
Si l'intelligence artificielle reste la thématique d'investissement majeure à miser au cours des prochaines années, nous prenons conscience qu'elle ne se limite pas à Nvidia, AMD, ASML, ChatGPT, Anthropic, ou DeepSeek. De nombreuses industries sont concernées pour résoudre les goulots d'étranglements auxquels l'IA fera face. Dans l'ombre des acteurs régulièrement sous les feux des projecteurs, les infrastructures neocloud pourraient s'imposer pour faire tourner l'IA à plein régime.
Jensen Huang a dit que les besoins en énergie pour l'IA sont gigantesques compte tenu des puissances de calcul à supporter. Les puces les plus performantes risquent de rester dans les inventaires, les cycles d'entraînement durent plus longtemps, et les coûts opérationnels explosent rapidement dans les comptes. Le problème se situe dans la plomberie numérique.
C'est sur ce point précis que le neocloud constitue une alternative innovante pour que l'IA s'incruste réellement dans l'économie. En effet, il se base sur une redéfinition de la chaîne de valeur du cloud actuellement monopolisé par les mastodontes historiques (AWS, Azure, Google Cloud) et leurs méga centres de données qui sollicitent trop les réseaux énergétiques déjà vieillissants. Pour les investisseurs chevronnés, les infrastructures neocloud pourraient apporter la bouffée d'oxygène qui manque au déploiement rapide de l'IA. Maintenant, découvrons son architecture et les entreprises cotées à suivre de près.
Le principe des Infrastructures neoclouds
Le neocloud se différencie par un cloud qui priorise les charges de travail gourmandes en puissance de calcul GPU. Il n'a pas pour vocation de remplacer le modèle des hyperscalers, mais de compléter les manques que ces derniers ne peuvent pas résoudre. Concrètement, vous avez affaire à des data centers moins contraignants en infrastructures : des blocs d'alimentation sont agencés pour réduire la distance entre les GPU, les câbles optiques qui économisent des kilomètres de cuivre, et un système de refroidissement hybride.
Les infrastructures neocloud répondent à un modèle économique particulier. Elles veillent à un approvisionnement rapide et une tarification transparente en matière de consommation d'énergie. En accédant aux dernières technologies de puces et à des équipements adaptés, les gains de consommation peuvent avoisiner 50-70 % en comparaison aux GPU des hyperscalers, ce qui n'est pas négligeable selon les besoins spécifiques des entreprises.
Leur architecture amène à être à proximité des applications IA. Cet élément incite les entreprises à s'y intéresser de près, sans pour autant renoncer aux contrats d'abonnement des hyperscalers. Les neoclouds séduisent par leur approche opérationnelle, financière et pratique tout en répondant à la demande des goulots d'étranglement.
Quels goulots d'étranglement le neocloud peut-il régler ?
Aujourd’hui, les modèles d'IA exigent la sollicitation de quantités gigantesques de données entre les GPU et les mémoires. Les architectures clouds traditionnels rencontrent des problèmes de transmission entre les deux composants critiques, avec à la clé, une perte de performance théorique du serveur. Le neocloud traite par des protocoles de communication comme NVLink, pour entraîner les GPU entre eux et favoriser la liaison GPU-Mémoires, ce qui amène à un résultat satisfaisant pour travailler des modèles en quelques jours au lieu de quelques semaines sur les hyperscalers.
L'autre goulot d'étranglement, régulièrement épinglé par les spécialistes, est la capacité de reproduire et stabiliser les performances des modèles tout au long de la journée. Il existe des périodes de suractivité et de faible activité à gérer. Cela oblige les entreprises concernés à surdimensionner les équipements des data centers pour assurer les besoins de consommation des applications IA. Le neocloud associé à une infrastructure agile, répond à des environnements spécifiques en garantissant une performance prévisible. De ce fait, les clients réalisent des économies d'échelle dans leur budget et peuvent se concentrer sereinement sur leur métier.
Enfin, le neocloud facture en fonction de ce que les clients ont besoin, alors que les hyperscalers proposent un package qui ne convient pas forcément aux applications hybrides. Leur tarif flexible de bande passante change les règles du jeu dans la compétition du marché du cloud, ce qui permet aux clients d'avoir un degré de liberté dans leur budget.
Des entreprises cotées qui méritent d'être sous les feux des projecteurs
Les entreprises qui régleront les goulots d'étranglement, seront les prochaines gagnantes. Les acteurs du neocloud ont une carte à jouer, même si la prudence reste de mise compte tenu de leur volatilité actuelle. Parmi eux, CoreWeave, introduit en Bourse en mars 2025, jouit d'une cote attrayante auprès du marché via ses ressources de GPU H100 de Nvidia. L'entreprise cible des clients pionniers de l'IA comme OpenAI, Anthropic, IBM, Mistral AI, Perplexity, Cursor, Runway, Cloudflare.
Dans un marché neocloud en pleine ascension, on peut citer des acteurs comme Iren Limited, Hive Digital Technologies et Nebius. Le premier a entrepris un pivot stratégique vers les infrastructures IA tout en conservant leur activité d'origine dans les cryptomonnaies. Son positionnement se situe dans l'accès aux réseaux électriques à travers la possession et la monétisation de ses infrastructures alimentées à partir de sources renouvelables en Amérique du Nord, en Europe et en Asie-Pacifique. Le second se diversifie dans les centres de données alimentés en énergie renouvelables au Canada, en Suède et récemment au Paraguay, avec une approche hybride dans le minage. Enfin, Nebius, implanté aux Pays-Bas, s'aligne comme un concurrent frontral de CoreWeave et vend des solutions IA cloud clés en main moyennant des contrats géants chez les hyperscalers.