(ABC Bourse) - La guerre au Moyen-Orient commence à peser lourd sur les comptes de Ryanair. Malgré un chiffre d'affaires en hausse, la compagnie aérienne irlandaise voit ses bénéfices reculer et redoute une facture de carburant bien plus élevée dans les prochains mois. Plusieurs mesures d'économies sont déjà à l'étude.

Ryanair traverse une période délicate. Ce lundi 2 novembre 2026, la compagnie low cost a annoncé une baisse de 6 % de son bénéfice net au deuxième trimestre de son exercice 2026-2027. Celui-ci atteint 1,61 milliard d'euros, alors que la hausse des prix du kérosène et le recul des tarifs des billets d'avion pèsent sur sa rentabilité.
La situation contraste avec l'évolution de son activité. Sur la même période, le chiffre d'affaires du transporteur irlandais a progressé de 4 %, pour atteindre 5,7 milliards d'euros. Mais le conflit au Moyen-Orient perturbe les habitudes des voyageurs et pousse Ryanair à revoir ses dépenses, avec une facture énergétique qui pourrait considérablement s'alourdir.
Ryanair pénalisé par la guerre au Moyen-Orient et la baisse des prix des billets
La compagnie doit composer avec deux difficultés simultanées. D'un côté, le carburant coûte plus cher. De l'autre, les voyageurs réservent leurs billets plus tardivement, ce qui a pesé sur les tarifs pratiqués au cours du semestre.
Selon Michael O'Leary, directeur général de Ryanair, la guerre au Moyen-Orient a "entraîné une hésitation des consommateurs et des réservations plus tardives". Cette évolution du comportement des passagers a contribué au recul des prix des billets, malgré la progression du chiffre d'affaires.
La hausse du kérosène représente une autre difficulté. Ryanair bénéficie toutefois d'une protection financière importante puisque 80 % de ses besoins en carburant pour l'exercice en cours sont couverts à un prix d'environ 67 dollars le baril. Pour les volumes qui échappent à cette couverture, la compagnie indique que le prix a doublé.
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Cette stratégie permet pour le moment d'amortir une partie de la hausse des coûts. "Les résultats de cette année sont bien protégés contre la volatilité actuelle des prix du pétrole", a précisé Michael O'Leary. Cette protection a également contribué, selon le dirigeant, "à compenser une nouvelle hausse de 300 millions d’euros des taxes environnementales de l’UE".
Mais cette situation pourrait devenir beaucoup plus coûteuse dès l'exercice suivant. Ryanair estime que sa facture de carburant pourrait augmenter d'environ 2 milliards d'euros en 2027-2028, ce qui pousse déjà la direction à examiner plusieurs pistes pour limiter ses dépenses.
Ryanair envisage des gels de salaires et davantage d'intelligence artificielle
Face à cette perspective, Ryanair étudie des mesures qui pourraient toucher directement son organisation interne. La compagnie envisage des gels temporaires de salaires, une réduction des ratios de personnel navigant et un recours accru à l'intelligence artificielle pour améliorer sa productivité.
Ces pistes restent à l'étude, mais elles témoignent de l'ampleur des économies recherchées par le transporteur. L'objectif est de contenir les coûts alors que la hausse anticipée du carburant menace de peser davantage sur ses prochains résultats.
Pour autant, Ryanair continue de miser sur une progression du nombre de voyageurs. La compagnie prévoit une hausse de 3 % de son trafic sur l'exercice 2026-2027, avec 214 millions de passagers transportés. Elle espère ensuite dépasser les 220 millions de voyageurs en 2027-2028.
Ces ambitions s'accompagnent d'une forte incertitude financière. Ryanair estime qu'il est encore trop tôt pour communiquer des prévisions de bénéfice pour l'exercice en cours. Le groupe affirme disposer d'"aucune visibilité pour le quatrième trimestre", dans un environnement marqué par les fluctuations du pétrole et les tensions internationales.
Michael O'Leary a détaillé les principaux risques auxquels la compagnie reste exposée : "Le résultat net final de l’exercice 2026-2027 reste très sensible aux évolutions défavorables externes, notamment une escalade des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, le prix des 20 % de notre kérosène non couvert, les chocs macroéconomiques et l’impact des perturbations du contrôle aérien européen".
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