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17/02/2024 08:36:49

SNCF, la grève de la honte


Les Français ont vendu leur voiture car on leur a dit qu’avoir une voiture, ce n’était pas propre ; ils ne doivent plus prendre l’avion pour partir en vacances parce qu’on leur dit que ça pollue la planète. Alors ils ont réservé des billets de train pour partir en vacances et… les trains sont supprimés. Bienvenue en France ! Choisir le train c’est agir pour la planète, nous dit la SNCF. Les Français sont contents, ils ont payé leurs billets, l’État au sens large a encore versé plus de 20 milliards de subventions l’an dernier, mais ils ne partiront pas. Treize académies de France, en pleines vacances scolaires, sont concernées.

Dans les médias on leur dit qu’ils vont recevoir des SMS ou des e-mails, mais ils ne reçoivent rien. Ils découvrent l’annulation sur l’application. Au 3635, difficile de joindre un conseiller avant vingt minutes d’attente. On leur dit qu’ils seront remboursés automatiquement à 100 % mais il faut faire la démarche, et c’est loin d’être clair. La SNCF s’engage à faire des tarifs de - 50 % à ceux qui ont eu des trains annulés ?

Ce n’est pas encore valable pour ceux qui ont déjà d’autres billets à prendre. Donc on attendra. Combien de temps d’attente pour ces - 50 % ? Nul ne sait. Bref, être pieds et poings liés à la SNCF pour les longs trajets ne peut pas être une option pour le futur, n’en déplaise à ceux qui défendent la suppression des navettes aériennes en métropole et des trajets sur autoroute.

L’histoire se répète. Les 24 et 25 décembre 2022, 200.000 voyageurs avaient été privés de train car les contrôleurs demandaient l’augmentation de leur prime de travail. Cette prime avait été augmentée de 60 euros brut par mois et les contrôleurs avaient obtenu, en plus, un « accord sur la cessation progressive d’activité » afin de partir plus tôt à la retraite (ouvert à 57 ans pour les générations avant 1973, 59 ans et 5 mois en moyenne effective) et une augmentation de salaire automatique tous les 4 ans.


«Les salaires sont déjà généreux»

De nouveau, nous sommes otages d’une grève menée par les contrôleurs SNCF qui demandent une augmentation de 150 à 200 euros brut par mois de leurs salaires et sa prise en compte dans le calcul de leur retraite. Le syndicat SUD-rail demande, lui, la revalorisation de la prime de travail de 500 euros brut par mois. Pourtant, Jean-Pierre Farandou, le patron de la SNCF, a souligné que les contrôleurs SNCF ont été augmentés de 20 % en moyenne sur les trois dernières années.

Et les salaires sont déjà généreux : le salaire avec primes d’un contrôleur en début de carrière est de 2900 euros brut (soit 2500 euros net environ) et de 4400 euros brut (soit 3500 euros net environ) en fin de carrière. Et si on ne connaît pas la retraite moyenne d’un contrôleur SNCF, on sait que les montants mensuels moyens bruts de droit direct étaient à la SNCF de 2115 euros en 2021 et que, cette année-là, les nouveaux retraités de droit direct touchaient 2385 euros par mois. Bien plus que la moyenne des pensions.

Des rémunérations et des pensions élevées aussi par rapport à l’étranger. Ainsi en Italie, d’après TF1, le salaire d’un contrôleur de train oscille entre 1560 et 2400 euros brut par mois. Notons surtout qu’une telle situation de blocage est impossible en Italie où le droit de grève dans les services publics essentiels est encadré depuis 2000 et où les transports doivent garantir un service complet de 6 heures par jour (et notamment sur les heures de pointe), un service de desserte des banlieues, des liaisons longue distance et un service pendant les vacances scolaires, les périodes d’élections et les fêtes (Noël, Pâques, etc.). Nous devrions en prendre de la graine.


Le groupe centriste du Sénat vient de déposer une proposition de loi pour instaurer des périodes de 15 jours maximum (dans un seuil de 60 jours par an) où le gouvernement pourrait interdire les grèves dans les services publics et les transports afin d’éviter les situations de blocage pendant les vacances scolaires… ou les Jeux olympiques par exemple. Une loi qui permettrait notamment de mettre fin au chantage des grèves de Noël. Depuis 2002, 14 mois de décembre ont connu des grèves SNCF…

Il est urgent de rationaliser le droit de grève dans les services et transports publics. Et d’allumer la lumière sur ce phénomène qui gâche la vie des « usagers ». Étrangement, il n’existe pas de données publiées sur les journées de grève, ni pour la fonction publique territoriale, ni pour la fonction publique hospitalière. En 2019, les agents de l’État regroupent 33,2 % des journées perdues pour fait de grève. Quand on y ajoute le secteur des transports, c’est encore pire : en 2019, l’État, la RATP et la SNCF se sont partagé 45 % des jours de grève du pays.

Une surreprésentation du secteur public et des transports rendue possible par un détournement presque systématique des règles et un recours abusif des préavis de grève illimités. Ces préavis de grève illimités permettent, pour les adhérents du syndicat qui les a déposés, de se mettre en grève quand ils le souhaitent et contournent ainsi l’obligation de présenter un préavis 5 jours avant toute grève, ce qui rend complètement caduque la loi de 2007 sur le service minimum. Nous sommes en permanence à la merci de la prochaine grève. Et, incontestablement, un chantage aux Jeux olympiques est en cours de préparation chez nos cheminots maison que ce soit à la SNCF ou à la RATP. Comment expliquer autrement le choix de la CGT-RATP de déposer un préavis de grève courant du 5 février… au 9 septembre, soit le lendemain de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques ?

Pourtant, des mesures exceptionnelles ont déjà été actées pour la période des Jeux pour le personnel du secteur. On évoque le rachat des RTT majoré de 25 % à 40 % pour la période et une indemnité de 50 euros brut (environ 30 euros net) versée aux agents de la SNCF actifs « par jour d’épreuves » olympiques. Sur 19 jours de JO, cela représente environ 570 euros net. À cela devrait s’ajouter une indemnité journalière de gardes d’enfants, le renforcement du comité d’entreprise (pour proposer plus de places en colonies de vacances) ou encore une indemnité de logement. Du côté de la RATP, les négociations sont encore en cours. Pas sûr que la SNCF et la RATP sachent nous faire préférer le train et les transports en commun quand chaque fois nous restons à quai.



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14/02/2024 11:59:15

APRÈS GO SPORT, GAP ET CAMAÏEU, AU TOUR DES GALERIES LAFAYETTE: LA CHUTE DE L'EMPIRE OHAYON


Le tribunal de commerce de Bordeaux examine mercredi le plan de continuation d'activité des magasins Galeries Lafayette en province, propriété de l'homme d'affaires Michel Ohayon. Une étape de plus dans le déclin de son empire.

Quel avenir pour les magasins Galeries Lafayette en régions, actuellement en procédure de sauvegarde? Le tribunal de commerce de Bordeaux examine mercredi le plan de continuation d'activité de la direction en place. C'est l'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon qui est l'actuel propriétaire de ces 26 magasins. C'est lui aussi qui avait racheté Camaïeu, Go Sport et Gap France. Des enseignes aujourd'hui liquidées et désormais il ne reste plus grand-chose de son empire.

L'ardoise se chiffre à 153 millions d'euros. 153 millions de passif pour les 25 magasins Galeries Lafayette en régions. La fermeture du 26ème, celui de Pau, est déjà actée. Le plan de continuité déposé par la société Hermione Retail prévoit un abandon de 70% des créances, et un échéancier sur dix ans pour le reste.

Mais les 850 salariés, des femmes à 85%, ne croient plus aux promesses de Michel Ohayon. L'intersyndicale a émis un avis défavorable sur le plan qui table sur une croissance de 11% de l'activité. Comment cela serait-il possible alors que les magasins ne cessent depuis quatre ans de perdre du chiffre d'affaires? Les représentants des salariés sont sceptiques et ont perdu toute confiance dans leur actionnaire.


Les précédents ne sont pas en sa faveur

Celui qui faisait le pari il y a cinq ans de redresser de nombreuses enseignes en difficulté a totalement échoué. Liquidation l'an dernier pour Camaïeu, acquis pour un euro symbolique à la barre du tribunal de commerce en 2020. Redressement judiciaire pour Go Sport, Gap France et la Grande Récré.

Des franchises qui ont toutes été reprises par des concurrents avec suppressions d'emplois à la clé. 50 des 72 magasins Go Sport vont bientôt passer sous la bannière d'Intersport qui les a rachetés et table sur un investissement de 60 millions d’euros sur cinq ans pour les rénover. Gap France a, lui, vu ses magasins tomber dans l’escarcelle de la société Spodis, qui appartient au britannique JD Sports.

Avec son expérience dans le commerce, beaucoup voyaient en Michel Ohayon l'homme de la situation pour redresser des enseignes en perte de vitesse. Fiasco total.


