
(Actualisation: précisions sur le plan stratégique et nouveau cours de Bourse)
Stellantis a annoncé jeudi prévoir d'investir 60 milliards d'euros en cinq ans pour accélérer sa croissance et améliorer sa rentabilité, à l'occasion d'une journée investisseurs qui se déroule au siège nord-américain du constructeur automobile à Auburn Hills, près de Detroit dans le Michigan.
Baptisé "FaSTLAne 2030", le plan stratégique quinquennal du groupe renforce la priorité donnée au client et à une stricte discipline d'allocation du capital aux régions et aux marques offrant le meilleur potentiel de création de valeur. Il repose sur six piliers: des partenariats renforçant les atouts du groupe, une gestion plus pointue d'un portefeuille de marques sans équivalent, une optimisation du dispositif industriel, l'excellence dans l'exécution, des investissements dans des plateformes, des motorisations et des technologies globales, et la responsabilisation accrue des régions et des équipes locales.
Sur les 60 milliards d'euros que Stellantis compte investir d'ici à 2030, un montant de 36 milliards d'euros sera consacré aux produits et aux marques, tandis que le solde, représentant 24 milliards d'euros, sera dédié aux plateformes de production, aux motorisations et aux technologies nouvelles à vocation mondiale. L'industriel a également a prévenu que 70% des investissements prévus dans les marques et les produits seraient consacrés à Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. Avec leur présence multirégionale, ces quatre marques présentent le plus fort potentiel en matière de volumes et de rentabilité, selon Stellantis, et sont dorénavant les premiers lanceurs naturels de tous les nouveaux programmes et technologies à vocation mondiale.
Considérées comme des marques "régionales", Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo bénéficieront des mêmes programmes et technologies que Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, mais accentueront leur différenciation afin de mieux répondre aux attentes de leurs clients. DS Automobiles et Lancia seront respectivement pilotées par Citroën et Fiat, afin d'être développées en tant que marques de spécialité. Stellantis prévoit également de renforcer l'offre de Maserati, en ajoutant à sa gamme deux nouveaux véhicules du segment E regroupant les berlines routières.
+ Réduction des coûts au menu +
La croissance du chiffre d'affaires devrait être portée par le lancement de 60 nouveaux véhicules et les 50 restylages majeurs prévus sur toute la durée du plan, tandis que les marges bénéficieront du programme pluriannuel de création de valeur récemment lancé dont l'ambition est de générer 6 milliards d'euros de réduction de coûts annuels d'ici à 2028, par rapport à 2025. En outre, le redressement de la rentabilité sera permis par une réduction de temps de développement des produits et par la remontée attendue du taux d'utilisation des capacités de production. Il devrait augmenter à 80% en Europe d'ici à 2030, contre 60% à ce jour, profitant notamment de la reconversion de certains sites, comme celui de Poissy en France, et du développement des partenariats, avec Leapmotor par exemple.
Stellantis poursuit aussi des partenariats stratégiques destinés à compléter ses compétences internes et accélérer le développement véhicule dans les domaines du logiciel, de l'intelligence artificielle et des technologies pour les batteries, notamment avec Applied Intuition, Qualcomm, Wayve, Nvidia, Uber, Mistral AI et CATL.
En matière d'objectifs financiers, Stellantis prévoit d'accroître son chiffre d'affaires de 25% en Amérique du Nord et de 15% en Europe, ses deux principaux marchés, entre fin 2025 et 2030. En fin de période, il compte afficher une marge opérationnelle courante de 8% à 10% en Amérique du Nord et de 3% à 5% en Europe. En 2025, Stellantis a affiché une marge opérationnelle courante négative de -3,1% en Amérique du Nord, une zone géographique qui a compté pour 39,7% de son chiffre d'affaires, et négative de -1,1% en Europe, qui a contribué à 37,6% de ses revenus.
+ Baisse du cours de Bourse +
L'an dernier, le chiffre d'affaires total du groupe s'est établi à 153,5 milliards d'euros, en baisse de 2% par rapport à l'exercice précédent. Il a enregistré une perte opérationnelle courante de 842 millions d'euros, contre un résultat opérationnel courant de 8,65 milliards d'euros en 2024, et son flux de trésorerie industriel a été négatif à hauteur de 4,53 milliards d'euros.
Le mois dernier, Stellantis a confirmé viser une amélioration cette année de son chiffre d'affaires, de sa marge opérationnelle courante et de son flux de trésorerie industriel, par rapport à 2025. En 2026, la croissance du chiffre d'affaires devrait avoisiner 5% ("mid-single digit") sur un an, tandis que la marge opérationnelle courante devrait atteindre un niveau bas à un chiffre ("low-single digit").
Vers 15h30, l'action Stellantis refluait de 3,8%, à 6,18 euros, dans le sillage de ces annonces très attendues par le marché depuis la nomination d'Antonio Filosa au poste de directeur général de l'entreprise aux 14 marques automobiles. Mercredi soir, la valeur accusait un fort repli de 21,5% depuis le 20 juin 2025, la dernière séance avant la prise de fonctions d'Antonio Filosa.
Cette contraction du cours de Bourse lors des onze derniers mois reflète les inquiétudes du marché vis-à-vis de la trajectoire de résultats du groupe né au début 2021 de la fusion entre Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA). En plus des vents contraires qui malmènent tout le secteur, tels que les droits de douane américains et l'expansion des constructeurs automobiles chinois en Europe, Stellantis affronte des problématiques qui lui sont propres.
En raison d'un bilan contraint, Stellantis peine à combler l'écart technologique et en matière de produits avec la concurrence, relevait récemment Oddo BHF. D'autres ont maintes fois souligné les relations parfois conflictuelles qu'entretenait le groupe avec certains de ses fournisseurs et concessionnaires.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
