
(ABC Bourse) - L'économie américaine a créé 165 000 emplois en octobre, bien davantage que les 65 000 anticipés par les économistes. Le taux de chômage a parallèlement diminué à 4,1 %, contre 4,2 % en septembre. Ces chiffres témoignent de la résistance du marché du travail et pourraient conforter la Réserve fédérale dans sa volonté de maintenir une politique monétaire prudente face aux tensions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient.
Selon les données publiées vendredi par le Bureau of Labor Statistics (BLS), les créations d'emplois ont nettement accéléré après une progression révisée à la hausse de 60 000 postes en septembre, contre 29 000 initialement annoncés. Les prévisions des économistes interrogés par Reuters s'échelonnaient entre 35 000 et 125 000 créations d'emplois.
Cette performance est d'autant plus notable que l'économie américaine aurait désormais besoin de créer environ 40 000 emplois par mois pour absorber l'augmentation de la population en âge de travailler. Ce seuil d'équilibre, qui permet de stabiliser le chômage, a fortement diminué par rapport aux quelque 150 000 postes nécessaires en 2024, en raison notamment du ralentissement de la croissance de la population active.
Un marché du travail qui résiste, mais des tensions persistantes
La solidité des créations d'emplois, conjuguée à un niveau historiquement faible des licenciements et à une récente hausse des offres d'emploi, laisse entrevoir un possible raffermissement du marché du travail. Plusieurs économistes soulignent toutefois que le recul du chômage s'explique aussi par une offre de main-d'œuvre moins dynamique, sous l'effet du durcissement de la politique migratoire et des départs à la retraite.
Par ailleurs, les créations d'emplois restent relativement modestes au regard de la croissance économique. Le PIB américain a progressé à un rythme annualisé de 3,4 % au troisième trimestre, soutenu par la consommation des ménages et par les investissements massifs des entreprises dans l'intelligence artificielle.
Les employeurs pourraient également faire preuve de davantage de prudence après avoir recruté en excès dans les années qui ont suivi la pandémie. L'intégration de l'intelligence artificielle suscite par ailleurs des interrogations sur les besoins futurs en personnel. Enfin, les incertitudes liées au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui entretient la hausse des prix de l'énergie, incitent certaines entreprises à différer leurs décisions d'embauche.
Cette situation pénalise notamment les jeunes actifs, les diplômés récents et les demandeurs d'emploi, confrontés à des opportunités professionnelles plus limitées.
La Fed face au risque inflationniste
Ces données interviennent alors que la Réserve fédérale américaine a maintenu la semaine dernière ses taux directeurs dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. La résistance du marché du travail pourrait lui donner davantage de latitude pour se concentrer sur les pressions inflationnistes, notamment celles provoquées par les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie.
Les marchés et les économistes restent particulièrement attentifs à l'évolution de l'inflation. La publication, mardi prochain, de l'indice des prix à la consommation pour octobre devrait apporter de nouveaux éléments sur les perspectives de politique monétaire à l'approche de 2027.
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