Épinglé pour mauvaise gestion

La crise sanitaire et la baisse du pouvoir d'achat n'ont certes pas aidé le secteur du prêt-à-porter, mais Michel Ohayon est épinglé aussi pour sa mauvaise gestion et d'étranges montages comptables entre plusieurs de ses filiales. De l'argent de Go Sport aurait servi à financer les salaires du personnel de Camaïeu par exemple. Go Sport encore qui aurait racheté l'enseigne Gap Frace pour 38 millions d'euros via la société-mère Hermione People and Brands.

Autant d'opérations que les cabinets d'experts mandatés ont bien du mal à justifier. Même la holding, la Financière immobilière bordelaise, qui chapeaute au total plus de 150 sociétés, des hôtels, de l'immobilier, des écoles de commerce… est en difficulté financière. Désormais le nom de Michel Ohayon est souligné en rouge à Bercy, et son empire essentiellement construit sur de la dette attaqué de toute part.

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14/02/2024 09:31:45

Les diamants ne sont plus les meilleurs amis des femme

« Diamonds are the girl’s best friends », chantait Marilyn Monroe. Mais rien n’est éternel ! Selon le géant sud-africain De Beers, la reprise du marché mondial du diamant s’annonce lente et progressive, a relaté Bloomberg, car l'industrie continue de souffrir de la faible croissance économique dans des marchés clés tels que la Chine et les États-Unis, mais pas seulement.

Le secteur s'est presque complètement arrêté au second semestre l’an dernier quand De Beers et le russe Alrosa PJSC - les deux plus grands exploitants miniers - ont pratiquement interrompu leurs livraisons dans une tentative désespérée d'enrayer l'effondrement des prix (jusqu’à 35% pour les pierres brutes) et que les acteurs indiens, constituant le principal pôle de taille et de commerce, ont eux aussi pratiquement arrêté d’importer des pierres.

Mais la stratégie n’a que partiellement fonctionnée, car si ces efforts ont permis au marché de se redresser quelque peu, il est difficile de savoir quel est l'appétit actuel des acheteurs.

« Nous considérons 2024 comme une année de reprise », a ainsi déclaré Al Cook, le directeur général du numéro un mondial, lors d'une interview accordée à Bloomberg TV au Cap, même si, « nous nous attendons à ce que la reprise de la demande de diamants soit progressive plutôt que soudaine », a-t-il expliqué.


Du synthétique sinon rien

Le secteur a été l'un des grands gagnants de la pandémie, les consommateurs coincés à la maison s'étant tournés vers les bijoux en diamant et d'autres achats de luxe, mais la demande s'est rapidement affaiblie avec la réouverture des économies. De nombreux professionnels se sont ainsi retrouvés avec des stocks excédentaires qu'ils avaient payés trop cher.

La situation s’est encore dégradée avec l’envolée de l’inflation aux Etats-Unis, une zone importante pour le marché des diamants, sans parler des effets de la crise immobilière chinoise et du ralentissement économique dans l’empire du milieu qui ont ébranlé la confiance des consommateurs.

Mais il ne s’agit là, presque, que d’éléments conjoncturels quand d’autres tendances pourraient peser à bien plus long terme encore : la baisse des mariages en Chine (et donc moins de bagues de fiançailles) et l’envolée des diamants synthétiques. Produits en laboratoire ils sont présentés comme une alternative plus responsable en matière d’origine, ne risquant pas d’être tachés de sang, tout en offrant l’avantage d’un prix moins élevé.



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13/02/2024 09:05:56

Cyberattaques des mutuelles Viamedis et Almerys : le casse-tête des opticiens pour assurer le tiers payant


Pour les opticiens, impossible de transmettre les dossiers de leurs clients et donc, d'assurer le tiers payant.


Face à certains clients qui repoussent leurs dépenses de santé, les professionnels tentent de trouver des solutions, par exemple en mettant «de côté les montures» ou en proposant le paiement différé.

Les professionnels de santé, en particulier les opticiens, subissent de plein fouet les répercussions des récentes cyberattaques ayant visé des opérateurs de tiers payant. La semaine dernière, Viamedis et Almerys ont été contraints de stopper momentanément leurs activités à la suite de fuites de données, provoquant une réaction en chaîne. Pour les opticiens, impossible de transmettre les dossiers de leurs clients et donc, d’assurer le tiers payant. Avec par conséquent l’obligation pour les clients d’avancer les frais.

«La trésorerie est mise à mal», relève Angélique Subery, opticienne Atol dans la région rennaise. «On met de côté les montures des clients en attendant que ça se débloque», ajoute la professionnelle. Même constat dans les magasins Optic 2000, «avec des dossiers qui sont mis de côté» et des «opticiens qui ne peuvent pas être facturés», déplore Benoît Jaubert, directeur général du groupe. S’il assure «qu’il n’y a pas d’inquiétude pour le moment», il «reste très vigilant» sur l’évolution de la situation.


Un «appel d’air» à prévoir

Côté clients, ces déconvenues «les freinent dans leurs démarches d’achat», observe Angélique Subery. «Beaucoup de Français comptent sur le tiers payant pour accéder aux équipements», souligne, de son côté, Hugues Verdier-Davioud, président de la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF). Au total, plus de 33 millions d’assurés sont concernés par ces cyberattaques, selon la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Pour éviter l’arrêt de leur activité, certains opticiens proposent le paiement différé, «mais tous ne peuvent pas se le permettre», précise Hugues Verdier-Davioud.

Pour Benoît Jaubert, directeur général d’Optic 2000, un «appel d’air» est à prévoir lorsque la situation sera revenue à la normale. Si Almerys ne donne aucune nouvelle sur son site, Viamedis a rouvert le sien ce lundi, à 13h. Le groupe assure que sa plateforme «sera accessible du mardi 13 au samedi 17 février de 9h à 18h» et que «le service de gestion du tiers payant est désormais rétabli». «Les rattrapages de paiement sont en cours et peuvent prendre quelques jours avant d’arriver sur votre compte bancaire», affirme l’entreprise.


«Un système universel serait plus simple»

Selon la Cnil, les données subtilisées lors des cyberattaques de Viamedis et Almerys sont les suivantes : «l'état civil, la date de naissance et le numéro de sécurité sociale, le nom de l'assureur santé ainsi que les garanties du contrat souscrit». Autant d’éléments qui permettent aux pirates d’usurper l’identité des assurés. Une enquête préliminaire a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Paris qui craint «l’une des fuites de données les plus massives observées en France».


Pour les professionnels de santé, cet épisode doit permettre «de se poser les bonnes questions» et de s’interroger sur les échanges de données des clients, indique Benoît Jaubert. Hugues Verdier-Davioud, de la FNOF, milite depuis plusieurs mois pour l’instauration d’un «système de traçabilité par blockchain qui permet de tracer le produit commandé par l’opticien et de savoir s’il s’agit bien du produit fabriqué par le verrier et facturé au client». «C’est neutre, indépendant et ça protège les données de santé», assure-t-il, regrettant le refus des plateformes de complémentaires santé.


Les opticiens ne sont pas les seuls à réclamer un nouveau système de transmission de données, à l’instar des audioprothésistes. Brice Jantzem, président du syndicat de la profession, observe une situation «assez proche de ce qu’il se passe en optique». «Un système universel serait plus simple plutôt que de multiplier les acteurs. On a d’un côté les caisses de Sécurité sociale et de l’autre plein de systèmes qui s’empilent», pointe-t-il. Une situation complexe pour les patients, qui se retrouvent souvent pris au piège des méandres de l’administration.

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09/02/2024 08:44:33

Cyberattaque : ces bons réflexes à avoir après le vol de données de 33 millions de Français

"C'est la plus grosse faille de sécurité en France", s'alarme Yann Padova, jeudi sur franceinfo, alors que plus de 33 millions de personnes sont touchées en France par un vol de données massif à des gestionnaires du tiers payant.


Etat civil, numéro de sécurité sociale, informations sur la mutuelle, mais pas les informations bancaires ou médicales... Une enquête a été ouverte par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) après un vol de données massif dans le secteur des complémentaires santé : plus de 33 millions de personnes sont touchées. "C'est la première fois qu'il y a violation d'une telle ampleur", a assuré jeudi 8 février sur franceinfo l'avocat spécialiste de la protection des données numériques et ancien secrétaire général de la Cnil, Yann Padova.

Les données volées via ces plateformes regroupent des états civils, des dates de naissance, des numéros de Sécurité sociale, le nom de l'assureur santé et les garanties du contrat souscrit, mais pas d'informations bancaires ou de données médicales, précise la Cnil. Pas de numéros de téléphone ou de mails, non plus, ce qui réduit la valeur de ces données sur le marché noir, mais qui peut quand même faciliter par la suite des tentatives d’hameçonnage.

Selon Yann Padova, "c'est la plus grosse faille de sécurité en France". "Le risque pour les personnes est assez important, notamment les escroqueries, le phishing par exemple, ou l'usurpation d'identité", a-t-il alerté.


