
Les cours du pétrole se maintiennent en hausse jeudi alors que les tensions sur la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz et leur impact sur l'approvisionnement mondial continuent de préoccuper les opérateurs.
Vers 16h25, le contrat de juin sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex, prenait 1,4%, à 94,29 dollars. Le contrat sur le brent pour livraison en juin, référence internationale, prenait 1,2%, à 103,17 dollars.
Alors que les médiateurs américains et iraniens continuent de faire pression pour la tenue de pourparlers de paix entre les deux pays dès vendredi, selon le Wall Street Journal, la situation tendue dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial, reste au centre de l'attention.
Le président Donald Trump a indiqué jeudi matin sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis avaient "le contrôle total sur le détroit", qui reste "hermétiquement fermé" tant que l'Iran ne conclut pas un accord. Il a également indiqué qu'il avait ordonné à la marine américaine de "tirer pour tuer" tout navire posant des mines dans ce couloir maritime essentiel pour le transport des hydrocarbures en provenance du golfe Persique. "Il ne doit y avoir aucune hésitation", a-t-il déclaré. Ces menaces surviennent alors que la veille, l'Iran a attaqué trois navires dans la zone, peu de temps après la prolongation par Donald Trump du cessez-le-feu entre les deux pays.
"Les incidents de sécurité récurrents dans le détroit d'Ormuz renforcent les inquiétudes concernant les perturbations de l'approvisionnement le long de l'un des goulets d'étranglement les plus critiques au monde pour le transit du pétrole brut. Ces événements aggravent une situation déjà tendue sur le marché physique, sur lequel les capacités de réserve limitées et les flux restreints obligent les importateurs de pétrole à lutter pour s'assurer des approvisionnements, ce qui pourrait faire perdurer les pressions à la hausse sur les cours", a indiqué dans une note l'analyste de Naga, Frank Walbaum.
Selon lui, même en cas de progrès sur le front diplomatique, les risques de baisse du pétrole sont limités dans la mesure où "toute reprise des flux ne pourra être que progressive étant donné l'ampleur des perturbations logistiques actuelles".
Dans un entretien jeudi à la chaîne américaine CNBC, le président de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a notamment estimé que plus la guerre "durera, plus il faudra de temps pour revenir à la situation antérieure", comparant la crise actuelle à celle du choc pétrolier de 1973 en matière de perte de production pétrolière.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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