
(Agefi-Dow Jones)--Les cours du pétrole poursuivent leur détente mardi alors que les opérateurs misent sur une fin rapide du conflit en Iran après les déclarations du président américain Donald Trump.
Vers 15h10, le cours spot sur le baril de brut WTI recule de 5,5%, à 81,88 dollars à New York. A Londres, le cours spot du Brent chute de 5%, à 82,32 dollars le baril, après avoir tutoyé la barre des 120 dollars la veille.
Les prix du gaz se replient également aux Etats-Unis comme en Europe. Le contrat sur le gaz naturel du Nymex cède 2,2%, à 3,054 dollars le million de BTU. Le contrat de mars du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, chute de 13%, à 49 euros le mégawattheure (MWh) mais affiche toujours une hausse de près de 50% depuis le début du conflit.
Les déclarations de Donald Trump lundi, affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment terminée" ont laissé entrevoir l'espoir d'un déblocage rapide du Detroit d'Ormuz et d'une reprise de la production des pays du Golfe. Selon le Wall Street Journal, le locataire de la Maison Blanche a évoqué en privé la fin du conflit alors que certains de ses conseillers l'exhortent à trouver un plan de sortie en raison de la flambée des prix du brut et des risques politiques à quelques mois des élections de mi-mandat.
Selon le quotidien, le président américain étudie également une série de mesures pour compenser la flambée des cours, notamment de remettre sur le marché du pétrole provenant des réserves stratégiques dans le cadre d'une action concertées des pays du groupe des sept (G7). Le G7 est prêt à débloquer ses réserves stratégiques de pétrole pour stabiliser le marché mondial si nécessaire, a notamment indiqué lundi le ministre français des Finances, Roland Lescure, à l'issue d'une réunion extraordinaire convoquée par la France pour discuter de l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur l'économie mondiale.
Selon Samer Hasn, analyste de XS.com, ce scénario pourrait conduire à un tassement rapide des cours. "L'envolée des prix du pétrole a été largement alimentée par la spéculation sur une aggravation de la crise. Dans le cas contraire, le débouclage de ces positions acheteuses pourrait s'intensifier et fortement inverser la dynamique des cours", estime-t-il.
Selon les chiffres de l'analyste, les contrats à terme d'acteurs industriels, qui les utilisent pour se couvrir de l'évolution des cours du pétrole, n'ont augmenté que de 2% depuis janvier sur le Nymex tandis que ceux émanant de la sphère financière, principalement dans un but spéculatif, ont bondi de 37%.
Les opérateurs continuent cependant de surveiller les risques de dommages structurels aux infrastructures pétrolières dans le Golfe et en Iran, qui représentent 30% de la production mondiale, alors que le conflit se poursuit sur le terrain. Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi matin avoir subi de nouveaux tirs de missiles de Téhéran et avoir fermé "par précaution" une importante raffinerie à Ruwais dans l'émirat d'Abou Dhabi.
"Si la production du Moyen-Orient peut être interrompue pendant quelques semaines sans trop de contraintes pour les structures des puits, si cela se prolonge à un mois ou plus, il peut être difficile de remettre cette production en service rapidement", a souligné dans une note l'analyste de BOK Financial, Dennis Kissler.
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