(ABC Bourse) - La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran bouleverse les marchés de l'énergie. En quelques jours, le prix du pétrole s'est envolé, alimenté par les craintes sur les routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient.

Le marché pétrolier s'enflamme à mesure que le conflit s'intensifie au Moyen-Orient. Ce jeudi 5 mars, alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran entre dans son sixième jour, les prix du brut poursuivent leur ascension. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, grimpe de 3,1 % pour atteindre 83,9 dollars.
La hausse s'inscrit dans une dynamique déjà spectaculaire. Depuis le début de la semaine, le Brent a progressé de 12 %, tandis que le baril de WTI s'établit à 77,2 dollars sur le Nymex, en hausse de 3,4 %. Derrière ces chiffres, un facteur domine : l'escalade militaire qui secoue l'ensemble du Moyen-Orient et menace les flux énergétiques mondiaux.
Guerre en Iran, pourquoi les marchés pétroliers s'affolent
Les marchés de l'énergie redoutent un conflit durable. Les tensions militaires perturbent déjà la production et le transport de pétrole et de gaz dans la région, un pilier de l'approvisionnement mondial.
Le président américain Donald Trump a affirmé sa confiance dans la campagne militaire. Plus tôt dans la semaine, Washington s'est engagé à fournir une escorte navale aux navires exportant pétrole et gaz depuis le Moyen-Orient afin de limiter les perturbations sur les marchés.
Malgré ces garanties, l'accalmie n'a été que brève. La guerre continue de peser sur les infrastructures et les routes maritimes stratégiques, ce qui entretient la nervosité des investisseurs et des compagnies énergétiques.
Le détroit d'Ormuz au cœur de la tension énergétique mondiale
La principale inquiétude se concentre sur le détroit d'Ormuz, un passage essentiel pour le transport mondial de pétrole et de gaz. Selon le corps des Gardiens de la Révolution islamique iranienne, la marine nationale aurait désormais le "contrôle complet" de ce corridor maritime stratégique, menaçant les navires qui tenteraient de l'emprunter.
Les données de suivi des navires compilées par Bloomberg montrent une chute spectaculaire du trafic dans la zone. Le passage de pétroliers a reculé de plus de 95 %, les principaux transporteurs évitant désormais cette route. Les quelques navires encore en circulation quittent la région avec leurs transpondeurs désactivés, une pratique fréquente dans les zones de conflit.
Dans ce contexte, plusieurs grandes économies commencent déjà à prendre des mesures. Pékin a ordonné aux principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de diesel et d'essence afin de préserver l'approvisionnement intérieur. Au Japon, les raffineurs ont demandé au gouvernement d'utiliser les réserves stratégiques de pétrole.
Pour les analystes, le risque d'une nouvelle flambée des prix reste élevé. Priyanka Sachdeva, analyste de marché senior chez Phillip Nova, avertit : "Si nous constatons ne serait-ce qu'une nouvelle attaque réussie contre un pétrolier ou une infrastructure, ou une perturbation prolongée, les prix pourraient de nouveau s'envoler".
© AbcBourse.com. Tous droits réservés
