SpaceX, OpenAI, Anthropic : pourquoi acheter une IPO peut devenir un cauchemar boursier

Par Sovanna Sek, le 12/06/2026

IPO et risques

Alors que nous assistons en ce moment aux plus grandes IPO de l'histoire de la Bourse, les investisseurs particuliers s'enthousiasment à l'idée d'être parmi les premiers à participer à ces événements historiques. Pourtant, la réalité se révèle souvent être abominable pour votre capital. La « dead money » (ou argent mort) pourrait une nouvelle fois faire de nouvelles victimes au sein des investisseurs particuliers. Elle marque une période à laquelle les cours d'une action évoluent sans mouvement significatif dans un sens ou dans l'autre.

Cette phase intervient après une IPO qui démarre sur les chapeaux de roues et se poursuit par une désillusion, ou la baisse prolongée d'une star de la cote. Dans les deux cas de figure, les investisseurs particuliers tombent naïvement dans le panneau. Ils voient leurs capitaux noyer dans une position qui ne génère rien et se frustrent en ne se tournant pas vers d'autres opportunités. Dans cet article, nous allons expliquer pédagogiquement en quoi consiste la dead money, pourquoi elle émerge dans la structure des prix, et surtout comment l'éviter dans la perspective de protéger votre capital et votre santé psychologique.

En quoi consiste précisément la dead money ?

La dead money ne signifie pas comptablement que vous perdez de l'argent, mais relève d'une période où vous traînez votre capital sans le faire travailler efficacement. En loupant des opportunités sectorielles qui ont progressé de 25 %, l'inflation pèse sur votre pouvoir d'achat réel. Détenir une ligne qui ne rapporte rien dans un portefeuille de 12 actions demeure gérable. Mais si cela concerne la moitié, vous allez galérer à obtenir des performances honorables.

Ce qui caractérise la dead money si spécieux, c'est qu'elle vous vend sans cesse l'espoir. L'action montre des signes de reprises, mais à chaque fois qu'elle arrive à proximité d'une résistance critique, elle est renvoyée à la case départ. Cette configuration de marché sous forme de long range peut durer aussi longtemps que vous pouviez l'imaginer. Et c'est pourquoi la majorité des investisseurs particuliers capitulent au pire des moments.

Des précédents historiques dans les dernières IPO

Même les meilleures actions du moment sont passées par cette terrible dead money, à l'image des Magnificient 7. Amazon, après un plus bas en octobre 2001 à la suite de l'éclatement de la bulle Internet, a mis plusieurs d'un an pour sortir de sa tendance baissière, ainsi qu'environ sept ans pour renouer avec les sommets de la bulle avant le démarrage du XXIème siècle. Le même propos vaut de même pour Apple. La marque à la pomme est sortie de sa dead money post-bulle Internet datant de près de quatre ans, puis a retrouvé l'équilibre au bout de cinq ans.

Alphabet a connu des premières semaines de cotation compliquées courant 2014, puis a subi rapidement une période de dead money avant d'en sortir mi-juillet 2015. Des cas de la période Covid comme Robinhood et Palantir Technologies avaient suscité un fort engouement lors de leurs premières semaines de cotation avant de tomber en disgrâce. Le premier a mangé son pain noir entre juin 2022 et février 2024 après une dégringolade des prix de plus de 90 %. Le second a dû digérer une convalescence des cours pendant un an en 2022-2023, pour ensuite reprendre une tendance haussière plus solide.

Comment et pourquoi elle émerge ? Les points clés à appliquer

Les IPO (ou introduction en Bourse), au-delà de l'engouement médiatique, sont en réalité une fenêtre ouverte pour les investisseurs de la première heure (fonds capital-risque, employés propriétaires de stock-options, banques d'affaires) dans la perspective de céder une partie de leurs titres, chose assez compréhensible après avoir un énorme risque pour accompagner la croissance de l'entreprise. Alors pourquoi une baisse systémique est une suite logique après une IPO ?

Premièrement, la demande surpasse largement l'offre. On constate une ascension fulgurante lors des premiers jours/semaines de cotation, la fameuse hype ou l'effet FOMO. Deuxièmement, c'est à ce moment que les premiers opportunistes prennent leurs gains. Ensuite, vient l'expiration du lock up pendant laquelle les investisseurs de la première heure vendent leurs titres avec une plus-value immédiate. Ces derniers profitent de la vague de liquidité apportée par les investisseurs particuliers, pour sortir dans de bonnes conditions de marché. L'euphorie médiatique post-IPO s'estompe.

Troisièmement, le schéma ci-dessus représente la dead money comme un tunnel soi-disant sans fin d'une durée entre un et quatre ans. Elle peut s'avérer énervante pour des investisseurs particuliers qui ne savent pas tenir leurs nerfs ou manquent de résilience. Au cours de cette période, les cours font du surplace, ce qui témoigne d'une absence de conviction acheteuse. De ce fait, le capital est investi pour rien. Les investisseurs avisés attendent sagement un réajustement des attentes financières du marché à la réalité fondamentale de l'entreprise pour se positionner, là où se trouve l'antichambre d'un investissement à fort potentiel.

Enfin, une convexité se produit après cette longue purge. Cela enclenche potentiellement les premières velléités acheteuses de la part des investisseurs institutionnels. À partir de là, les cours rebondissent soudainement grâce l'amélioration des fondamentaux de l'entreprise prouvant une croissance fiable. Ainsi, les point clés sont respectivement de ne pas courir après une IPO ou une star de la cote au risque de subir des années de frustration, laisser dormir votre capital pendant une longue période, ainsi que de ne pas tourner rapidement la page pour dénicher d'autres opportunités et compenser le potentiel manque à gagner.

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