cinq à dix dernières années.
Cette offensive intervient alors que le fonds dispose d'un délai réglementaire jusqu'au 26 juin pour présenter une offre ferme ou renoncer à son projet. Les règles britanniques en matière de rachat imposent en effet un calendrier strict aux acquéreurs potentiels.
Une structure pensée pour respecter les règles européennes
L'un des principaux défis de Castlelake concerne la réglementation européenne. En tant qu'investisseur américain, le fonds ne peut pas prendre seul le contrôle total d'une compagnie aérienne européenne.
Pour contourner cette contrainte, Castlelake prévoit que ses associés européens, Peter Bellew et Mark Breen, contrôlent une société partenaire basée dans l'Union européenne. Cette structure détiendrait une participation majoritaire dans easyJet si l'opération aboutissait.
Le fonds envisage aussi une solution alternative permettant à certains actionnaires de conserver une participation au capital. Dans ce scénario, easyJet quitterait la Bourse tout en restant détenue en partie par ses actionnaires actuels aux côtés de Castlelake.
Ce qui pourrait se passer avant le 26 juin
Castlelake affirme vouloir accompagner le développement d'easyJet sur le long terme. Le fonds assure vouloir renforcer le réseau de la compagnie, soutenir sa croissance future et maintenir un contrôle européen sur l'entreprise.
L'investisseur indique également vouloir travailler avec les salariés, les autorités de régulation et les gouvernements concernés tout au long du processus.
Pour l'heure, easyJet reste fermement opposée aux trois propositions reçues. La prochaine étape décisive interviendra avant le 26 juin, date à laquelle Castlelake devra soit déposer une offre ferme, soit abandonner officiellement ses ambitions sur la compagnie aérienne.
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