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Petrole Brent (baril en $)

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Actualité publiée le 02/03/26 07:48

Conflit au Moyen-Orient : le baril de pétrole bondit de 13 % et dépasse les 80 dollar

(ABC Bourse) - Après des frappes contre l’Iran, les marchés pétroliers s’affolent. Le Brent dépasse 80 dollars et le trafic dans le détroit d’Ormuz vacille, faisant planer le spectre d’une nouvelle flambée durable des prix.

Le baril de pétrole s’emballe. En quelques heures, les marchés ont basculé, propulsant les cours au plus haut depuis des mois. Lundi, à l’ouverture, le Brent a bondi jusqu’à dépasser les 80 dollars, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient après des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

Vers 23H15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s’envolait de 9,90 % à 80,16 dollars, après avoir ouvert en hausse de 13 %. Le West Texas Intermediate (WTI) progressait de 8,25 % à 72,55 dollars. En toile de fond, la crainte d’un choc durable sur l’offre mondiale de brut, alors que le transport maritime via le détroit d’Ormuz se retrouve fortement perturbé.

Détroit d’Ormuz, le point névralgique qui affole les marchés pétroliers

Le Brent, référence internationale, avait déjà intégré une prime de risque géopolitique et évoluait à plus de 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d’année. L’embrasement régional change la donne.

Par le détroit d’Ormuz transitent environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Chaque jour, près de 21 millions de barils de brut et de produits pétroliers y circulent. Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, rappelle : "Le facteur le plus pertinent pour le marché pétrolier est la quantité de pétrole produite dans la région et la situation détroit d'Ormuz, par lequel transitent quotidiennement environ 21 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers".

Après l’attaque de deux navires au large des Émirats arabes unis et d’Oman, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez, a appelé les compagnies à "éviter" la région. Le détroit n’est pas totalement fermé, quelques navires chinois et iraniens y auraient circulé selon Kpler, mais le trafic est désormais quasi-impossible. Les assurances flambent et plusieurs compagnies maritimes suspendent leurs passages.

Vers un baril à 100 dollars, la crainte d’un choc durable

Des alternatives existent. Selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, des "infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de pétrole brut".

Les pays importateurs disposent théoriquement de réserves. Les membres de l’OCDE doivent maintenir 90 jours de stocks de pétrole. Pourtant, dans ce climat, l’hypothèse d’un baril au-delà de 100 dollars n’est pas écartée.

Dimanche, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’Opep+ ont relevé leurs quotas de production de 206.000 barils par jour pour avril, un volume supérieur aux anticipations. Charu Chanana, de Saxo Markets, prévient : "Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d'itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole brut et du fret à un niveau élevé".

Elle ajoute : "l'ensemble de la région du Golfe étant touché, la dissipation de cette prime de risque géopolitique pourrait prendre du temps, compte tenu notamment du rôle central de la région dans l'approvisionnement énergétique mondial". Et souligne que "l'Iran a également tout intérêt à utiliser les marchés de l'énergie pour exercer une pression économique".

Pour Michelle Brouhard, analyste chez Kpler, "Le talon d'Achille du (président américain Donald) Trump, ce sont les prix élevés du pétrole". Dans un contexte électoral et inflationniste, chaque dollar supplémentaire sur le baril pourrait peser bien au-delà des marchés financiers.

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