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Actualité publiée le 13/10/26 11:41

Eramet : L'État français va devenir le premier actionnaire du géant minier

(ABC Bourse) - Le groupe minier Eramet s'apprête à connaître un changement majeur dans son actionnariat. L'État français va renforcer sa participation grâce à une opération de 500 millions d'euros et devenir ainsi son premier actionnaire.

Le groupe minier français, confronté à des difficultés financières, s'apprête à accueillir l'État comme premier actionnaire. Cette montée au capital doit accompagner une levée de fonds de 500 millions d'euros. 

Derrière cette opération, le gouvernement français entend soutenir une entreprise spécialisée dans les métaux critiques, indispensables à la transition énergétique et à plusieurs industries stratégiques. L'Agence des participations de l'État (APE) doit souscrire à la majeure partie de l'augmentation de capital, prévue avant la fin de l'année 2026, sous réserve des autorisations réglementaires.

L'État va devenir le premier actionnaire d'Eramet

Le projet n'est pas totalement nouveau. Dès février 2026, Eramet avait annoncé son intention de lever des fonds pour réduire une dette qui s'était fortement alourdie l'année précédente. Plusieurs difficultés rencontrées sur ses sites internationaux avaient fragilisé sa situation financière, poussant la direction à rechercher de nouvelles ressources.

L'accord annoncé le 12 octobre permet désormais au groupe d'avancer vers cette recapitalisation. L'opération prendra la forme d'une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription, un mécanisme permettant aux actionnaires existants de participer à l'émission de nouvelles actions.

L'État français doit en assurer la majeure partie par l'intermédiaire de l'APE. Sa participation restera toutefois inférieure à 49 %, conformément à la volonté du gouvernement de maintenir des investisseurs privés au capital d'Eramet.

Pour Christel Bories, présidente-directrice générale du groupe, cet accord marque une avancée décisive. Lors d'une conférence téléphonique, elle a déclaré : "Cet accord est clairement une excellente nouvelle".

La dirigeante a également précisé : "Il permet à Eramet d'obtenir rapidement les moyens financiers nécessaires pour rétablir son équilibre financier".

L'entreprise compte utiliser ce renforcement financier pour consolider son bilan, poursuivre ses investissements et développer ses activités dans les minerais stratégiques. Le manganèse, le nickel et le lithium occupent une place importante dans son portefeuille, alors que ces matières premières entrent dans la fabrication de nombreuses technologies industrielles.

Le groupe n'abandonne pas pour autant les autres mesures envisagées pour réduire son endettement. Christel Bories a confirmé que des discussions se poursuivaient autour de possibles cessions de participations dans certains actifs.

La réduction de la dette devient prioritaire et les dividendes devront attendre

La direction a déjà fixé une priorité pour les prochains mois : réduire la dette et préserver les capacités d'investissement. Les actionnaires devront donc patienter avant de retrouver une rémunération sous forme de dividendes.

Eramet a indiqué qu'aucun dividende ne serait distribué tant que son ratio de levier net ne serait pas redescendu sous le seuil de 1. Cet indicateur mesure le poids de l'endettement par rapport à la capacité du groupe à générer des résultats opérationnels.

Du côté des analystes, Oddo BHF conserve sa recommandation neutre sur le titre, malgré une valorisation jugée relativement basse. Selon ses estimations, Eramet se négocie à environ cinq fois son EBITDA attendu pour 2027, ce qui représente une décote de 30 % par rapport aux autres groupes miniers suivis.

La qualité des actifs constitue un point favorable dans cette évaluation. Mais le contexte reste difficile pour plusieurs matières premières auxquelles Eramet est exposé, particulièrement le manganèse, le nickel, les sables minéralisés et le lithium.

Oddo BHF estime que l'amélioration de la situation financière devrait prendre du temps, malgré les engagements annoncés par la direction. L'établissement maintient son objectif de cours à 54 euros, sans modifier sa recommandation sur l'action.

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