(ABC Bourse) - Le géant français du pneumatique n’a pas échappé au ralentissement nord-américain. En 2025, Michelin a vu ses volumes et ses marges reculer, pénalisé par le marché des poids lourds aux États-Unis et par des droits de douane coûteux. Le groupe promet désormais un redressement en 2026.

L’année 2025 n’aura pas été un long fleuve tranquille pour Michelin. Le fabricant français de pneumatiques a publié mercredi des résultats en baisse, affectés par le recul du marché nord-américain et par l’impact des mesures douanières mises en place aux États-Unis. Malgré ce contexte tendu, le groupe affiche des performances supérieures aux attentes des analystes et maintient sa politique de rémunération des actionnaires.
Des volumes en recul et un marché américain décisif pour Michelin
Le résultat opérationnel des secteurs automobile et deux-roues, transport routier et pneus de spécialités a reculé de plus de 14% en 2025 pour s’établir à 2,9 milliards d’euros. Un chiffre toutefois supérieur au consensus d’analystes compilé par le groupe, qui tablait sur 2,7 milliards.
Le chiffre d’affaires suit la même trajectoire. Il ressort à 26 milliards d’euros, en baisse de 4,4% sur un an, soit un repli de 1,4% à changes constants. Là encore, le montant dépasse les 25,8 milliards anticipés par le marché.
Les volumes, eux, ont diminué de 4,7% sur l’exercice écoulé. Une contraction largement imputable à l’Amérique du Nord. Le directeur financier Yves Chapot a précisé lors d’une téléconférence : "80% de la baisse des volumes, c'est de la première monte Amérique du Nord agro et poids lourds".
Lors de la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, Michelin avait déjà alerté sur le ralentissement du marché nord-américain des poids lourds. Le report d’une réglementation sur les émissions des véhicules aux États-Unis a freiné le renouvellement des camions, pesant directement sur les commandes de pneumatiques.
Droits de douane, surcoûts et stratégie de rebond en 2026
Au-delà des volumes, Michelin a subi un impact direct des mesures commerciales américaines. Le groupe chiffre à 230 millions d’euros le surcoût lié aux droits de douane mis en place par l’administration Trump en 2025. Et l’effet ne devrait pas disparaître immédiatement : un nouveau surcoût de 120 millions d’euros est attendu en 2026.
Premier marché du groupe, l’Amérique du Nord reste stratégique. Même si les pneus sont produits localement, Michelin a été affecté par la hausse des prix de certains composants et par des phénomènes de stockage de pneumatiques à bas coût en anticipation des changements douaniers.
Malgré ce contexte, le bénéfice net ne recule que de 12% à 1,7 milliard d’euros. Le groupe maintient son dividende à 1,38 euro par action et annonce un programme de rachat d’actions pouvant atteindre deux milliards d’euros sur la période 2026-2028, financé par sa génération de trésorerie.
Pour 2026, Michelin s’attend à une progression de son résultat opérationnel, à périmètre et taux de change constants. Après une année marquée par les turbulences américaines, le fabricant clermontois parie sur un redressement de ses activités.
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