Vigilance au moment d'ouvrir un mail

Deux opérateurs différents ont en fait été visés par une cyberattaque, à cinq jours d'intervalle. Ce ne sont pas des mutuelles directement, mais deux opérateurs chargés de gérer pour elles le tiers payant, qui ont subi fin janvier une attaque informatique : Viamedis (détenue notamment par les complémentaires Malakoff Humanis et Vyv) et Almerys. Ce qui ajoute une "difficulté" supplémentaire aux yeux de l'avocat spécialiste de la protection des données numériques, car les assurés ne peuvent pas savoir s'ils sont concernés ou non par ces fuites de données. Les deux sociétés servent d'intermédiaires entre les complémentaires et les professionnels de santé.

"Si vous trouvez qu'il y a un mail curieux qui vous est arrivé et qui a l'air de venir de votre mutuelle alors appelez-la."

"Votre première démarche doit être d'appeler votre mutuelle ou votre complémentaire pour savoir si elles étaient en relation avec ces deux entreprises qui ont fait l'objet de la faille de sécurité", conseille Yann Padova. Il précise que les entreprises "ont l'obligation en droit européen d'informer les personnes" et appelle à faire preuve "de vigilance et de précaution" au moment d'ouvrir un mail notamment.

La Cnil appelle les deux plateformes à informer rapidement les assurés touchés, et ces derniers à être prudents, en cas de futures sollicitations pour des remboursements de frais de santé.

Message complété le 10/02/2024 08:49:42 par son auteur.

Le parquet de Paris a annoncé vendredi 9 février l'ouverture d'une enquête sur les récentes cyberattaques subies par deux opérateurs de tiers payant, Viamedis et Almerys, peut-être les plus massives recensées à ce jour en France. Cette fuite de données concerne plus de 33 millions de Français, selon les estimations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).
Viamedis (filiale des complémentaires santé Malakoff Humanis et Vyv) et Almerys (groupe indépendant Be-Ys) sont des opérateurs de tiers payant pour le compte des assurances complémentaires de santé. Les plaintes déposées par les deux entreprises ont engendré l'ouverture d'une enquête préliminaire, a indiqué vendredi la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de la capitale, contactée par l'AFP.
Les investigations ont été confiées à la Brigade de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire. L'enquête porte sur les infractions d'atteinte à un système automatisé de données, de collecte frauduleuse de données à caractère personnel et recel d'un délit.

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02/02/2024 09:31:07

Catastrophes naturelles : l’irrémédiable envolée des cotisations

Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, le 30 janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a glissé une petite phrase, parmi tant d’autres, qui a dû résonner très fort dans le petit monde de l’assurance : « Nous allons faire évoluer le régime des catastrophes naturelles pour éviter que les assureurs n’abandonnent des territoires. » Meurtri par les inondations, le Nord-Pas-de-Calais a été l’objet de son premier déplacement mi-janvier en tant que chef du gouvernement. Il a promis d’y revenir pour constater l’avancement des remises en état.

Une semaine avant cette prise de parole, Pascal Demurger, le directeur général de la MAIF, avouait, lors d’une plénière sur le climat organisée par le ministère de la Transition écologique, que le régime, déficitaire depuis 2016, connaît ses limites : « 2022, c’est trois fois une année moyenne en matière de coût des sinistres ! Il y a des zones dans lesquelles clairement les assureurs se sont déjà retirés, car elles sont très exposées au changement climatique. »


Hausse des tarifs dès 2025

En attendant, les assurés vont, de toute façon, devoir payer plus. Un arrêté publié en catimini fin décembre est venu augmenter la surprime Cat Nat, prévue dans les contrats multirisque auto et habitation. Elle passera de 12 à 20 % au 1er janvier 2025 sur les contrats d’assurance habitation et professionnels, et de 6 à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles. « Concrètement, pour le logement, un foyer paiera 40 euros en moyenne par an au lieu de 21 euros aujourd’hui, informe Olivier Moustacakis, cofondateur du comparateur Assurland.com. Tout le monde paye cette surprime, que vous soyez ou non exposé au risque. »

Elle est reversée pour moitié à la Caisse centrale de réassurance (CCR), qui épaule financièrement les assureurs en cas d’aléas climatiques importants. Cette dernière plaidait depuis longtemps pour une hausse de la surprime et souhaiterait qu’elle soit facilement modulable, ce qui n’a pas été accordé par le gouvernement. Un rapport sur l’assurabilité des risques climatiques doit bientôt être remis aux ministres de l’Economie, Bruno Le Maire, et de la Transition écologique, Christophe Béchu. Il pourrait bien révéler quelques (mauvaises) surprises pour les assurés.



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28/01/2024 14:03:38

Plus de 5 600 passagers, 365 mètres de long, 40 restaurants... "Icon of the Seas", le plus grand paquebot du monde, a pris la mer à Miami.

ps : Penser à éteindre le wifi.

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26/01/2024 15:13:26

Connaissez-vous Jérôme Garnache-Creuillot PDG d'Euro Plasma ?

Jérôme Garnache-Creuillot voulait recycler « proprement » des déchets industriels toxiques. La guerre en Ukraine en a décidé autrement


Nous sommes à l’été 2021. C’était il y a un siècle. L’épidémie de Covid s’éloigne tout juste et la planète n’est pas encore à feu et à sang. Il n’y a ni conflit en Ukraine, ni guerre en Israël. Ce jour-là, à la barre du tribunal de commerce, les juges entendent Jérôme Garnache- Creuillot raconter son projet avec emphase. Avec son groupe Europlasma, spécialisé dans l’économie verte, il veut reprendre les Forges de Tarbes et ses 20 salariés. La PME de métallurgie de précision est, certes, à deux doigts de la faillite. Mais ce drôle de patron qui leur fait surtout penser à un médaillé du concours Lépine défend avec fougue son projet de reprise du petit site industriel en déclin. Si on lui confie les « Forges », explique-t-il, il y fabriquera des torches à plasma. Lui et ses ingénieurs ont mis au point un procédé révolutionnaire consistant à détruire les déchets industriels toxiques et dangereux. Grâce à cette technologie, que son groupe commence à exporter en Chine et bientôt en Australie, où il a décroché un gros contrat, il va révolutionner l’environnement. Jusque-là, les résidus d’amiante, les crasses d’aluminium, le mercure et les cendres volantes étaient enterrés dans le sol. Désormais, grâce à sa torche et à la matière extraite de ses fours à plasma, les déchets toxiques de l’industrie pourront même servir au revêtement des routes. Le candidat repreneur a cependant une urgence : face à la demande, il a rapidement besoin d’une usine spécialisée en métallurgie de pointe et il n’y en a presque plus en France…

Pour quelques milliers d’euros symboliques, les juges valident le plan de reprise. De toute façon, il n’y a personne en face, et l’avenir de ces forges qui employaient jusqu’à 3 000 salariés dans les années 1980 semble bien sombre.


Après en avoir fait l’un des principaux arsenaux fournissant l’artillerie (il avait été installé en 1871 dans les Hautes-Pyrénées, au plus loin du Rhin, après la défaite contre l’Allemagne), l’État s’en est progressivement désengagé. Reprenant les Forges, Vallourec en a fait pendant quelques années l’un de ses centres de production de tuyaux pour l’industrie pétrolière offshore. Mais, depuis, le déclin est spectaculaire. Une partie des anciens bâtiments ont même été vendus à la découpe et transformés en club de sport, en bar, en boîte de nuit et en pizzeria. Quant aux ateliers, ils sont passés de repreneur en repreneur. Les Forges se sont notamment retrouvées dans le giron d’Altifort, qui a lui-même fait faillite.


De surprise en surprise.

Elles ont ensuite été confiées à un étrange personnage, Frank Supplisson. Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée (il a aussi été le directeur de cabinet d’Éric Besson au ministère de l’Immigration), spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, ce polytechnicien passé par l’ENA a récemment été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts (il a aussi été mis en examen pour escroquerie dans une autre affaire) et a préféré jeter l’éponge après avoir été chargé pendant quelques semaines de la restructuration des Forges de Tarbes.


Quand Jérôme Garnache- Creuillot met la main sur les Forges, il va de surprise en surprise : « Se promener dans les allées des hangars aux façades lézardées, c’était prendre la mesure du déclin industriel de la France. Un site industriel silencieux, c’est un peu comme un cimetière. Les salariés sortaient d’un conflit social majeur. Ils ne croyaient plus en eux-mêmes et n’avaient absolument pas confiance en nous, avec le sentiment d’avoir été bernés tant de fois… Plusieurs fois pendant cette période, le désespoir était tel que je me suis dit que nous nous étions trompés et qu’il fallait produire nos torches ailleurs. » Au moment de la reprise, Europlasma s’est engagé à investir 2 millions d’euros dans les ateliers. Coté en Bourse, le groupe reste néanmoins fragile. Pas question de le mettre en danger. Il y a pis : les produits de l’usine, qui ne réalise plus qu’un tout petit chiffre d’affaires, sont bourrés de défauts, par manque d’investissement depuis dix ans. Le temps de faire un audit général et de repenser les méthodes de production de A à Z, les cadres d’Europlasma cessent toute production.

