
La Réserve fédérale (Fed) a réaffirmé mercredi sa détermination à lutter contre l'inflation, mais n'a pas durci sa politique à ce stade malgré les inquiétudes provoquées par la flambée des prix du pétrole.
La banque centrale américaine a maintenu son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5% et 3,75%. Ce niveau, en vigueur depuis décembre dernier, est jugé globalement neutre ou légèrement restrictif pour l'économie.
Cette décision a été prise à une majorité de 9 voix, trois membres votants de la Fed s'étant prononcé pour un relèvement d'un quart de point.
"L'activité économique croît à un rythme solide malgré une incertitude élevée due en partie au conflit au Moyen-Orient", a souligné la Fed dans un bref communiqué, tout en soulignant que l'inflation restait élevée par rapport à son objectif de 2% par an. "Le comité de politique monétaire assurera la stabilité des prix", précise le communiqué.
La conférence de presse de son nouveau président Kevin Warsh, attendue à 20h30, pourrait fournir des éléments sur les facteurs qui orienteront les décisions de la Fed d'ici à la fin de l'année.
Depuis sa nomination en mai, le responsable souligne que l'inflation, toujours supérieure à 2% par an, constitue le principal motif d'inquiétude des grands argentiers américains.
Jusqu'à présent, la consommation des ménages, la croissance et l'emploi ont bien résisté aux répercussions de la guerre avec l'Iran. Cette dernière a en revanche relancé les craintes de rebond de l'inflation à la suite de la flambée des prix du pétrole.
+ Le marché se prépare à un tour de vis monétaire +
Le ralentissement de l'inflation américaine en juin avait été accueillie avec soulagement par les marchés. Depuis, la reprise des hostilités au Moyen-Orient est venue jeter le doute sur la trajectoire des taux d'intérêt. L'indice des prix à la consommation (CPI) s'inscrit en hausse de 3,5% sur 12 mois en juin, contre une augmentation de 4,2% à fin mai. Hors pétrole et alimentation, l'inflation sous-jacente a également ralenti pour s'établir à 2,6% sur les 12 derniers mois, contre 2,9% à fin mai.
Dans une note publiée en amont de la décision de mercredi, l'analyste Lale Akoner d'eToro a indiqué s'attendre à un maintien du statu quo cette semaine, tout en estimant que la Fed signalerait sa volonté de relever ses taux dans les prochains mois.
Lors de son intervention devant le Congrès à la mi-juillet, Kevin Warsh a assuré que la Fed ne ferait preuve "d'aucune tolérance envers l'inflation".
Dans leurs dernières projections publiées à l'issue de la réunion du mois de juin, la moitié des membres de la Fed avaient indiqué pencher en faveur d'un seul relèvement de taux d'ici à la fin de l'année. L'autre moitié des membres du comité de politique monétaire (FOMC) tablait globalement sur un maintien du statu quo ou, pour un seul membre, sur un assouplissement. Un prolongement de la guerre au Moyen-Orient, particulièrement s'il s'accompagne de nouvelles tensions sur l'inflation, pourrait toutefois inciter les banquiers centraux américains à adopter une position plus restrictive.
Sur les marchés à terme, les investisseurs évaluent à 58% la probabilité d'au moins deux relèvements de taux d'un quart de points d'ici à la fin de l'année, un niveau inchangé par rapport à mardi soir, selon l'outil FedWatch du CME.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
