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Actualité publiée le 01/09/26 15:21

L'inflation bondit à 3,3 % dans la zone euro, la BCE pourrait relever ses taux dès la semaine prochaine

(ABC Bourse) - L'inflation repasse la barre des 3 % dans la zone euro. Derrière cette accélération se cache surtout la flambée des prix de l'énergie, tandis que la BCE doit bientôt décider de la trajectoire de ses taux.

La hausse des prix reprend de la vitesse en Europe. Selon les chiffres publiés mardi 1er septembre par Eurostat, l'inflation dans la zone euro a atteint 3,3 % sur un an en août, contre 2,9 % en juillet. En cause : la remontée du pétrole provoquée par les tensions entre les États-Unis et l'Iran, qui frappe directement une Europe dépendante des importations énergétiques.

Cette poussée ramène une question que les Européens connaissent bien : le scénario inflationniste de 2022 peut-il se répéter ? Pour l'instant, les données citées ne montrent pas une diffusion généralisée de la hausse des prix. Mais le coût de l'énergie grimpe suffisamment vite pour replacer la Banque centrale européenne face à un choix délicat sur ses taux d'intérêt.

Inflation dans la zone euro : les prix de l'énergie bondissent de 14,3 %

Le pétrole concentre une bonne partie du problème. Après être tombé sous les 72 dollars le baril, son prix est temporairement remonté au-dessus des 100 dollars le 23 juillet, dans le sillage de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran. Depuis le 10 août, il oscille entre 85 et 95 dollars.

À ces niveaux, l'écart avec le début de l'année est considérable : la hausse atteint environ 50 %. Les Européens, importateurs de pétrole, subissent directement les secousses du marché. Les prix de l'énergie achetée par les consommateurs européens ont bondi de 14,3 % sur un an en août.

La situation touche presque toute la zone euro. Seuls Malte et l'Estonie affichent une inflation inférieure à 2 %. À l'inverse, treize États membres enregistrent une hausse des prix supérieure à 3 %.

Le parallèle avec la flambée inflationniste de 2022 a pourtant ses limites à ce stade. Six mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, l'inflation hors énergie et biens dont les prix sont très volatils s'établit à 2,4 %.

Lire aussi : France: l'inflation accélère en août, à 2,4% sur un an

Bert Colijn, économiste chez ING, souligne qu'il s'agit "soit exactement le niveau observé en février, le mois précédant le déclenchement du conflit. Jusqu'à présent, aucune répercussion significative de la hausse des coûts de l'énergie sur les autres prix ne s'est matérialisée".

Une aggravation du conflit au Moyen-Orient pourrait modifier cette trajectoire. Les prochains mois comportent une autre source de pression : la canicule de cet été risque de pousser les prix alimentaires à la hausse en Europe.

La BCE pourrait de nouveau relever ses taux d'intérêt

C'est désormais du côté de la Banque centrale européenne que les regards se tournent. L'institution pourrait procéder à une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt la semaine prochaine, lors de la réunion de son comité de politique monétaire.

Isabel Schnabel, économiste allemande et membre du directoire de la BCE, avait déjà défendu cette orientation la semaine dernière auprès de Bloomberg : "Au niveau actuel des taux directeurs, il est peu probable que l'inflation revienne à la cible à moyen terme ; un nouveau resserrement sera donc nécessaire".

La membre du directoire avait également insisté sur le risque d'attendre trop longtemps avant d'agir : "Compte tenu notamment de la résilience actuelle de la demande globale, il est crucial de prévenir très tôt l'apparition d'effets de second tour, car une intervention tardive pourrait nécessiter un resserrement plus marqué".

La situation économique envoie pourtant des signaux moins favorables sur la consommation. En Allemagne, les ventes au détail ont reculé de 3,4 % en juillet, après une baisse de 0,7 % le mois précédent. La BCE devra donc composer avec une inflation revenue à 3,3 %, poussée par l'énergie, alors que certains indicateurs de demande montrent déjà des signes de faiblesse.

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