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Actualité publiée le 23/10/26 16:45

Kering: Gucci met la patience des investisseurs à rude épreuve

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Les investisseurs savaient que le redressement de Gucci, et donc de Kering, prendrait du temps. Après un troisième trimestre marqué par les ventes décevantes de la griffe florentine dans ses magasins détenus en propre, en particulier en Chine, ils vont devoir se montrer encore plus patients qu'ils ne l'imaginaient jusque-là.

Vers 16h25, l'action du groupe de luxe chutait de 16,90% à 177,42 euros, soit le repli le plus important de l'indice CAC 40.

Gucci rechute 

Si les revenus de Kering ont reculé de 1% en données comparables, à 3,345 milliards d'euros au troisième trimestre dans "un contexte macroéconomique plus difficile", sa performance est globalement conforme aux attentes.

Mais l'essentiel se joue du côté de Gucci qui, pesant encore près de 60% du résultat opérationnel courant du groupe en 2025, fait ou défait les publications de la maison mère. La maison a vu ses ventes reculer de 6% en organique, à 1,29 milliard d'euros, après un repli de 2% au deuxième trimestre et une baisse de 8% au premier trimestre. Ce recul dépasse de 60 points de base celui attendu par le consensus compilé par Kering, signale Bernstein, la griffe florentine ayant été pénalisée par une base de comparaison défavorable de 11 points de pourcentage et par un effet de nouveauté moins marqué qu'au deuxième trimestre.

La Chine laisse Gucci en plan

Les analystes mettent en cause la baisse de 9% des revenus des magasins détenus en propre par Gucci contre un repli attendu de 6%. Cette activité est plus rentable que les ventes en gros, qui ont en revanche bondi de 45%. "Le trafic [la fréquentation des magasins, ndlr] reste une préoccupation majeure dans toutes les régions, la Chine continentale constituant notre principal vent contraire. Cela dit, le taux de conversion, le panier moyen et le prix moyen ont continué de s'améliorer", a expliqué la directrice financière, Armelle Poulou, lors de la conférence avec les analystes.

"Il y a encore beaucoup de travail à faire en Chine", a-t-elle reconnu lors d'une conférence de presse téléphonique, indiquant que le plan Chine est directement piloté par Luca de Meo. Armelle Poulou a précisé que ce plan prévoit notamment "un management local qui ait plus de pouvoir de décision" en raison des "spécificités" de cette géographie, mais également "pour une question d'agilité et de vitesse d'adaptation." "C'est aussi très important qu'on ait une communication qui soit appropriée pour la clientèle chinoise et avec de plus en plus de contenus qui seront créés par et pour cette clientèle", a ajouté la directrice financière.

La dure loi du désir 

S'agissant de ses perspectives pour 2026, Kering vise toujours une amélioration de sa marge opérationnelle courante "soutenue par les mesures d'efficacité en cours". Le groupe n'anticipe cependant plus d'amélioration de la marge au second semestre par rapport au premier où elle s'était élevée à 12,8%, précisent les analystes. Il ne prévoit plus non plus de retour à la croissance cette année.

Soulignant que Kering se concentre sur ce qu'il peut contrôler, soit le résultat opérationnel courant, Bernstein se dit désormais moins optimiste quant à la possibilité d'un redressement rapide. UBS abonde dans ce sens: la banque suisse juge que l'absence de progrès significatifs dans le redressement de la croissance chez Gucci remet en question tant les prévisions du consensus d'une croissance du bénéfice par action d'environ 50% en 2027 que la valorisation actuelle.

Pour JPMorgan, les progrès réalisés pour améliorer la désirabilité de la marque n'en sont encore qu'à leurs tout débuts, et le chemin menant à une inflexion positive reste long à ce stade. RBC juge pour sa part que le redressement de Gucci devrait être évalué à l'aune des résultats du quatrième trimestre, qui devraient bénéficier d'un meilleur renouvellement de produits (Gucci Core).

"L'objectif de la prochaine collection, qui arrive, comme vous l'avez mentionné, au quatrième trimestre, sera d'élargir l'attrait de la collection. Elle introduira davantage de vêtements de tous les jours et devrait trouver un écho plus large auprès de notre clientèle", a indiqué la directrice financière, Armelle Poulou, lors de la conférence avec les analystes.

Le quatrième trimestre fera donc figure de test pour Gucci. Et pour la patience des investisseurs.

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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