
Les valeurs du secteur de la biotech s'inscrivent en nette baisse vendredi matin à la Bourse de Paris, pénalisées par un regain d'aversion pour le risque des investisseurs après la débâcle de la tech à Wall Street.
En repli de 11%, à 10,18 euros vers 10h30, le titre Genfit est particulièrement affecté par ce vaste mouvement de défiance. La biotech spécialisée dans les maladies rares du foie a vu ses revenus reculer de 7,1%, à 36,4 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année.
Cette baisse masque toutefois une montée en puissance des redevances versées par Ipsen sur la commercialisation de l'Iqirvo, qui constitue désormais la principale source de revenu de Genfit.
L'Iqirvo est un traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP), une maladie du foie chronique et auto-immune.
Le groupe a par ailleurs indiqué disposer d'une trésorerie de 95,6 millions d'euros fin septembre, un montant jugé plus que suffisant pour couvrir ses besoins de financement en 2027 et 2028.
Un point positif balayé vendredi par des investisseurs enclins à prendre une partie de leurs bénéfices sur un titre qui enregistrait à la clôture de jeudi une progression de 171% depuis le début de l'année.
+ La biotech victime du retour de l'aversion au risque +
Les valeurs du secteur de la biotechnologie, considérées comme des actifs spéculatifs, sont traditionnellement parmi les plus exposées au retour de l'aversion au risque et à la "fuite vers la qualité" des investisseurs.
Ainsi, dans le sillage de Genfit, Valneva perd 3,1%, Abivax cède 2,9%, Inventiva recule de 2,5% tandis que Nanobiotix lâche 1,9%.
A Wall Street, l'indice de référence des biotech cotées, le Nasdaq Biotechnology Index (NBI), a chuté jeudi de 4,9% dans le sillage de tech américaine.
Ce mouvement de défiance pourrait également être renforcé par les craintes suscitées par la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat. Avec un Congrès à leur main, les démocrates pourraient durcir la réglementation sur les prix des médicaments et imposer des mécanismes d'approbation plus stricts de la part de l'autorité sanitaire américaine, la Food & Drug Administration (FDA).
Agefi-Dow Jones The financial newswire
