
Les Bourses européennes devraient ouvrir en forte baisse vendredi, au lendemain d'un vaste mouvement de vente à Wall Street, où les investisseurs ont réévalué leurs paris sur les valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA). La vague de défiance s'est propagée aux places asiatiques vendredi.
A SUIVRE EN FRANCE
Le sidérurgiste Aperam a publié vendredi des résultats légèrement inférieurs aux attentes au troisième trimestre, où il a continué à pâtir d'une faible demande en Europe.
Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec quant à lui a annoncé vendredi avoir signé une nouvelle ligne de crédit renouvelable multidevises d'un montant de 750 millions d'euros, d'une maturité de cinq ans et assortie de deux options de prorogation d'un an chacune.
Jeudi soir, l'opérateur boursier paneuropéen Euronext a fait état de résultats trimestriels meilleurs que prévu et a annoncé un programme de rachat d'actions de 350 millions d'euros.
Le groupe de luxe Kering a annoncé le départ de Pierpaolo Piccioli, le directeur artistique de sa marque Balenciaga.
TP a abaissé sa prévision d'activité pour 2026 en raison d'un "environnement sectoriel plus défavorable qu'anticipé" et du "recul accéléré des services Trust & Safety", alors que le gestionnaire de centres d'appels a accusé une baisse de son activité au troisième trimestre en données comparables.
Le cimentier Vicat a relevé son objectif de croissance pour 2026, après avoir enregistré une progression organique à deux chiffres de son activité au troisième trimestre.
La biotech Genfit a de son côté indiqué jeudi soir disposer d'une trésorerie de 95,6 millions d'euros à fin septembre, un montant jugé plus que suffisant pour couvrir ses besoins de financement en 2027 et 2028.
Vers 7h50, le contrat à terme sur le CAC 40 perdait 0,9%, selon les données du courtier IG.
LES INDICATEURS ET EVENEMENTS DU JOUR
Etats-Unis: rapport sur l'emploi non agricole en octobre (14h30)
Etats-Unis: allocution du président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, Alberto Musalem (15h10)
Etats-Unis: indice de confiance des ménages de l'Université du Michigan pour novembre (16h)
ACTIONS
Les contrats à terme sur les marchés d'actions européens s'inscrivent en net repli vendredi matin.
Vers 7h50, le contrat à terme sur le DAX 40 à Francfort reculait de 0,9%, comme celui sur le FTSE 100 à Londres, selon les données du courtier IG.
La Bourse de New York a décroché jeudi, emportée par les valeurs technologiques, alors que les investisseurs redoutent des restrictions au déploiement des infrastructures de l'IA après la large victoire des démocrates aux élections de mi-mandat.
Après avoir signé mercredi sa meilleure séance depuis le début de l'année (+3%), le Dow Jones a fait volte-face alors que la défiance des investisseurs a progressivement gagné les valeurs bancaires et industrielles. L'indice a clôturé jeudi en baisse de 3,4%, soit 1.833 points, à 51.523,06 points.
Le S&P 500 a pour sa part perdu 4,4%, à 7.353,73 points, tandis que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fini en baisse de 5,5%, à 24.315 points. Les trois indices américains ont essuyé leur plus forte baisse depuis le début de l'année.
Les entreprises du S&P 500 ont vu leur capitalisation fondre de 2.900 milliards de dollars au total, et celles du Nasdaq Composite 2.500 milliards de dollars, du jamais vu en une seule séance.
Les fabricants de semi-conducteurs ont été particulièrement touchés par le mouvement de vente, en raison des positions adoptées par les élus démocrates au sujet de la construction de nouveaux centres de données aux Etats-Unis. Plus forte baisse du Dow Jones, l'action Nvidia a perdu 9,3% et s'inscrit à présent dans le rouge depuis le début de l'année. AMD a plongé de 17,3%, Intel a chuté de 10,3% et Tesla a fléchi de 10,8%.
Le marché a connu jeudi un mouvement classique de fuite vers la sécurité, explique Masahiko Loo, consultant en stratégie obligataire chez State Street Investment Management.
Même si la vague bleue aux Etats-Unis laisse présager une surveillance accrue du développement des data centers et des infrastructures de l'IA, elle ne signale pas la fin du cycle d'investissement dans l'IA, selon lui. "L'investissement des entreprises, la concurrence stratégique et la demande de puissance de calcul restent intacts."
Vendredi, la macroéconomie reviendra sur le devant de la scène avec la publication du rapport mensuel sur l'emploi non agricole aux Etats-Unis. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal s'attendent à la création de 59.000 emplois nets en octobre, après 29.000 nouveaux postes en septembre. Ils prévoient un taux de chômage stable, à 4,2%.
En Asie, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a chuté de 6% vendredi. L'indice Shanghai Composite cédait 1,1% en fin de séance, tandis que le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong perdait 0,9%.
OBLIGATIONS
Vers 7h50, le taux de l'obligation du Trésor américain à dix ans cédait 0,4 point de base, à 4,84%. Le taux du titre à deux ans grappillait 0,9 point de base, à 4,48%.
"Le point bas pour les rendements est difficile à déterminer à partir d'ici", indique Jack Chambers, expert en stratégie sur les taux d'intérêt chez ANZ.
"Les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont encore bonnes actuellement, et à un moment donné, les investisseurs devraient s'attendre à ce que cela compense les inquiétudes concernant la possibilité d'une future réglementation de l'IA", ajoute-t-il, précisant que ces sujets constitueront la principale source de tension sur le marché pendant encore un certain temps.
CHANGES
Vers 7h50, l'euro perdait 0,3%, à 1,1184 dollar. Le billet vert gagnait 0,3% face à la devise japonaise, à 158,13 yens.
PETROLE
Les cours du pétrole progressent vendredi matin, après s'être déjà redressés jeudi. L'espoir que le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis puisse mener à une résolution du conflit au Moyen-Orient avait provoqué un net repli des cours mercredi.
Les opérateurs semblent juger cette baisse excessive, comment les analystes d'ANZ.
Les tensions au Moyen-Orient restent élevées, l'Arabie saoudite ayant émis des alertes concernant des menaces sur le port d'exportation de pétrole de Yanbu sur la mer Rouge, ajoutent-il.
Vers 7h50, le contrat de janvier sur le brent de mer du Nord coté à Londres gagnait 1,73 dollar, soit 1,8%, à 100,02 dollars le baril. Le contrat de décembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex montait de 1,24 dollar, soit 1,4%, à 91,76 dollars le baril.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
