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Actualité publiée le 03/08/26 09:23

PER en 2026, les deux changements de règles que personne n'a vus passer

per 2026

La loi de finances pour 2026 a modifié trois paramètres du plan d'épargne retraite. Un seul a fait les titres, celui qui met fin à la déductibilité des versements après 70 ans.

Les deux autres sont passés sous le radar. L'un vous donne deux années supplémentaires pour rattraper vos plafonds non consommés. L'autre alourdit la fiscalité de sortie de votre PER, sans toucher à celle de l'assurance vie.

Pris ensemble, ces changements ne remettent pas en cause l'intérêt du dispositif. Ils déplacent en revanche deux choses, le moment où il devient rentable de verser et le placement dans lequel il vaut mieux loger ses gains.

Le changement dont tout le monde a parlé

Commençons par écarter celui que vous connaissez déjà.

Depuis le 1er janvier 2026, tout versement volontaire effectué sur un PER à partir du soixante-dixième anniversaire du titulaire perd sa déductibilité du revenu imposable. La mesure vise l'ensemble des contrats, individuels, collectifs et obligatoires.

L'intention du législateur est explicite. Le PER servait à certains contribuables âgés d'outil de transmission plutôt que de préparation à la retraite, avec une déduction à l'entrée et un abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire à la sortie. Cette porte se referme.

Les versements antérieurs au soixante-dixième anniversaire conservent intégralement leur régime. Le changement ne vaut que pour l'avenir.

Premier angle mort, le report des plafonds passe de trois à cinq ans

Voici la mesure la moins commentée et la plus utile.

Votre plafond de déduction annuel correspond à 10 % de vos revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Avec un PASS relevé à 48 060 € au 1er janvier 2026, la déduction maximale d'un salarié atteint 37 680 € pour l'année, avec un plancher de 4 710 € pour ceux dont les revenus sont faibles ou nuls. Les travailleurs non salariés disposent d'une majoration qui porte leur plafond au-delà de 88 000 €.

Jusqu'ici, la fraction non utilisée d'un plafond se reportait sur les trois années suivantes. Elle se reporte désormais sur cinq. Deux années de rattrapage supplémentaires, sans changer les montants.

L'effet est considérable pour deux profils. Les indépendants dont les revenus varient fortement d'un exercice à l'autre peuvent lisser leurs versements sur un cycle complet d'activité plutôt que de perdre des plafonds les mauvaises années. Et toute personne qui n'a jamais épargné pour sa retraite peut désormais mobiliser cinq années de plafonds cumulés d'un seul coup.

C'est le point qui change concrètement la décision d'ouvrir un PER cette année plutôt que l'an prochain. Un cadre de 45 ans qui n'a jamais versé dispose potentiellement de plafonds accumulés représentant plusieurs dizaines de milliers d'euros de déduction, mobilisables sur un seul exercice. Encore faut-il un contrat qui accepte des versements de ce montant sans frais d'entrée prohibitifs, ce que proposent les acteurs en ligne comme CORUM L'Épargne avec un ticket d'entrée à 50 €.

Une réserve sérieuse toutefois. La mesure n'est pas rétroactive et s'applique aux cotisations calculées sur les revenus de 2026. Deux lectures circulent chez les praticiens. Selon la première, vous pouvez dès cette année mobiliser les plafonds calculés depuis 2020. Selon la seconde, seul le plafond issu de 2025 bénéficie du report allongé, utilisable jusqu'en 2030 ou 2031. Le montant exact de votre plafond disponible figure sur votre avis d'imposition. Vérifiez-le avant de calibrer un versement important. Attendez les précisions de l'administration si votre stratégie repose entièrement sur les millésimes anciens.

Second angle mort, les prélèvements sociaux du PER passent à 18,6 %

Celui-là ne vient pas de la loi de finances mais du budget de la Sécurité sociale, ce qui explique en partie pourquoi il est passé inaperçu.

La CSG sur certains revenus du capital a été relevée de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier 2026. Le taux global des prélèvements sociaux passe donc de 17,2 % à 18,6 %. Le prélèvement forfaitaire unique grimpe de 30 % à 31,4 %.

