
(ABC Bourse) - Après plusieurs trimestres de défiance, TP, ex-Teleperformance, semble avoir retrouvé une partie du crédit perdu auprès des investisseurs. Le mouvement n’est pas encore une victoire définitive : les interrogations liées à l’impact de l’intelligence artificielle sur le modèle historique de la relation client demeurent fortes. Mais plusieurs signaux convergents indiquent que le marché ne regarde plus seulement TP comme un ancien champion menacé par la disruption ; il commence à le considérer comme un groupe engagé dans une transformation crédible.
Signal boursier
Le premier signal est boursier. Le titre, qui avait été lourdement sanctionné ces dernières années, s’est redressé depuis la clarification de la gouvernance et l’arrivée de Jorge Amar à la direction générale au début de l'année. Ce dernier, transfuge de Mc Kinsey et spécialiste de l’IA appliquée aux opérations clients, a reçu pour mandat d’accélérer la transformation du groupe et de concentrer ses ressources sur les activités créatrices de valeur. Cette nomination a aussi marqué une rupture symbolique : TP assume désormais que l’IA n’est pas seulement un risque externe, mais un levier interne de repositionnement.
Le deuxième signal vient du capital. Saham, le groupe du capitaine d'industrie marocain Moulay Hafid Elalamy, a fortement accru son exposition à TP. Selon les déclarations de franchissement de seuils, le Saham a franchi début mars les seuils de 5 %, 10 % puis 15 %, atteignant alors 19,90 % du capital et 19,42 % des droits de vote, avant de revenir autour de 15 % selon la dernière déclaration disponible. Dans tous les cas, cette présence d’un actionnaire industriel et de long terme constitue un élément de stabilisation. Elle a été complétée par les mouvements de Goldman Sachs et Morgan Stanley : le média Boursorama a ainsi rapporté que Goldman Sachs avait franchi en hausse le seuil de 10 % du capital et Morgan Stanley celui de 5 %, à la suite d’acquisitions hors marché.
Transformation stratégique
Le troisième signal est stratégique. TP ne se présente plus seulement comme un opérateur de centres de contacts, mais comme un prestataire de services digitaux, intégrant l’IA, le back-office, le conseil opérationnel, l’interprétariat, la gestion de processus spécialisés et les solutions à plus forte valeur ajoutée. Cette évolution ne supprime pas le risque d’exécution, mais elle rend le récit plus lisible : l’IA devient une technologie d’augmentation plutôt qu’un simple facteur de substitution.
Enfin, le succès récent du refinancement obligataire confirme que le groupe conserve un accès solide aux marchés. L’opération, structurée en deux tranches — 700 millions d’euros à cinq ans et 500 millions d’euros à huit ans — a été sursouscrite, dans un environnement financier mondial pourtant sélectif.
Le redressement de TP n’est donc pas encore acquis. Mais entre gouvernance renouvelée, actionnariat renforcé, refinancement réussi et repositionnement stratégique plus clair, le marché semble accorder au groupe ce qu’il lui refusait depuis plusieurs mois : le bénéfice du doute. Gage de cette confiance, les résolutions proposées à l'assemblée générale ce 21 mai ont été approuvées à une écrasante majorité.
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