
(Actualisation: commentaires d'analystes, contexte)
Hermès signe mercredi la plus forte baisse du CAC 40, les investisseurs boudant les chiffres semestriels du groupe de luxe dont la croissance s'avère moins impressionnante que par le passé.
A la mi-journée, le titre chutait de 10%, à 1.525 euros, après avoir déjà cédé plus de 20% depuis le 1er janvier.
Au cours des six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires d'Hermès s'est inscrit à 8,16 milliards d'euros, en hausse de 1,6% par rapport à la même période de 2025. A taux de change et périmètre constants, les ventes ont progressé de 6,1%.
Hermès a subi les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, où ses ventes ont reculé de 4% sur les six premiers mois. Cette région, qui représente environ 4% du chiffre d'affaires global du groupe, a toutefois connu une amélioration au deuxième trimestre, a commenté le groupe.
Les ventes ont surtout été tirées par la région Amériques, en croissance organique de 15% au premier semestre, par le Japon (+11%) et l'Europe hors France (+9%), tandis que le marché chinois reste peu porteur.
La division de maroquinerie-sellerie, qui représente près de la moitié de l'activité du groupe, a réalisé un chiffre d'affaires de 3,76 milliards d'euros sur les six premiers mois, en hausse de 9,8% à taux de change constants.
Les performances sont plus contrastées dans les autres divisions, avec notamment une baisse des ventes du segment "parfum et beauté" (-4,5%) et des ventes stables en horlogerie.
+ Effet taille +
Positionné sur le segment de l'utra-luxe, Hermès a nettement mieux résisté que la plupart de ses concurrents au ralentissement du marché mondial du luxe au cours des deux dernières années.
En 2025, le groupe avait affiché une croissance organique de 9%, après des bonds de 14% en 2024 et 20% en 2023.
Cette année, "la progression est moins spectaculaire que lors des exercices précédents, mais elle reste remarquable au regard du ralentissement de la demande mondiale et des difficultés rencontrées par plusieurs concurrents", souligne Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés chez eToro.
Certains analystes jugent cependant qu'Hermès est désormais plus sensible aux cycles que par le passé.
La taille atteinte par le groupe limite également son potentiel d'accélération. "Le titre s'échange avec une prime de 50% par rapport au secteur [...] ce qui correspond à son niveau d'avant la pandémie. Ce n'est évidemment pas bon marché. Nous pensons que la question clé pour l'avenir réside désormais dans le potentiel de réaccélération de la croissance au cours du second semestre 2026 et en 2027", souligne Oddo BHF.
+ Bénéfice en baisse +
Hermès a indiqué qu'il conservait son objectif "ambitieux" de progression du chiffre d'affaires à moyen terme en dépit des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires.
"Certains de la force de notre modèle artisanal unique et en maîtrise de nos grands équilibres, nous abordons le reste de l'année avec confiance", a ajouté Axel Dumas, le gérant du groupe, cité dans un communiqué.
Le groupe a maintenu une très bonne rentabilité au premier semestre, en dépit de l'impact négatif des effets de change.
La marge opérationnelle courante du groupe est ressortie à 41% sur les six premiers mois, en baisse de 0,4 point par rapport à la même période de 2025.
Hermès a par ailleurs dégagé un bénéfice net semestriel de 2,24 milliards d'euros, en légère baisse par rapport aux 2,25 milliards d'euros enregistrés au premier semestre 2025.
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