
A l'approche de la saison des résultats du deuxième trimestre pour le secteur du luxe, UBS estime jeudi que les premiers signes d'une inflexion commencent à apparaître après près de trois ans de révisions en baisse des prévisions de bénéfices. La banque suisse appuie ce constat sur les mesures prises par le secteur pour remédier à la lassitude vis-à-vis du luxe et, plus récemment, sur les premiers indices d'un effet de richesse lié à l'intelligence artificielle (IA) dans plusieurs régions et en particulier en Asie et aux Etats-Unis.
UBS anticipe une croissance organique moyenne des ventes de 6% sur un an au deuxième trimestre pour les valeurs qu'elle couvre, contre 4% au premier trimestre. Cette prévision se situe pour la première fois depuis deux ans au-dessus du consensus, qui s'élève à 5%. Bien que le trimestre intègre un plein effet des tensions au Moyen-Orient, l'amélioration des tendances dans les autres régions devrait plus que compenser cet impact, selon UBS.
"Toutefois, cette accélération de la croissance pourrait ne pas suffire à générer un effet de levier opérationnel significatif et, conjuguée aux effets négatifs persistants des taux de change, elle risque de limiter pour l'instant les possibilités de révisions à la hausse des bénéfices par action, jusqu'à ce que nous ayons une meilleure visibilité sur la poursuite de cette amélioration au troisième trimestre", préviennent les analystes, Zuzanna Pusz et Robert Krankowski.
A l'occasion de ces publications, UBS invite les investisseurs à surveiller notamment le rythme de croissance en fin de trimestre, le comportement de la clientèle chinoise après le Nouvel An lunaire, la demande américaine, l'impact du conflit au Moyen-Orient ainsi que d'éventuels signes de retombées positives d'un effet richesse lié à l'intelligence artificielle, notamment en Asie et aux Etats-Unis.
Les analystes soulignent toutefois que la sélectivité reste essentielle, le rythme de reprise devant varier fortement d'une marque et d'un modèle économique à l'autre.
Ils sont à l'achat sur Richemont, qui reste l'une de leurs valeurs préférées dans le secteur. UBS table sur des ventes plus soutenues et une atténuation des vents contraires sur les marges pour favoriser un retour des révisions à la hausse des prévisions de bénéfice par action. LVMH (propriétaire de l'Agefi) est l'autre valeur favorite des analystes. "Une croissance plus soutenue de la division Mode et Maroquinerie au deuxième trimestre pourrait relancer le débat sur une croissance plus saine au second semestre", expliquent-ils.
La saison des publications de ce secteur s'ouvrira le 15 juillet avec Richemont, suivi de Burberry le 17 juillet, puis de LVMH, Kering et Hermès fin juillet.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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