(ABC Bourse) - Goldman Sachs change ses prévisions pour la politique monétaire américaine. La banque ne voit plus la Réserve fédérale baisser ses taux en juin, mais plutôt à partir de septembre, sur fond de guerre en Iran, de tensions sur le pétrole et d’incertitudes économiques.

Goldman Sachs estime désormais que la Réserve fédérale américaine ne devrait pas commencer à baisser ses taux en juin, mais en septembre, avec une autre réduction attendue en décembre. En cause, un risque qui s’est brutalement renforcé depuis la fin février : une résurgence de l’inflation liée à la guerre en Iran.
Ce revirement intervient alors que les marchés mondiaux restent secoués par les frappes israélo-américaines lancées le 28 février contre l’Iran et par la riposte de Téhéran, dans un contexte de tensions sur le pétrole et de craintes sur la croissance. Goldman Sachs, qui visait encore récemment un assouplissement monétaire dès juin puis en septembre, revoit donc sa copie au moment même où la Fed s’apprête à tenir sa prochaine réunion de politique monétaire les 17 et 18 mars.
Goldman Sachs décale la baisse des taux de la Fed à septembre et décembre
La banque américaine table désormais sur deux baisses de 25 points de base, en septembre puis en décembre. Ce nouveau scénario marque un changement net par rapport à ses précédentes anticipations, qui plaçaient le début du mouvement dès juin. Goldman Sachs justifie ce décalage par la montée du risque inflationniste, alimentée par la guerre en Iran et par la possibilité d’un choc pétrolier.
Dans sa note publiée mercredi, la banque résume sa lecture de la situation en une phrase : "D'ici septembre, nous prévoyons que le ralentissement du marché du travail et la progression de l'inflation sous-jacente contribueront à justifier une baisse (des taux)"
Autrement dit, Goldman Sachs voit toujours un terrain favorable à une détente monétaire, mais plus tard que prévu. La banque considère qu’à court terme, la poussée possible des prix de l’énergie complique la tâche de la Fed, même si le marché du travail américain envoie déjà des signaux de fragilité.
Guerre en Iran, pétrole et emploi américain brouillent le scénario de la Fed
Le cœur du problème tient dans ce choc contradictoire. D’un côté, la guerre au Moyen-Orient nourrit les craintes d’une inflation plus élevée, notamment si le pétrole continue de grimper. De l’autre, le rapport sur l’emploi américain pour février a ravivé les inquiétudes sur un nouveau ralentissement du marché du travail.
Goldman Sachs souligne justement que ce marché du travail pourrait s’affaiblir plus tôt et plus fortement que prévu. Si ce scénario prenait de l’ampleur, la Fed pourrait baisser ses taux avant septembre, même avec un pétrole plus cher et des anticipations d’inflation plus tendues. La banque note aussi qu’un ralentissement de la croissance du PIB, ajouté à la montée des risques géopolitiques, pourrait pousser la banque centrale américaine à agir plus tôt.
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Pour l’instant, les opérateurs restent prudents. Les traders attribuent une probabilité d’environ 41 % à une baisse de 25 points de base en septembre, tandis que la Fed devrait maintenir ses taux à leur niveau actuel lors de sa réunion des 17 et 18 mars. Le message de Goldman Sachs est donc double : la baisse des taux reste d’actualité, mais le chemin pour y parvenir s’est nettement compliqué depuis l’embrasement du conflit avec l’Iran.
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