En février 2022, quand la guerre éclate en Ukraine, Jérôme Garnache-Creuillot ne se sent pas plus concerné que ça. Lui qui se passionne pour l’environnement est toujours focalisé sur ses torches vertes. Alors, la bataille de Kiev et le Donbass… Et pourtant…


« C’est Vladimir Poutine qui a sauvé l’usine ! » s’exclame aujourd’hui en souriant le patron écolo. Dès le début de la guerre, le ministère de la Défense et Nexter, une entreprise leader de l’industrie de l’armement, contactent Jérôme Garnache-Creuillot. Héritage de leur ancien statut d’arsenal, les Forges de Tarbes produisent encore quelques milliers d’ébauchés d’obus, ces coques en acier ensuite remplies de poudre et d’un dispositif explosif. Avec les livraisons d’armes à l’Ukraine et les nouvelles menaces, il faut d’urgence reconstituer les stocks et redéployer la production d’obus. Et pas question de se fournir ailleurs qu’en France.


L’ancien banquier chez BPCE, qui a aussi passé quelques années en Afrique, ne fait pas la fine bouche. « Jusque-là, le monde militaire, c’était pour moi, fils d’instituteurs communistes, la grande inconnue, raconte Jérôme Garnache-Creuillot. Mais, même si les canons et les obus n’étaient pas du tout dans notre culture, la guerre en Ukraine était suffisamment juste pour que l’on devienne des écolos militaro-compatibles… On peut rêver de construire un monde propre. Pour ça, il faut d’abord un monde en paix. Et travailler pour la défense de la France et pour sa souveraineté, ce n’est pas du tout incompatible avec l’écologie. Au contraire ! »


Histoire. C’est en 1870 que commence la production de canons à balles à l’Arsenal (devenu les Forges) de Tarbes.

Reprise. Quand Jérôme Garnache- Creuillot met la main sur les Forges, en 2021, il va de surprise en surprise : « Se promener dans les allées des hangars aux façades lézardées, c’était prendre la mesure du déclin industriel de la France. Un site industriel silencieux, c’est un peu comme un cimetière. »

« Pots de fleurs ». Le voilà intarissable sur les presses et les tours qui usinent les pièces de métal destinées au front du Donbass, sur l’acier pur nécessaire à la production ainsi que sur les méthodes de cuisson à 1 200 degrés de ces « pots de fleurs » de 50 kilos, comme les poilus de 1914 surnommaient autrefois les culasses d’obus qu’ils ramassaient dans les tranchées avant de les rapporter chez eux pour orner une cheminée ou un guéridon.


Depuis deux ans, les Forges de Tarbes ont reçu la visite du ministre de la Défense et de nombreux officiers de premier rang, venus s’assurer que la France était encore capable de produire ses propres munitions et notamment les fameux obus de 155 millimètres, ceux qui sont destinés aux canons Caesar.


Le patron écolo s’arrête devant un LU 211, « la Rolls des obus », que la France conserve pour ses propres stocks. Un obus qui permet de tirer à 42 kilomètres avec 50 mètres carrés de précision après avoir été équipé de poudre et d’un dispositif secret réalisé par Nexter, qui, dès l’automne 2022, a commandé 30 000 pièces aux Forges de Tarbes. « Le produit fini vaut pas loin de 10 000 euros. Ici, ce sont les M107, ils sont plus basiques et valent de 2 000 à 4 000 euros. Ce sont ceux que l’on livre à l’Ukraine. » Il y a quelques semaines, Jérôme Garnache-Creuillot a finalisé un contrat de près de 500 000 obus sur plusieurs années avec Kiev et le ministère de la Défense. « Les Ukrainiens sont venus à Tarbes pour voir comment on travaillait, les salariés étaient assez fiers de voir que l’on recommençait à s’intéresser à leur savoir-faire. » Depuis le début du conflit, les Forges de Tarbes ont aussi reçu des Tchèques et plusieurs délégations de pays membres de l’Otan. « Tout le monde a besoin d’obus : l’Ukraine en tire de 5 000 à 7000 par jour, ce qui revient à près de 2 millions de pièces par an. Or les États-Unis n’en produisaient que 160 000 par an avant février 2022. »


Une ligne de crédit de 12 millions d’euros. Pour encourager la production, l’État a même ouvert une ligne de crédit de 12 millions d’euros, histoire de permettre à Europlasma d’investir et d’embaucher. La production est désormais organisée en trois-huit. Dans quelques semaines, l’usine devrait tourner sept jours sur sept et avoir multiplié par trois ses effectifs pour compter 60 salariés. Un regain d’activité qui n’est pas aisé à mettre en œuvre : les tensions sociales sont fréquentes, ce qui a provoqué plusieurs arrêts de travail. « La difficulté, c’est aujourd’hui de trouver des opérateurs compétents, souligne Anthony Cesbron, le directeur de l’usine, passé par l’industrie pharmaceutique. Il faut neuf mois pour former un fondeur qui sache traumatiser la matière comme nous le faisons. » Un défaut sur l’usinage de l’obus peut en effet entraîner des conséquences désastreuses. Chaque obus passe ainsi un « test de Brinell » destiné à tester sa résistance. Les pièces sont aussi numérotées une à une.


En attendant, la production des torches à plasma écolos est en stand-by. Le temps que la paix revienne en Ukraine.

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26/01/2024 10:34:22

Un groupe de hackers revendique une cyberattaque contre Subway


Subway victime d’une cyberattaque ? C’est ce que revendique le groupe LockBit. De son côté, la firme américaine fait savoir qu’elle vérifie les dires des cybercriminels. Une rançon a été demandée.

Nul n’est à l’abris d’une cyberattaque. Subway en a fait les frais le dimanche 21 janvier. LockBit, un groupe de cybercriminels, a revendiqué l’attaque contre la firme américaine, rapporte BFM TV, le 24 janvier 2024. Pour ce faire, il a inscrit le géant du sandwich sur sa liste des victimes sur le darknet. En outre, dans un billet de blog, LockBit affirme avoir réussi à profiter d’une faille de sécurité pour entrer dans la base de données de Subway. Le but de la manœuvre ? récupérer des informations financières sensibles.

Le groupe de cybercriminels se félicite d’avoir pu exfiltrer «leur système interne SUBS qui comprend des centaines de giga-octets de données et tous les aspects financiers de la franchise». Ces données concernent aussi bien «les salaires des employés, les paiements de redevances de franchise, les paiements de commissions de franchise principale» que les chiffres d'affaires des restaurants. À l’instar des autres affaires de vol de données, Subway se retrouve avec un ultimatum posé par LockBit. La chaîne de restauration rapide va devoir payer une rançon pour sécuriser ses données, sans quoi elles seront vendues.


Une date butoir pour payer la rançon

Pour ce qui est du montant de ladite rançon, Subway ou les cybercriminels n’ont pas communiqué dessus. Toutefois, d’après le média The Register, elle pourrait se chiffrer à plusieurs dizaines de millions de dollars. La firme américaine a jusqu’au 2 février pour payer, autrement LockBit mettra ses menaces à exécution. Le groupe de criminels accuse également Subway de dissimuler le vol de données. De son côté, l’entreprise a indiqué auprès de PCMag qu’elle réalisait un audit interne afin de vérifier «la validité de l’allégation».


En France, LockBit est bien connu. En effet, c’est ce même groupe de cybercriminels qui s’était attaqué à l’hôpital de Corbeil-Essonnes, en août 2023. Acteur majeur de la criminalité en ligne, LockBit s’en est également pris à Boeing, le géant de l’aviation, en fin d’année 2023. Le groupe avait orchestré un vol massif de données.

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22/01/2024 11:35:47

Les Sept Magnifiques… l’arbre qui cache la forêt


L’envolée boursière des Sept Magnifiques (Alphabet, Amazon, Apple, Meta Platforms, Microsoft, Nvidia et Tesla) restera comme le fait marquant de l’année boursière 2023. A elles seules, elles ont tiré Wall Street, et même les marchés mondiaux, avec une progression moyenne de 76%.

Ce que l’on sait moins, c’est que si l’on retire ces sept valeurs, la bourse américaine a été à la traîne par rapport à son homologue européenne. « Le marché actions, représenté par le ‘S&P 493’, a sous-performé le marché européen malgré un développement économique plus favorable », notent les experts de Lazard Frères Gestion. L’indice, privé de ses sept champions, n’a progressé que de 12% dividendes réinvestis l’an dernier, alors que le Stoxx 600 européen, exprimé en dollar, a frôlé les 20% de hausse.


