
(ABC Bourse) - Difficile de s’y retrouver dans un contexte international sous tension. Pourtant, en France, les taux de crédit immobilier restent étonnamment stables depuis le début de l’année 2026, autour de 3,22 % en moyenne. Une accalmie qui concerne aussi bien les prêts sur 15 ans que sur 20 ou 25 ans, malgré les inquiétudes liées au conflit au Moyen-Orient.
Dans le détail, le taux moyen sur 20 ans atteignait 3,23 % en mars, au même niveau que février, et devrait légèrement progresser à 3,26 % en avril. Sur 15 ans, il s’établit à 3,07 %, contre 3,38 % sur 25 ans. Une évolution modérée, confirmée par l’Observatoire Crédit Logement CSA, qui n’anticipe pas de flambée brutale dans les prochains mois.
Hausse des taux immobiliers, un impact concret sur votre budget
Cette relative stabilité ne signifie pas que le coût du crédit reste figé. Une hausse même limitée peut rapidement peser sur le budget des ménages. Baptiste Capron, directeur général de SeLoger, alerte sur ses conséquences très concrètes : "C’est de l’ordre de 0,2 à 0,3 %. Pour un Français, en termes de pouvoir d’achat sur un prêt de 200.000 euros, cela représente environ 13.000 euros supplémentaires sur 25 ans".
Pour les banques, le crédit immobilier reste un levier stratégique. Il agit comme un "produit d’appel" pour attirer de nouveaux clients, quitte à être proposé à perte. Un mécanisme qui contribue à maintenir les taux à un niveau encore jugé accessible.
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Le contraste est d’ailleurs frappant avec les décennies précédentes. "le taux d’emprunt lors du premier choc pétrolier était de l’ordre de 14 %", rappelle Baptiste Capron, soulignant à quel point les conditions actuelles restent favorables malgré la remontée récente.
Crédit immobilier, des conditions qui se durcissent pour les emprunteurs
Derrière ces taux relativement contenus, un autre phénomène inquiète : le ralentissement du marché. Au premier trimestre 2026, la production de crédits n’a progressé que de 0,8 %, loin des 31,1 % enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025. Dans l’ancien, la tendance est même négative, avec un recul de 2,3 %.
L’apport personnel devient aussi un facteur déterminant. Il a augmenté de 3,2 % sur la même période, ce qui pénalise particulièrement les ménages les plus modestes et les moins de 35 ans. Un obstacle supplémentaire alors que les conditions d’accès au crédit restent encadrées par la Banque de France.
Et la suite pourrait être moins clémente. Sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse de l’OAT à 10 ans, les taux immobiliers pourraient atteindre 3,55 % d’ici fin 2026, puis frôler les 4 % à l’horizon 2027.
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