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Actualité publiée le 14/01/26 10:49

Fraude sociale, 14 milliards d'euros envolés, restauration et BTP les secteurs les plus concernés

(ABC Bourse) - La fraude sociale ne se limite pas aux clichés sur les allocataires indélicats. En 2025, le manque à gagner atteint un niveau rarement égalé, au point de rivaliser avec le déficit de la Sécurité sociale.

Selon un rapport publié mardi 13 janvier par le Haut Conseil du financement de la protection sociale, la fraude sociale représente 14 milliards d’euros sur l’année écoulée. Un chiffre en hausse par rapport à la précédente estimation, fixée à 13 milliards, mais qui reste stable à périmètre constant, l’évaluation ayant été élargie.

Le montant de la fraude sociale atteint 14 milliards d’euros en 2025. Contrairement aux idées reçues, les bénéficiaires ne sont pas les principaux responsables. Le rapport officiel pointe surtout des secteurs économiques bien identifiés.

Fraude sociale, un poids comparable au déficit de la Sécurité sociale

À titre de comparaison, le déficit de la Sécurité sociale avoisine les 19 milliards d’euros. Pourtant, seule une partie de la fraude est imputable aux bénéficiaires de prestations. D’après le rapport, cette fraude dite individuelle représente environ un tiers du total.

La majorité du manque à gagner provient des entreprises. Plus de la moitié des sommes estimées sont liées à des pratiques comme la dissimulation de chiffre d’affaires, l’absence de déclaration de salariés ou la sous-déclaration des rémunérations.

Cafés-restaurants, BTP, transports, des secteurs régulièrement cités

Les secteurs les plus touchés reviennent régulièrement dans les constats des organismes de contrôle. Les cafés-restaurants, les petits commerces alimentaires, les transports et le BTP figurent parmi les plus concernés par le travail dissimulé.

Lionel, artisan plombier, reconnaît qu’il lui arrive de ne pas déclarer certains chantiers. "Ce ne sont jamais de très grosses sommes. C’est 20 euros, 30 euros...", explique-t-il, en précisant que cela représente moins de 5 % de ses revenus.

Il justifie cette pratique par le coût d’une facture classique. "Si je dois faire une facture normale, je dois compter mon déplacement, les pièces, mon temps de travail et tout. Tout de suite ça fait une somme importante pour un petit robinet qui coule. Donc, voilà, je leur fais un prix et je ne paye pas d’impôts dessus. Mais je ne fais pas fortune avec ça".

Seulement 700 millions d’euros réellement récupérés

Sur les 14 milliards d’euros estimés, seuls 2 milliards sont effectivement détectés par les services de l’Urssaf ou de l’Assurance maladie. Et au final, moins de 700 millions d’euros sont récupérés, soit environ 5 % du montant théorique.

Cet écart s’explique en partie par le nombre limité de contrôles, mais aussi par la structure même de certaines entreprises frauduleuses. Selon Dominique Libault, président du Haut Conseil, "Nous avons une organisation du travail en France de plus en plus avec des sous-traitants. C’est-à-dire des entreprises éphémères. Ce sont elles qui concentrent l’essentiel du travail dissimulé et le jour où il y a un contrôle, elles disparaissent".

Malgré l’ampleur des montants en jeu, le taux de fraude à la Sécurité sociale reste stable par rapport à l’année précédente, selon le Haut Conseil.

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