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17/01/2024 15:19:55

LE BLOC-NOTES DE BERNARD-HENRI LÉVY

L’outrage fait à Delon


D’abord, il y a ce regard, qui illumine un visage stoïque et tendre. Ces yeux clairs, aquatiques, que je connais pour les avoir filmés. Ces yeux, ces larges yeux, aux clartés éternelles dont Baudelaire disait qu’ils appellent, repoussent et capturent les poètes. Delon est beau, irrémissiblement beau, parce qu’il a su faire œuvre de ces yeux, les prêter à Rocco et en faire l’allégorie, dans Le Guépard, de la noblesse et de sa déchéance, de son élégie longue et fatale. À côté d’un Burt Lancaster en vieux lion somptueux, il incarne l’énigme d’une beauté qui dure – âme ou visage, qu’importe ! – tant qu’il y a des yeux pour dire qu’on n’a jamais fait le tour du mystère de l’humain.


Ensuite, il y a ce génie d’acteur qui est tout autre chose, chez lui, qu’une vocation ou un métier. Aucun paradoxe du comédien, chez Delon. Aucune formule peinant à donner abri au fantôme d’un personnage. Et pas davantage, comme chez Belmondo, fils de sculpteur, et son éternel camarade, un art de l’ébauche, un modelage du rôle qui, touche après touche, réaliserait son dessin théâtral. Delon vit. Il est, immédiatement, celui qu’il lui est demandé d’habiter. Je ne dis pas, moi qui l’ai vu travailler, que c’est toujours à la première prise. Mais il y a un moment, avec lui, où c’est la prise et où, à l’instar de la madeleine que le narrateur de La Recherche s’obstine à grignoter pour en saisir toute la mémoire, la réitération serait une erreur. Instinct pur. Inspiration de félin. Delon est le vrai guépard.


Et puis il y a, bien sûr, l’ami, l’amant, le père qui parle peu. Ce taciturne magnifique que je vois, dans ses films comme dans la vie, telle une image mobile et silencieuse de ce que les mots, de toute façon, échouent à énoncer. Le Samouraï et les insondables noirceurs, non de l’âme, mais de l’existence. Monsieur Klein et le tragique d’un nom. Ses histoires de flics ou de voyous, taiseux comme des enfants perdus. Et toujours, en définitive, ces yeux trop clairs qui portent une question dont chaque film dit sa version, et l’échec de la réponse. Tout cela, comme l’infaillibilité chez les peintres, les musiciens ou les écrivains, n’a été donné qu’à quelques-uns. Delon est de ceux-là.


Mais voici que ce vrai guépard, devenu à son tour vieux lion, a décidé de se retirer dans la maison qu’il aime. Et ses enfants, dont je ne dirai rien sinon qu’ils ont tous, à leur façon, hérité de l’insaisissable grâce de leur père, se déchirent sous ses yeux et, ce qui est presque pire, sous les yeux carnassiers de la foule. Cet outrage est plus qu’une faute de goût. Plus qu’une de ces querelles d’héritage dont on nous répète ad nauseam qu’il en existe « dans toutes les familles ». On est au-delà de la société du spectacle et des « panem et circenses » dont se nourrit le gros animal social. C’est la vieille histoire du peuple devenu foule et hurlant qu’il veut sa livre de chair – sa part de la victoire de l’ignoble sur le noble, de la décomposition sur l’élégance, et de l’indiscrétion sur la vie intérieure et la pudeur.


Ainsi le vieux lion est-il jeté à la fosse, non pour y donner son coup de patte, mais pour y être dépecé. À côté des images du Ripley de Plein Soleil, qui étaient autant de passeports pour l’outre-tombe, nous sont jetées en pâture des photos de vieil homme affaibli qui disent, d’ailleurs, moins sa vieillesse que celle de l’époque. Et ainsi nous le dépeint-on comme un Œdipe à Colone de téléréalité qui, les yeux crevés, éteintes leurs clartés éternelles, errerait en quête d’une tombe, aux bras de sa fille et Antigone chérie. Cela est décidément trop abject, trop avilissant, trop sordide. Pour lui. Pour son œuvre. Pour sa dignité d’artiste et d’homme. Pour ses amis. Pour les témoins de son aventure incomparable. Mais aussi pour les jours que la vie lui décompte encore comme un présent et que les chiens ne semblent occupés qu’à lui retirer – comme s’il fallait lui faire payer d’avoir été, parfois, cinglant et grand.


Qu’Alain Delon vive ce moment de son histoire comme une inexpiable souillure ne dit pas, pour autant, son arrêt de mort. Il n’appartient à personne, n’est-ce pas, de savoir quand il mourra ? Ni s’il partira indigne ou digne, démasqué ou arc-bouté sur ses secrets, voué aux gémonies ou plus que jamais hors d’atteinte ? Si je devais faire un pari ce serait néanmoins celui-ci. Seul comme il l’a toujours été, depuis ce point de l’âme où les hommes conservent par-devers eux ce qui ne peut être vu de personne et leur offre un perpétuel sursis, il trouvera la force de sortir du bain de boue qu’on lui inflige, chaque soir, au fil d’un feuilleton cannibale.


Mais cela, encore une fois, n’est pas mon affaire, mais la sienne. Alors, ici, ce simple message adressé depuis le bord du volcan où nous sommes tous menacés par la lave aveugle du ressentiment et de la bassesse. Amitié, cher Alain. Fraternité. Puisse l’amour, si terriblement maladroit, de ceux qui vous entourent aider à ramener dans son lit cette crue d’égout qui vous submerge. Que les sortilèges du samouraï et la beauté des arbres de Douchy vous aident à demeurer le roc que vous n’avez jamais cessé d’être et à pardonner. Courage, Maestro. Les hommes de votre sorte vacillent, mais ne tombent pas.

👌👌👌👍👍👍



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12/01/2024 11:16:45

CES 2024:

"Mieux entendre et voir:"

Pour le "mieux entendre"

Lu quelque part... que des chercheurs chinois ont récemment mis au point une thérapie génique à partir de cellules souches, qui après traitement, a redonné une audition complète à des enfants atteints à la naissance de totale surdité....

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12/01/2024 09:32:37

CES 2024 : ces inventions vraiment utiles

Au milieu de gadgets souvent anecdotiques, le grand rendez-vous de l'électronique de Las Vegas abrite quelques pépites.


Sélection.

C'est ce qui fait à la fois le charme et le côté déjanté du grand rendez-vous de l'électronique de Las Vegas, qui fête ses 100 ans cette année. Il y a bien sûr les annonces parfois amusantes mais sans grand intérêt – allant du robot censé parler avec vos animaux de compagnie au fauteuil de massage pour pieds, en passant par les toilettes à commande vocale.

D'autres innovations se revendiquent à même de changer le monde, à l'instar du taxi volant à décollage vertical que souhaite ressusciter l'entreprise californienne Pivotal, des hologrammes plus vrais que nature mis au point par l'entreprise néerlandaise Holoconnects, ou encore des jeux vidéo qui s'appuient sur l'intelligence artificielle générative pour mettre au point des scénarios infinis comme en a fait la démonstration l'américain Nvidia.


Mieux entendre et voir

Et puis, parfois, au hasard des allées de ce salon grand comme 47 terrains de foot, on tombe sur des inventions qui s'appuient sur la science pour véritablement changer notre quotidien. Bonne nouvelle : certaines sont françaises. Ainsi de l'entreprise Pulse Audition qui utilise l'intelligence artificielle pour mettre au point des lunettes auditives : sa monture est équipée d'un micro et des haut-parleurs sont intégrés dans ses branches pour rehausser finement la voix des interlocuteurs.

Fondé à Sophia Antipolis par Manuel Pariente, normalien passé par l'Ircam, et Thibaud Moufle-Milot, ingénieur dans les biotechnologies, l'entreprise s'appuie sur des algorithmes de rehaussement de la parole. Ces derniers sont en effet capables d'identifier la personne à qui l'on parle pour rehausser uniquement sa voix. Ce dispositif, soutenu par l'Inria Startup Studio, permet de suivre des conversations dans des environnements bruyants tels que les rues animées, les grands magasins ou les fêtes. Le problème d'audition touche 430 millions de personnes dans le monde, dont moins de 20 % portent des implants auditifs.


De son côté, le casque mis au point par l'entreprise Lumen en Roumanie veut aider les personnes déficientes visuellement. « Nous voulons remplacer la canne blanche utilisée par les personnes malvoyantes en guidant ces dernières d'un retour haptique à gauche et à droite du casque, ce qui leur donne la direction où aller », explique une des créatrices de Lumen Elena Pop. L'équipe, qui a commencé en Roumanie, bénéficie du soutien du 3DExperience Lab, une structure d'accompagnement d'une soixantaine de start-up lancée par Dassault Systèmes. Ce dernier s'est d'ailleurs lancé dans une impressionnante reconstitution numérique du corps humain, sur laquelle nous reviendrons. Enfin, toujours dans la visualisation, Iridesense, start-up cocréée par l'ingénieur Éric Carreel, utilise le Lidar pour une détection à distance et une visualisation des composants chimiques : cela peut être très utile pour détecter la présence d'immeubles qui vont s'effondrer, par exemple.


