(ABC Bourse) - Le groupe de luxe Kering subit une lourde sanction à la Bourse de Paris ce vendredi 23 octobre. En cause, les nouvelles difficultés commerciales de Gucci, dont les résultats trimestriels déçoivent les investisseurs malgré les efforts engagés pour relancer la marque.

La journée tourne mal pour Kering à la Bourse de Paris. Ce vendredi 23 octobre 2026, le géant français du luxe voit son action dégringoler de plus de 11%, au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels. Les ventes de Gucci, sa marque phare, continuent de reculer, tandis que la fréquentation de ses boutiques reste insuffisante pour soutenir son activité.
Vers 9h20 heure de Paris, le titre Kering abandonne précisément 11% à 189 euros. Au même moment, le CAC 40 ne cède que 0,3 %. Un écart considérable qui traduit la réaction des investisseurs aux performances du groupe, toujours confronté aux difficultés de Gucci, dont dépend environ la moitié de son résultat opérationnel.
Kering plonge en Bourse, les ventes de Gucci continuent de décevoir
Les derniers chiffres publiés par Kering n'ont pas suffi à rassurer les marchés. Au troisième trimestre 2026, Gucci a réalisé un chiffre d'affaires de 1,29 milliard d'euros. La maison italienne enregistre une nouvelle baisse de ses ventes, alors que le groupe cherche à relancer son activité commerciale.
À l'échelle de Kering, le chiffre d'affaires a reculé de 1 % à données comparables. Cette évolution intervient dans un environnement difficile pour Gucci, dont les magasins continuent de souffrir d'une fréquentation trop faible.
La situation de la marque italienne occupe une place centrale dans les préoccupations des investisseurs. Gucci représente environ la moitié du résultat opérationnel de Kering, ce qui donne à ses performances un poids particulièrement important dans les résultats du groupe français.
Les analystes de JP Morgan identifient plusieurs facteurs derrière ces difficultés. Ils évoquent un environnement général défavorable, mais aussi un nombre limité de lancements de nouveaux produits au cours du trimestre. À cela s'ajoute une base de comparaison plus exigeante, qui complique la lecture des performances commerciales.
Gucci peine à convaincre, JP Morgan et Jefferies restent prudents
Pour JP Morgan, les résultats du troisième trimestre ne permettent pas encore de constater une véritable amélioration de la situation commerciale de Gucci. Le renouvellement de l'offre de produits, pourtant engagé pour soutenir les ventes, n'a pas encore produit les effets attendus.
Dans une note consacrée aux résultats du groupe, le courtier estime que "Compte tenu du recul enregistré par Gucci au cours du trimestre, rien n'indique pour l'instant que l'accélération du renouvellement de la gamme soit en train de marquer un tournant".
Cette appréciation intervient alors que Gucci tente de redonner de l'élan à ses collections. Le faible nombre de nouveautés commercialisées pendant le trimestre figure précisément parmi les éléments relevés par JP Morgan pour expliquer les résultats de la maison.
Les analystes de Jefferies constatent également que les efforts entrepris n'ont pas suffi à compenser la dégradation de l'environnement commercial. Leur diagnostic souligne le décalage entre les avancées réalisées et l'évolution de la demande.
Ils indiquent que "Des progrès sont réalisés (..) mais la demande globale s'est détériorée au troisième trimestre".
Cette faiblesse de la demande, associée aux difficultés persistantes de fréquentation des boutiques Gucci, accompagne la forte baisse du titre Kering à Paris. À 191 euros, l'action affiche un recul de 10,2 % lors des premiers échanges observés vendredi matin, bien supérieur à celui de l'indice CAC 40.
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