Une divergence d'interprétation a suivi l'adoption du texte, certains estimant que les PER assurantiels pourraient y échapper. La Direction générale des finances publiques a tranché en janvier. Tous les PER sont concernés, bancaires comme assurantiels, sans distinction.

Enveloppe

Prélèvements sociaux 2026

PFU sur les gains

PER, toutes formes

18,6 %

31,4 %

Assurance vie

17,2 %

30 %

Contrat de capitalisation

17,2 %

30 %

PEA au-delà de cinq ans

18,6 %

Exonéré d'impôt sur le revenu

Compte-titres ordinaire

18,6 %

31,4 %

L'écart de 1,4 point avec l'assurance vie

L'assurance vie a été expressément exclue de la hausse par un amendement gouvernemental. Le contrat de capitalisation aussi, ainsi que les revenus fonciers et les plus-values immobilières.

Il en résulte un écart de 1,4 point entre deux enveloppes qui étaient jusqu'ici traitées de façon identique. Sur 100 000 € de gains accumulés au long d'une carrière, la différence représente 1 400 € au moment du dénouement. Ce n'est pas décisif. Ce n'est pas rien non plus.

La conséquence pratique tient en une phrase. Le PER conserve son avantage principal, la déduction à l'entrée. Il perd un peu de terrain sur la fiscalité de sortie. Pour un contribuable dont le taux marginal dépasse 30 %, l'économie d'impôt immédiate reste très supérieure au surcoût social différé. Pour un contribuable à 11 %, l'arbitrage penche désormais plus nettement vers l'assurance vie.

Une fédération d'épargnants a d'ailleurs écrit au gouvernement pour demander que le PER soit aligné sur le régime de l'assurance vie, au motif qu'il s'agit du placement long terme par excellence. Rien n'indique à ce jour que la demande sera suivie d'effet.

Ce que ces trois mesures changent selon votre âge

Situation

Ce qui change

Ce qu'il faut faire

Moins de 50 ans

Cinq ans de report au lieu de trois

Vérifier ses plafonds cumulés avant de calibrer un versement

50 à 65 ans

Fenêtre de déductibilité qui se referme à 70 ans

Concentrer l'effort d'épargne pendant les années de forte imposition

65 à 70 ans

Dernière fenêtre pour déduire

Arbitrer entre un versement déductible maintenant et l'assurance vie

Plus de 70 ans

Plus aucune déduction possible

Basculer les versements nouveaux vers l'assurance vie ou un contrat de capitalisation

Toutes situations

Prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains

Réserver le PER aux revenus fortement imposés

 

Le message d'ensemble du législateur est cohérent. Il encourage à verser tôt et régulièrement. Il décourage l'usage du PER comme instrument d'optimisation successorale de dernière minute.

Un quatrième ajustement, encore plus discret

Il mérite d'être signalé parce qu'il concerne des familles en situation difficile.

Un nouveau cas de déblocage anticipé a été créé, pour affection grave, handicap ou accident grave touchant un enfant à charge. Il s'ajoute aux six motifs existants, qui couvrent l'achat de la résidence principale, l'invalidité, le décès du conjoint, l'expiration des droits au chômage, le surendettement et la liquidation judiciaire d'un travailleur indépendant.

Aucun communiqué de presse n'a accompagné cette création. Elle figure pourtant dans les textes et elle est opposable dès maintenant.

Les trois vérifications à faire avant votre prochain versement

Commencez par votre avis d'imposition, qui indique le plafond disponible et les reliquats des années antérieures. C'est le seul document qui fait foi. Il évite le versement excédentaire qui ne procure aucune déduction.

Regardez ensuite votre taux marginal réel plutôt que votre tranche théorique. La déduction vaut ce que vaut votre TMI. Un versement de 5 000 € rapporte 550 € d'économie à 11 % contre 2 050 € à 41 %. En dessous de 30 %, la question mérite d'être posée sérieusement.

Comparez enfin les frais du contrat, parce qu'ils pèsent bien plus lourd sur trente ans que 1,4 point de prélèvements sociaux. Frais d'entrée, de gestion, d'arbitrage et de transfert. Un contrat chargé annule en quelques années tout l'avantage fiscal que vous êtes venu chercher.

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