Traitement d'image

Autre initiative, parrainée cette fois-ci par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), particulièrement doué dans la recherche appliquée : Neurocorgi, une puce à faible consommation d'énergie. « Ses capacités de reconnaissance et de traitement d'image de manière instantanée peuvent être très utiles pour la navigation de drones, pour le déplacement de robots dans une usine, dans la détection de maladies dans les cultures agricoles, ou encore dans le désherbage mécanique », explique Alexandre Valentian, chef de laboratoire à l'institut List du CEA.


Originalité : ce processeur, destiné à accélérer la puissance de réseaux de neurones artificiels, cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau humain. En effet, un des défis majeurs pour les applications d'intelligence artificielle réside dans le fait qu'elles doivent transmettre des données à des datacenters, parfois éloignés. Ce qui se traduit par une perte de temps et une consommation énergétique accrue.

Neurocorgi s'est donc inspiré du développement du cortex visuel humain. Ce dernier combine des couches fixes de neurones avec une capacité d'apprentissage. « Les premières couches du cortex visuel sont fixées très tôt dans l'enfance, et cela ne nous empêche pas de continuer à apprendre. Nous avons donc figé certaines fonctions de cette puce afin de lui permettre de mieux se concentrer sur d'autres tâches, à plus haute valeur ajoutée », explique le chercheur Alexandre Valentian. Résultat, cette puce électronique promet de traiter les demandes plus rapidement que les puces traditionnelles.


Marcher par la pensée

En mai 2023, une personne paraplégique a pu remarcher en pilotant ses jambes par la pensée. Cet homme, Gert-Jan, un Néerlandais de 40 ans, était devenu paraplégique à la suite d'un accident de vélo dix ans plus tôt. Aujourd'hui, il a retrouvé le contrôle naturel de ses jambes et marche en actionnant leur mouvement uniquement par la pensée.

Cette prouesse médicale a été rendue possible grâce notamment à une technologie développée par des chercheurs CEA au centre de recherche Clinatec, dans le cadre d'un essai clinique réalisé en collaboration entre le CEA, l'École polytechnique fédérale de Lausanne et le Centre hospitalier universitaire vaudois. Aujourd'hui testée sur des patients tétraplégiques ou paraplégiques, cette interface cerveau-ordinateur, qui s'appuie – comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus – sur un dispositif totalement implanté permettant l'enregistrement de l'activité cérébrale et des algorithmes d'intelligence artificielle, pourrait dans le futur être utilisée par des personnes avec des troubles de la communication ou des victimes d'un AVC.


Investir sur le long terme

Encourageant : cette innovation française, qui fait partie des applications favorites de Gary Shapiro, le président du CES, vient de recevoir un Innovation Awards du salon américain. « Cette visibilité pourrait permettre aux chercheurs d'élargir les applications cliniques et aux patients d'utiliser cette technologie dans leur vie quotidienne. Nous travaillons sur le temps long. Nous avons commencé à plancher sur l'interface cerveau-machine en 2008. Il faut donc prendre toutes les précautions d'usage et investir sur le long terme. C'est à ces conditions que l'on pourra améliorer la qualité de vie des patients », explique Guillaume Charvet, chef du programme interface cerveau-machine au CEA. Bref, si les inventions explosent à l'autre bout de la planète, la France a encore son mot à dire.

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08/01/2024 14:46:11

Chers enfants

Il est rare que les économistes et les gérants fassent dans la provocation. Dès lors, quand John Plassard, le directeur de Mirabaud, s’interroge sur le coût que représente un enfant pour ses parents, c’est que la question est majeure, voire urgente, dans un monde où l’obstination de l’inflation se juxtapose à la baisse de la natalité dans les pays développés et à ses conséquences en rafale sur l’économie, la productivité ou le financement des retraites. « Elever un ou plusieurs enfant a un coût très important », souligne Mirabaud dans une note publiée mi-décembre. Mais combien exactement ? Un peu plus de 4.000 dollars par an et par enfant en Espagne et en Italie, 5.000 dollars en France, 8.500 en Allemagne, 1.500 en Chine, 12.500 en Corée du Sud et .... plus de 18.200 dollars aux Etats-Unis. Selon la Brookings Institution, un groupe de réflexion économique, une famille américaine moyenne dépensera 310.605 $ pour élever un enfant né en 2015 jusqu’à ses 17 ans (soit jusqu’en 2032). La facture était de 233.610$ en 2017. Evidemment, il s’agit d’une moyenne à pondérer en fonction du logement, de l’alimentation, du mode de garde d’enfants et du type d’éducation, qui sont les principaux postes de dépenses, et du temps que les enfants resteront à la maison.


Prolongation de l’adolescence


A cette addition, objectivement salée, s'ajoute le coût du « travail gratuit » fourni par les parents, autrement dit les tâches domestiques et familiales et la fatigue physique et mentale liée. Ces coûts « pourraient inciter de nombreux futurs parents à attendre avant d’avoir des enfants ou à décider de ne pas en avoir du tout », souligne Mirabaud, avant de citer une enquête du Pew Research Center de 2021 indiquant de 44 % des non-parents en âge d’élever des enfants estiment peu probable d’en avoir un jour. C’est 7 points de plus qu’en 2018. A cela s’ajoute un changement de mentalité des membres de la génération Z, plus désireux d’avoir du « temps pour soi ». « La culture moderne facilite et encourage continuellement cette prolongation de l’adolescence, écrit Mirabaud. A notre époque matérialiste et centrée sur l’individu, la poursuite de désirs personnels et la découverte de soi sont souvent valorisées par-dessus tout, les liens traditionnels étant considérés comme des contraintes. » Une vie privée réussie, avec conjoint et enfants, est reléguée au rang des stéréotypes... ou à plus tard. Et tant pis pour ce que les enfants nous apportent, du bonheur, du sens, entre autres. Des notions difficilement quantifiables.



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05/01/2024 15:10:57

@ JD1976

C'est pas forcément si avantageux que cela car le risque de perte de tout ou partie importante du capital investi est élevé, sans compter le risque dilutif potentiel.

L'idée de base, c'est de faire converger de l'argent imposable vers les start-up et les licornes pour se substituer aux business-angel, et aux banquiers beaucoup plus regardant actuellement avec la hausse du loyer de l'argent.

Bref, si c'est le contribuable qui perd au final, c'est pas grave puisqu'il a voulu échapper à l'imposition par ce biais et donc il ne pourra pas se plaindre...

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05/01/2024 14:43:11

Impôts 2024 : jusqu’à 50% de réduction pour les particuliers qui investissent dans une entreprise innovante


L’article 48 de la loi de finances pour 2024 crée une nouvelle réduction d’impôt sur le revenu qui peut atteindre 50 000 euros. Une somme colossale mais bizarrement personne n’en parle. Zoom sur un dispositif fiscal avantageux passé inaperçu bien qu’accessible à tous les contribuables.

Publié le 05/01/2024


Pour les particuliers qui se sentent une âme de «business angel» et n’ont pas peur du risque, c’est le bon moment pour investir au capital d’une jeune PME qui innove. Inspiré largement des préconisations du rapport du député Paul Midy pour soutenir les start-ups et les PME innovantes, l’article 48 de la loi de finances pour 2024 entérine en effet la création d’une nouvelle réduction d’impôt sur le revenu (IR) pour ceux qui entrent au capital de telles entreprises entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028.

Une nouvelle réduction d’IR pour ceux qui misent sur une jeune entreprise innovante


Cette réduction d’IR sera accordée aux contribuables qui souscrivent en numéraire au capital d’une entreprise labellisée Jeune Entreprise Innovante dite JEI (PME de moins de 8 ans qui réalise des dépenses de recherche représentant au moins 15% de ses charges fiscalement déductibles) ou d’une Jeune Entreprise de Croissance dite JEC (dépenses de recherche comprises entre 5% et 15% des charges déductibles avec un fort potentiel de croissance dont les critères seront définis par décret). Les versements réalisés entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028 dans une JEI ou une JEC (ou dans une holding investissant dans de telles entreprises) ouvriront droit à une réduction d’impôts de 30% dans la limite annuelle de versement de 75.000€ pour un célibataire (150.000€ pour un couple).

Mieux encore, pour ceux qui investissent entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028 dans une JEI ou une JEC dont les dépenses de recherche représentent au moins 30% de ses charges, le cadeau fiscal sera de 50% dans une limite de versements de 50.000€ pour un célibataire et de 100 000€ pour un couple, soit une réduction d’impôt maximale de 50.000 euros. En revanche, Mieux, ces deux réductions d’IR sont hors plafonnement global des niches fiscales (10.000€ par an).

