(ABC Bourse) - Un nouveau coup de pouce pourrait bientôt booster le pouvoir d’achat de millions de salariés. Bercy planche sur une mesure inédite pour libérer 2.000 euros, défiscalisés, issus des plans d’épargne entreprise.

Un vent de nouveauté souffle sur l’épargne salariale. Le ministère de l’Économie, sous la houlette du gouvernement Lecornu, travaille à un déblocage exceptionnel des fonds placés dans les plans d’épargne entreprise (PEE). Dès cette année, les salariés percevant jusqu’à deux fois le SMIC pourraient retirer jusqu’à 2.000 euros de manière défiscalisée, selon le cabinet de Serge Papin, ministre délégué aux PME et au pouvoir d’achat.
Cette mesure s’adresserait à des millions de Français concernés par l’épargne salariale, avec pour ambition de relancer leur consommation, sans déséquilibrer l’économie. "Un effet massif au niveau individuel, sans déstabiliser l’épargne des PEE, qui vise à financer les entreprises et la productivité", assure le cabinet de Serge Papin.
Pouvoir d’achat : un geste ciblé face à la conjoncture
Actuellement, près de 200 milliards d’euros dorment dans les PEE, bloqués pour cinq ans sauf exceptions (mariage, naissance, travaux énergétiques...). Le déblocage envisagé concerne les sommes présentes au 31 décembre 2025. Elles resteraient exonérées d’impôt sur le revenu, mais soumises à la CSG et la CRDS.
L’économie française continue de croître (+0,9 % attendu en 2025), mais la consommation peine à suivre. En injectant potentiellement 4 milliards d’euros dans les foyers, le gouvernement espère relancer une machine grippée, sans creuser le déficit.
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Ce levier d’action, évoqué dès octobre par Serge Papin, ancien dirigeant de Système U, serait activable par décret. Il permettrait une utilisation libre des fonds pour financer des projets personnels, du quotidien ou non.
Réactions syndicales et patronales : entre soutien et réticences
Mais ce geste technique ne fait pas l’unanimité. Présenté lundi aux partenaires sociaux, le projet divise. Du côté des syndicats, la critique est claire. "La question du pouvoir d’achat est d’abord salariale", tranche Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT.
En revanche, plusieurs organisations patronales se montrent favorables à la mesure. La CPME y voit une réponse rapide, concrète et non contraignante pour les employeurs. Elle salue une initiative qui "injecte rapidement des liquidités dans l’économie réelle sans impact sur les charges patronales", tout en appelant à "un relèvement significatif du montant déblocable" et à étendre le seuil de revenus jusqu’à trois SMIC.
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