(ABC Bourse) - Plongé dans une crise profonde, le groupe Brandt, fleuron français de l’électroménager, a été placé en redressement judiciaire le 1ᵉʳ octobre 2025, visant à stabiliser ses finances et à attirer un investisseur.

Une audience s’est tenue le 1ᵉʳ octobre au tribunal des activités économiques de Nanterre. À l’issue de cette audience, le tribunal a prononcé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, au bénéfice du Groupe Brandt et de Brandt France. Le groupe, employant environ 750 personnes en France, est en quête d’un “partenaire” capable de soutenir ses besoins financiers et de relancer son activité. Depuis plusieurs mois, il “a engagé … une recherche très active de partenaire pour accompagner le développement de l’entreprise, répondre au besoin de financement de son activité et de ses échéances bancaires, et faire face à la conjoncture de marché extrêmement difficile”. Le recours au redressement judiciaire permet de poursuivre l’exploitation, de geler les dettes et d’accélérer l’arrivée d’un investisseur ou repreneur.
Un secteur en tension qui pèse sur Brandt
Après une baisse déjà enregistrée en 2023, le marché du gros électroménager a continué de reculer en 2024, de l’ordre de -3,9 %, pénalisé notamment par la crise immobilière : l’achat d’appareils de cuisine est souvent lié à un déménagement ou à un projet immobilier, rappelle le bilan du Gifam.
Le groupe Brandt, au-delà de sa marque éponyme, produit sous les labels Vedette, Sauter et De Dietrich. Il dispose de quatre usines en France : deux sites en Centre-Val de Loire (Orléans et Vendôme) spécialisés dans la cuisson, et deux unités en région parisienne (Saint-Ouen, Rueil-Malmaison).
Quels enjeux et scénarios pour l’avenir ?
L’ouverture de la procédure à la demande du groupe permet de geler les dettes et de préserver l’activité pendant la recherche d’un partenaire. Un porte-parole assure que “il y a plusieurs pistes assez sérieuses à l’étude, qui sont bien engagées”, et considère cette procédure comme un levier pour “donner un coup d’accélérateur à cette recherche”.
Propriété du groupe algérien Cevital depuis 2014, Brandt a mené “depuis trois ans … un gros travail” visant à retrouver la rentabilité en restructurant son offre et en conquérant des marchés extérieurs. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires s’élève à 260 millions d’euros, répartis à hauteur de 70 % en France et 30 % en Europe.
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Plusieurs scénarios restent ouverts : un rachat partiel ou global, l’entrée d’un investisseur stratégique ou industriel, la filialisation de certaines activités, ou une consolidation avec d’autres acteurs du secteur. L’avenir de l’entreprise dépendra d’une combinaison entre locomotive financière, repositionnement industriel et redressement du marché.
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