Ce nouveau dispositif fiscal spécifique aux entreprises innovantes s’ajoute au dispositif IR-PME dit Madelin déjà préexistant. Le taux de cette réduction d’impôt (accordée en contrepartie de la souscription au capital d’une PME non cotée en phase de démarrage ou d’expansion et d’entreprises solidaires, ou de la souscription de parts de FCPI ou de FIP) est en principe fixé à 18%. Après le feu vert de la Commission européenne, c’est un taux bonifié de 25% qui s’est appliqué aux versements réalisés entre le 10 août 2020 et le 31 décembre 2020, entre le 9 mai 2021 et le 31 décembre 2021, entre le 18 mars 2022 et le 31 décembre 2022 et enfin entre le 12 mars et le 31 décembre 2023.

Une nouvelle fois les investisseurs potentiels ont été tenus en haleine jusqu’à la dernière minute suspendus à une éventuelle prolongation de ce taux bonifié qui n’est finalement pas intervenue malgré un amendement du rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat Jean-François Husson pourtant soutenu par Bercy. C’est donc à nouveau le taux de 18% qui s’applique aux investissements dans une PME réalisés à partir du 1er janvier 2024.

Le taux bonifié de 25% a seulement été prolongé en 2024 et 2025 pour les versements au capital d’ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) et de foncières solidaires. Mais attention, il ne faut pas se précipiter, car il convient d’attendre l’aval de Bruxelles et la publication d’un décret pour que ce taux de 25% soit effectif. En attendant, c’est le taux de 18% qui prévaut.

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03/01/2024 15:55:13

-- Actuellement en train de se faire beau pour les Jeux olympiques de Paris avec une piste d'athlé violette et la 5G, le Stade de France cherche en même temps son nouveau concessionnaire ou propriétaire, les candidats vraiment intéressés doivent déposer leur offre mercredi.

L'Etat, propriétaire de cette enceinte sportive située à Saint-Denis (banlieue nord) a lancé en mars dernier deux procédures en parallèle: celle d'une vente et celle du renouvellement de concession. La concession actuelle octroyée en 1995 au consortium Vinci-Bouygues (deux tiers, un tiers) arrive en effet à échéance en juin 2025.

Initialement fixée mi-novembre, la date de remise des offres a été repoussée au 3 janvier.


Avant l'été, une première phase avait permis aux candidats intéressés de se manifester. C'est à ce moment que le propriétaire du PSG, le qatari Qatar Sports Investments (QSI), est sorti du bois officiellement. En bisbilles avec la mairie de Paris qui ne veut pas lui vendre le Parc des Princes, le PSG étudie le dossier "avec sérieux", selon une source proche du dossier, et va bien déposer une offre mercredi.

Depuis le début, cette candidature est vue par de nombreux observateurs comme une manière de mettre la pression sur la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) pour relancer les échanges sur le Parc des Princes.


- "Vinci en position de force" -

Les autres prétendants, pour un rachat ou une concession, restent silencieux. Dans cette procédure confidentielle, frappée du "secret des affaires", comme l'a rappelé mercredi la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, rien ne filtre. Depuis cet été, les candidats ont en mains le cahier des charges détaillé.

Le consortium Vinci-Bouygues est bien candidat pour la concession et la vente, selon plusieurs sources proches du dossier. "Vinci est en position de force pour négocier, mais l'Etat a toujours trouvé qu'ils étaient gourmands", relève un connaisseur.

Autre candidat à l'exploitation du Stade de France, selon plusieurs sources proches du dossier, l'entreprise d'évènementiel GL Events présidée par Olivier Ginon, considéré par certains comme proche de l'Elysée.

"C'est curieux car ce n'est pas le métier de GL Events, ils n'ont pas de stade", estime une source proche du dossier.

Pour constituer cette offre, GL Events est appuyé par "Paris Entertainment Company", l'ex-société anonyme d'exploitation SAE POPB détenue majoritairement par la ville de Paris (et pour la quasi-totalité du reste par la société américaine AEG, spécialisée dans l'organisation d'événements sportifs et musicaux), et qui exploite l'Accor Arena, le Bataclan, et la future Arena La Chapelle. Reste à savoir qui exactement sera dans le montage de l'offre déposée mercredi.


- Attribution en 2025 -

Autre mystère: comment vont s'intégrer les fédérations françaises de football et de rugby -- cette dernière vient d'annoncer un trou de 40 millions d'euros -- dans ce mécano alors qu'elles ont toujours trouvé leur accord avec le stade défavorable.

Les offres seront étudiées en 2024 et l'Etat fera ce qu'il veut, laissera ou non les deux procédures courir, choisira de traiter avec un candidat... L'attribution est prévue pour 2025.

Selon une source proche du dossier, le Stade de France vaudrait "entre 400 et 600 millions d'euros". L'Etat n'a donné aucune indication de prix, mais il est évalué à 647 millions (valeur brute) au titre des immobilisations corporelles dans les comptes de l'Etat 2021. D'après le consortium, son exploitation génère depuis 2013, un résultat "à l'équilibre ou légèrement bénéficiaire".

Quoi qu'il en soit, le candidat qui l'emportera devra réaliser un important programme de travaux car l'enceinte est seulement "ripolinée" en vue des JO de 2024.

L'Etat se creuse les méninges depuis des années et a empilé les rapports pour savoir comment exploiter au mieux cette enceinte de 80.000 places, 25 ans après y avoir sacré championne du monde de foot l'équipe de France de Zidane et Deschamps.

"On va regarder les mérites des différents dossiers, les mérites économiques, techniques, l'insertion dans le territoire (...)", s'est borné à commenter Amélie Oudéa-Castéra mercredi sur France 2.

Il faut dire que depuis la signature à la va-vite du contrat initial de concession, entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1995, ce stade a coûté cher à l'État, en compensations financières et frais d'avocats. La Cour des comptes a calculé en 2018 que le stade et les infrastructures associées ont représenté au total quelque 778 millions de dépenses publiques.



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31/12/2023 11:53:28

Le monde se prépare à entrer en 2024


Des foules de fêtards se préparent à faire leurs adieux à la turbulente année 2023, la plus chaude jamais enregistrée, marquée par l'essor de intelligence artificielle, la crise climatique et les sanglantes guerres à Gaza et en Ukraine.

La population mondiale ? qui dépasse aujourd'hui les huit milliards ? s'apprête à commencer la nouvelle année, avec l'espoir de mettre un terme au coût élevé de la vie et aux conflits mondiaux.

A Sydney, autoproclamée "capitale mondiale du Nouvel An", plus d'un million de fêtards sont attendus sur l'estran de la ville, malgré une météo inhabituellement froide et humide.

Huit tonnes de feux d'artifice célèbreront, avec éclat, 2024 qui, pour la moitié de la population mondiale, sera une année d'élections cruciales. Ce sera aussi une année olympique, avec les Jeux accueillis l'été prochain à Paris.

Au cours des 12 derniers mois, le monde a été submergé par la vague rose de la "Barbie mania", a connu une prolifération d'outils d'intelligence artificielle sans précédent et la première greffe mondiale d'un oeil entier.

L'Inde est devenue le pays le plus peuplé au monde, ravissant le titre à la Chine. Elle a également été le premier pays à poser un engin spatial dans la région inexplorée du pôle Sud de la Lune.

L'année 2023 fut également l'année la plus chaude depuis le début des relevés en 1880, avec une série de désastres climatiques qui ont frappé la planète, du Pakistan à la Corne de l'Afrique en passant par le bassin amazonien.

Mais surtout, 2023 restera marquée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre ? et par les implacables représailles d'Israël.


La fin de la guerre

Les Nations unies estiment que près de deux millions d'habitants de Gaza ont été déplacés depuis le début du siège imposé par Israël, soit environ 85 % de la population.

Dans la ville de Gaza, réduite à l'état de ruines, il ne reste guère d'endroits pour célébrer le Nouvel an.

"Ce fut une année noire et pleine de tragédies", a déclaré Abed Akkawi, qui a fui la ville avec sa femme et ses trois enfants.

Cet homme de 37 ans, qui vit désormais dans un camp des Nations unies à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, raconte avoir perdu son frère mais il s'accroche à de maigres espoirs pour 2024. "Si Dieu le veut, cette guerre prendra fin, la nouvelle année sera meilleure et nous pourrons retourner dans nos maisons et les reconstruire, ou juste vivre dans une tente sur les décombres", confie-t-il à l'AFP.


En Ukraine, où l'invasion russe approche de son deuxième anniversaire, défi et espoir dominent malgré une nouvelle attaque russe.

"Victoire ! Nous l'attendons et pensons que l'Ukraine va gagner", déclare Tetiana Chostka tandis que les sirènes annonçant un raid aérien retentissent à Kiev. "Nous aurons tout ce que nous voulons si l'Ukraine est libre, sans Russie", ajoute cet homme de 42 ans.


