
(Agefi-Dow Jones)--Les Bourses européennes ont fortement reculé lundi, alors que le conflit entre les Etats-Unis alliés à Israël et l'Iran, qui est entré dans son troisième jour, provoque une flambée des cours du pétrole et suscite des inquiétudes pour l'économie mondiale.
L'indice Stoxx Europe 600 a terminé sur un recul de 1,6%, à 623,63 points. A Paris, le CAC 40 a perdu 2,2% et le SBF 120 a cédé 2,1%. A Francfort, le DAX 40 a baissé de 2,6%, tandis que le FTSE 100 a reculé de 1,3% à Londres.
Après une ouverture dans le rouge, Wall Street se stabilise à la mi-séance. Le Dow Jones s'effrite de 0,2% tandis que le S&P 500 est quasiment stable. Le Nasdaq Composite gagne 0,3%.
"Le risque ne tient pas seulement aux frappes, mais à leur durée et à leur capacité à perturber durablement les flux énergétiques et la confiance mondiale", souligne John Plassard, directeur des investissements de Cité Gestion. "Plus la confrontation dure, plus les entreprises ajustent leurs chaînes d'approvisionnement, plus les assureurs augmentent leurs primes, plus les investisseurs intègrent une nouvelle normalité de risque", ajoute-t-il.
Si la baisse a été quasi générale sur les marchés d'actions, les valeurs les plus touchées appartiennent aux secteurs de l'hôtellerie et du transport aérien. Non seulement le trafic aérien est perturbé vers plusieurs destinations du Golfe, mais la région est également un important hub pour le secteur. La forte hausse des cours du pétrole constitue une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les comptes des compagnies aériennes.
+ Flambée des prix de l'énergie +
Vers 18h00, le contrat de mai sur le brent de mer du Nord coté à Londres gagnait 6,3%, à 77,44 dollars le baril. Le contrat d'avril sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex grimpait de 5,6%, à 70,78 dollars le baril.
La flambée des cours de l'or noir a en revanche bénéficié aux compagnies pétrolières, dont TotalEnergies (+3,1%) à Paris. Ce secteur a été l'un des rares avec celui de la défense à gagner du terrain en Bourse lundi, dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques.
Les prix du gaz ont bondi en Europe. Le contrat d'avril du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, s'est envolé de près de 36%, à 43,35 euros le mégawattheure (MWh). Les investisseurs s'inquiètent d'un possible blocage du détroit d'Ormuz par où transitent 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, tandis que QatarEnergy a annoncé l'arrêt de sa production de GNL après plusieurs attaques iraniennes. Or, la firme qatarie est l'un des plus importants fournisseurs de GNL au monde.
"La Banque centrale européenne est confrontée à un véritable dilemme", explique ING. "L'inflation des services reste tenace et un choc pétrolier ferait grimper l'inflation globale, tandis que les perspectives de croissance se détériorent sous le poids combiné des droits de douane, de l'incertitude et désormais des coûts énergétiques".
Les craintes à propos de l'impact inflationniste des derniers développements géopolitiques ont entraîné une hausse des taux longs, qui n'ont ainsi pas bénéficié de leur statut de valeur refuge. Le rendement du 10 ans allemand gagnait 6 points de base (0,06 point de pourcentage), à 2,7%. Son équivalent français progressait de 7 points de base, à 3,3%.
A contrario, l'once d'or a bien joué son rôle d'actif refuge. Le contrat à terme sur l'or pour livraison en avril gagnait 1,3%, à 5.317 dollars l'once, après avoir inscrit un plus haut en séance à 5434,10 dollars, selon les données de MarketWatch.
Au chapitre économique, les indices des directeurs d'achat (PMI) définitifs pour février en Europe ont été relégués au second plan du fait de la situation géopolitique. L'activité manufacturière dans la zone euro a renoué avec la croissance en février, selon les données définitives publiées lundi par S&P Global et Hamburg Commercial Bank (HCOB). L'indice PMI du secteur manufacturier de la zone euro est ressorti à 50,8 le mois dernier, contre 49,5 en janvier. Il est conforme à l'estimation provisoire publiée le 20 février.
ACTIONS A SUIVRE:
-AERIEN: les valeurs du transport aérien ont été pénalisées par l'envolée des cours du pétrole, le carburant été leur premier poste de dépenses opérationnelles. A Paris, AIR FRANCE-KM a chuté de 9,4%. A francfort, LUFTHANSA a perdu 5,2%.
-DEFENSE: le secteur a été soutenu par l'escalade des tensions au Moyen-Orient, mais a réduit ses gains en fin de séance. Thales a monté de 0,4% et EXOSENS a progressé de 4,8%. Le spécialiste des technologies d'amplification, de détection et d'imagerie a en outre annoncé lundi avoir décroché un contrat de plus de 350 millions de dollars avec l'armée américaine pour la fourniture de dispositifs de vision nocturne.
-ACCOR (-8,9%): Le groupe hôtelier a terminé parmi les plus fortes baisses en Europe lundi alors que les investisseurs jugent l'exposition du groupe au Moyen-Orient plus importante que celle de ses concurrents.
-Engie (-1,1%): le groupe énergétique a annoncé vendredi soir avoir bouclé une augmentation de capital d'un montant brut de 3 milliards d'euros auprès d'investisseurs qualifiés, en vue du financement d'une partie du rachat du distributeur britannique d'électricité UK Power Networks.
-SES (+6,1%): l'opérateur de satellites a présenté lundi des objectifs financiers relativement conformes aux attentes des analystes pour 2026, le premier exercice au cours duquel son concurrent Intelsat, racheté l'été dernier, sera intégré sur douze mois.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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