
(ABC Bourse) - Les marchés de l’énergie s’emballent brutalement. Ce jeudi 19 mars, de nouvelles frappes iraniennes contre des infrastructures gazières stratégiques au Qatar font bondir les prix du gaz et du pétrole, ravivant les craintes d’une crise énergétique mondiale.
À l’aube, le complexe de Ras Laffan, plus grand site de gaz naturel liquéfié au monde, a été visé. En quelques heures, les cours du gaz européen ont grimpé jusqu’à 35 %, tandis que le baril de Brent dépasse les 113 dollars. En toile de fond, un conflit qui s’intensifie entre l’Iran, Israël et leurs alliés, avec des répercussions immédiates sur les marchés financiers.
Frappes en Iran et au Qatar, le gaz et le pétrole sous tension
L’escalade s’est accélérée en quelques jours. Après une attaque israélienne contre le gisement de South Pars, côté iranien, Téhéran a riposté en ciblant le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar.
Sur place, la compagnie énergétique publique évoque des "dommages considérables", confirmant l’ampleur des dégâts sur ce site clé pour l’approvisionnement mondial en gaz naturel liquéfié.
Les marchés n’ont pas tardé à réagir. Dès l’ouverture, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, s’est envolé de 24,13 % à 67,85 euros le mégawattheure, après un pic à 35 %. Côté pétrole, le Brent de la mer du Nord grimpe de 5,57 % à 113,33 dollars, tandis que le WTI américain atteint 97,34 dollars.
Cette flambée s’explique par une crainte immédiate : une perturbation durable de l’offre mondiale, alors que le Golfe persique concentre une part essentielle de la production et du transport d’hydrocarbures.
Dans ce contexte explosif, le détroit d’Ormuz reste sous forte pression. Cette voie maritime stratégique voit transiter près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les perturbations actuelles alimentent la nervosité des investisseurs.
Les Bourses asiatiques ont immédiatement décroché. À Tokyo, le Nikkei chute de 3,38 %, tandis que le Kospi sud-coréen recule de 2,73 %. Sydney, Taipei et Hong Kong suivent la même tendance, illustrant une onde de choc qui dépasse largement le secteur énergétique.
Sur les marchés financiers, même les valeurs refuges vacillent. L’or perd 0,81 % à 4.778 dollars l’once, sous la pression d’un dollar plus fort et de rendements obligataires en hausse, signe d’un climat d’incertitude généralisé.
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