D'importantes élections

Certains, dans la Russie de Vladimir Poutine, sont las du conflit. "Au cours de la nouvelle année, j'aimerais que la guerre prenne fin, qu'il y ait un nouveau président et un retour à la vie normale", explique Zoya Karpova, décoratrice de théâtre de 55 ans et résidente de Moscou.

M. Poutine est le dirigeant russe qui aura passé le plus temps au pouvoir depuis Joseph Staline et son nom figurera à nouveau sur les bulletins de vote dans les élections de mars. Rares sont ceux qui croient à ce que le vote soit totalement libre et équitable, ou ceux qui s'attendent à ce qu'il perde.


Outre les élections russes, plus de quatre milliards de personnes au total seront appelées aux urnes notamment au Royaume-Uni, dans l'Union européenne, en Inde, en Indonésie, au Mexique, en Afrique du Sud, au Venezuela et bien sûr aux Etats-Unis, où le démocrate Joe Biden, 81 ans, et le républicain Donald Trump, 77 ans, entendent s'affronter une nouvelle fois en novembre prochain.


Président sortant, M. Biden a parfois montré des signes d'un âge avancé et même certains de ses partisans s'inquiètent des conséquences d'un nouveau mandat.


Quant à Donald Trump, confronté à plusieurs inculpations et dont au moins trois de ses procès sont censés débuter en 2024 avant la présidentielle, rien dans l'immédiat ne l'empêche de faire campagne...


☞ Bonne fin d'année à tous ! A l'annnée prochaine ! 👋


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30/12/2023 09:38:23


C’est peut-être la seule donnée sur laquelle les économistes n’ont aucun doute – mais aucune prise non plus : en 2024, le risque numéro un pour l’économie sera… la géopolitique. Les suites de la guerre menée par la Russie en Ukraine, l’extension éventuelle du conflit entre Israël et le Hamas, la poursuite ou non des troubles en mer Rouge pèseront dans les équations économiques. A quoi il faut ajouter la série de scrutins majeurs qui rythmeront le calendrier. « L’an prochain, 60 % du PIB mondial seront concernés par des élections, et aucune région ne sera épargnée », relèvent ainsi les économistes d’Allianz Trade.

Si les élections européennes, en juin, occupent déjà les esprits, il faudra aussi compter avec les législatives en Inde et au Royaume-Uni. Mais surtout, deux présidentielles pourraient avoir des conséquences déterminantes pour le reste du monde : celle de Taïwan, en janvier, puis en novembre l’élection suprême aux Etats-Unis. « Ces incertitudes politiques pourraient figer les ménages et les entreprises dans l’attentisme, au risque d’une année sans élan », analyse Ludovic Subran, chef économiste d’Allianz. De plus, de nouveaux virages politiques, comme celui marqué par l’arrivée du populiste Javier Milei en Argentine en décembre, ne sont pas exclus dans certains pays.


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23/12/2023 14:52:55

JO de Paris : chronique d’un désastre annoncé. ???

Une ville en état de siège, des transports en commun saturés… Pour faire de Paris une fête, il faut d’urgence revenir aux réalités.


Les JO de Paris 2024 rassembleront 15 000 athlètes et 20 000 journalistes et se dérouleront devant 15 millions de spectateurs et 4 milliards de téléspectateurs. Ils constituent pour la France une occasion unique de restaurer son image et son influence, abîmées par son décrochage économique, sa faillite financière, son impuissance devant la contamination de la violence et son isolement diplomatique. Le sport est en effet devenu un instrument privilégié de projection de puissance, comme le Qatar en a fait la démonstration avec la Coupe du monde de football. Et les Jeux olympiques sont l'événement le plus médiatisé de la planète.

Mais la France n'a pas droit à l'erreur. Les Jeux peuvent symboliser le renouveau ou la liberté retrouvée d'un pays, comme ce fut le cas à Barcelone en 1992 pour la transition démocratique de l'Espagne. Il arrive aussi qu'ils incarnent la corruption – comme à Rio en 2016 – ou les bulles financières – comme à Athènes en 2004 –, qu'ils basculent dans la tragédie – comme lors de la prise d'otages des athlètes israéliens à Munich en 1972 – ou qu'ils figurent l'ascension des régimes autoritaires et la course à la guerre – comme à Berlin en 1936.

Or les Jeux de Paris s'inscrivent dans un contexte international qui rappelle les années 1930, en parfaite opposition avec les valeurs de l'olympisme : l'amitié, le respect et l'excellence. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a ramené la guerre de haute intensité en Europe et ouvert une grande confrontation entre régimes autoritaires et démocraties qui fragmente le monde en blocs. La violence s'est émancipée des institutions et des règles qui s'efforçaient de l'encadrer, de l'Ukraine au Proche-Orient en passant par l'Arménie ou le Myanmar.

Seule une nation forte et unie, sûre de son histoire et de ses principes, pourrait ériger l'esprit olympique en antidote à la barbarie qui gagne la planète. Mais la France, pour l'heure, prend le chemin opposé. La préparation des Jeux est placée sous le signe de la maxime « Tardius, Inferius, Impotentius » (plus lent, plus bas, plus faible), aux antipodes de la devise olympique « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Elle se caractérise par un grand écart entre des ambitions démesurées et des performances consternantes. La situation du sport français, miné par les scandales et gangrené par une violence extrême dont le football est devenu l'étendard, est emblématique non seulement d'une impréparation générale mais également d'un profond mépris pour l'esprit olympique, pour les athlètes et pour les spectateurs.

La faille majeure concerne la sécurité, qui oscille entre l'amateurisme et la tentation autoritaire. Face à la multiplication des conflits armés – dont la guerre à Gaza, qui trouve des prolongements immédiats dans la société française –, face à la recrudescence des attentats djihadistes et à la fin de tout contrôle de la criminalité, face à l'incapacité d'endiguer la violence autour des stades, la cérémonie d'ouverture, qui entend faire défiler 10 000 athlètes sur 116 bateaux sur 6 kilomètres le long de la Seine devant 600 000 spectateurs, apparaît comme un pari aussi irresponsable. La solution choisie, qui consiste à transformer Paris en camp retranché, quadrillé par un Big Brother numérique, et à faire en sorte qu'une large partie du public soit en réalité composée de policiers et de militaires, est digne d'une démocrature.


Paris, une ville éventrée, insalubre et dangereuse

La situation des transports est tout aussi catastrophique. La candidature française a prétendu assurer la mobilité de 15 millions de spectateurs uniquement par les transports en commun en prohibant la voiture, y compris sur les 13 sites de petite et moyenne couronne. Mais aucun des projets d'infrastructure (CDG Express, Eole, lignes 16 et 17 du métro) ne sera livré, pas plus que les matériels roulants d'Alstom, qui affiche un retard de plus de trois ans pour le RER B et de dix ans pour le métro de Lille. La seule mesure correctrice à la pénurie de l'offre de transports collectifs a consisté à doubler leur prix, avec un ticket de métro à 4 euros, un carnet à 32 euros et un passe Paris 2024 à 72 euros. Il en va de même pour l'hébergement avec une explosion des tarifs pour des services très dégradés.

La situation de Paris, censé être la vitrine de la France, est pour sa part critique. La ville est éventrée, insalubre et dangereuse. Elle demeure de très loin la capitale la plus sale d'Europe. Elle est totalement embolisée et hors d'état d'accueillir des millions de visiteurs alors que la vie de ses habitants est devenue infernale et que l'insécurité est endémique.

L'accumulation des retards et des incohérences a naturellement un coût. Le principe selon lequel les Jeux étaient censés financer les Jeux relève de la grande illusion. Comme à l'accoutumée, seul le CIO s'enrichira sans compter. Le coût final dépassera 10 milliards d'euros contre un budget initial de 6,2 milliards. L'État, déjà surendetté, s'est engagé à prendre en charge les dépassements. L'investissement est pour le moins risqué, puisque les retombées pour l'économie française sont estimées entre 6 et 10 milliards d'euros.

On doit changer les équipes qui perdent ou tout au moins modifier leur stratégie et leur mentalité. Il est encore temps de repenser les JO de Paris pour les réussir au lieu de poursuivre la chronique d'un désastre annoncé. Sortons du déni autour de l'ensauvagement du monde et imaginons une cérémonie d'ouverture compatible avec les contraintes de sécurité qui ne mette pas Paris en état de siège. Prenons acte de la défaillance des transports en commun et autorisons les voitures, particulièrement pour les sites difficiles d'accès comme Versailles ou la base nautique de Vaires-sur-Marne.


Arrêtons le saccage de Paris et investissons dans la propreté et la sécurité. Renonçons aux comportements prédateurs, et concentrons-nous sur la qualité de l'accueil des athlètes et des spectateurs. Il est encore temps de faire de Paris une fête et des Jeux une magnifique occasion de découvrir la France, voire un laboratoire pour son redressement. Mais à une condition : revenir aux réalités, au bon sens et à la raison.

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