
Le groupe de luxe Kering a dévoilé mardi soir un recul trimestriel plus faible que prévu des ventes de Gucci et une amélioration de sa rentabilité opérationnelle courante au premier semestre
Le bénéfice net part du groupe s'est établi à 189 millions d'euros au premier semestre, contre 474 millions d'euros, un an plus tôt à la même époque. Le résultat opérationnel courant (ROC) est stable, à 921 millions d'euros, dépassant le consensus compilé par la société s'élevant à 865 millions d'euros.
Kering affiche une marge opérationnelle courante de 12,8%, en amélioration de 40 points de base (0,40 point de pourcentage) sur un an.
Kering a bénéficié d'une baisse de ses charges opérationnelles. Elles "ont reculé de 5% au premier semestre grâce notamment à la réduction des coûts fixes", a précisé la directrice financière, Armelle Poulou, lors d'une conférence de presse téléphonique.
Le chiffre d'affaires du groupe contrôlé par François-Henri Pinault s'est inscrit à 7,22 milliards d'euros pour la première partie de l'année, contre 7,44 milliards d'euros à la même période de 2025.
Les revenus ont ainsi baissé de 3% en données publiées, mais ils ont progressé de 1% à données comparables, soit à taux de change et périmètre constants. Ce dernier indicateur est particulièrement suivi par les analystes. Le chiffre d'affaires a enregistré une croissance organique de 2% pour le seul deuxième trimestre après s'est stabilisé au premier trimestre. Il était attendu en augmentation de 1,4% en données comparables, selon le consensus fourni par Kering.
+ Amélioration séquentielle pour Gucci +
Gucci, qui a représenté environ 59% du résultat opérationnel courant du groupe en 2025, a vu ses ventes reculer de 5% en organique, à près de 2,8 milliards d'euros au premier semestre. Elles ont baissé de 2% en organique au deuxième trimestre après un repli de 8% en organique sur les trois premiers mois de 2026, sachant que le consensus compilé par Kering s'élevait à -4,7% entre avril et juin. "La montée en puissance des nouvelles collections a permis de renforcer la visibilité de la marque, l'engagement des clients et la bonne dynamique commerciale" a expliqué le groupe dans un communiqué.
"Gucci a connu une amélioration séquentielle dans toutes les régions, portée principalement par l'Amérique du Nord", a déclaré la directrice financière, Armelle Poulou à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique, précisant que la marque italienne avait enregistré une croissance organique de 9% dans cette dernière zone.
"Le premier semestre 2026 marque un point d'inflexion pour Kering. Après un premier trimestre stable, le groupe est revenu à la croissance au deuxième trimestre, une première en 12 trimestres qui s'accompagne par ailleurs d'une amélioration de la profitabilité. Ces résultats ressortent au-dessus des attentes du marché, tant pour le chiffre d'affaires que pour le résultat opérationnel courant, et cela est vrai surtout pour Gucci", a ajouté Armelle Poulou.
"A l'échelle du groupe, nous constatons les premiers signes tangibles de progrès en matière de désirabilité des marques, de dynamique commerciale et de performance opérationnelle", a pour sa part déclaré le directeur général, Luca de Meo cité dans un communiqué.
Kering a enregistré 84 fermetures nettes au premier semestre, soit une réduction de 5% de son réseau de boutiques par rapport au 31 décembre 2025, sur un objectif d'environ 100 fermetures nettes pour l'ensemble de l'exercice.
S'agissant de ses perspectives pour 2026, l'objectif de Kering "demeure de renouer avec la croissance et d'améliorer les marges", a rappelé le groupe dans un communiqué où il met également en avant "un environnement géopolitique et macroéconomique qui demeure incertain".
Le groupe de luxe avait dévoilé en avril son nouveau plan stratégique, baptisé "ReconKering", qui doit permettre au groupe de retrouver sa place au sein de l'élite du luxe mondial. A moyen terme, il vise un doublement de sa marge opérationnelle par rapport aux 11% de 2025, ainsi qu'un retour sur capitaux employés (ROCE) supérieur à 20%. Il entend par ailleurs distribuer chaque année environ 50% du bénéfice net aux actionnaires.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
