
(ABC Bourse) - Le géant français du luxe Kering a publié ses résultats du premier trimestre 2026 mardi 14 avril, révélant une situation plus nuancée qu’il n’y paraît. Malgré un recul de ses ventes en données publiées, le groupe dirigé par Luca de Meo parvient à stabiliser son activité en organique, dans un contexte marqué par les difficultés persistantes de Gucci et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires s’établit à 3,57 milliards d’euros, contre 3,81 milliards un an plus tôt. Une baisse de 6% en données publiées, mais une performance stable à taux de change et périmètre constants, un indicateur particulièrement scruté par les analystes dans un secteur du luxe en pleine recomposition.
Gucci et le Moyen-Orient freinent encore la dynamique de Kering
Le principal point de fragilité reste Gucci, pilier historique du groupe. La maison italienne enregistre un recul de 8% de ses ventes en organique, à 1,35 milliard d’euros, un niveau inférieur aux attentes du marché. Si l’Amérique du Nord affiche une progression de 8%, cela ne suffit pas à compenser les replis observés en Europe de l’Ouest et en Asie-Pacifique.
À cette situation s’ajoute un facteur externe majeur. La région Moyen-Orient, traditionnellement dynamique, a vu ses ventes chuter de 11% sur le trimestre. La directrice financière Armelle Poulou précise : "La baisse des ventes au Moyen-Orient a eu un impact d'un point sur la performance du trimestre".
Ce recul intervient alors même que la région avait bien commencé l’année, soulignant l’impact brutal des tensions géopolitiques sur la consommation de produits de luxe et les flux touristiques internationaux.
Joaillerie et lunettes, les moteurs inattendus de la croissance
Face à ces vents contraires, Kering peut compter sur d’autres segments en forte progression. La division joaillerie, qui regroupe notamment Boucheron et Pomellato, affiche une croissance spectaculaire de 22% à données comparables, atteignant 269 millions d’euros.
Même tendance du côté de Kering Eyewear, dont les ventes progressent de 7% en organique à 489 millions d’euros, signant le meilleur trimestre de son histoire. Ces performances viennent compenser en partie les difficultés de la division mode et maroquinerie, en repli de 3% à données comparables.
Dans ce contexte, le directeur général Luca de Meo insiste sur les premiers signes encourageants du redressement : "Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires du groupe s'est stabilisé, marquant une première étape significative dans sa trajectoire de redressement, ainsi qu'une nouvelle amélioration séquentielle. Dans un environnement géopolitique qui demeure incertain, cette performance reflète les premiers effets tangibles de nos actions. La dynamique de croissance a concerné la quasi-totalité de nos maisons, avec une contribution particulièrement forte de la joaillerie".
© AbcBourse.com. Tous droits réservés
