
(Agefi-Dow Jones)--Les cours du pétrole reprennent leur flambée jeudi alors que les tensions dans le golfe Persique restent au plus haut après une intervention du nouveau guide suprême iranien appelant à poursuivre le blocage du détroit d'Ormuz face aux attaques américaines et israéliennes.
Vers 15h25, le contrat à terme sur le baril de brut léger WTI bondissait de 8% à 94,14 dollars à New York. A Londres, le cours du brent de même échéance avance de 8,1%, à 99,38 dollars le baril.
Alors que la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran entre dans son treizième jour, avec de nouvelles revendications de tirs de Téhéran aux Emirats, en Irak et au Koweït et des nouveaux bombardements de la capitale iranienne par l'armée israélienne, aucun signe de désescalade ne semble susceptible de favoriser une reprise de l'approvisionnement en pétrole au Moyen-Orient.
"Il n'y a pas d'autres solutions que de continuer" la guerre a déclaré Motjaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien dans un message télévisé diffusé jeudi par la télévision d'Etat, appelant "à continuer à utiliser le levier du blocage du détroit d'Ormuz ". Le président américain Donald Trump a de son côté relativisé sur son réseau Truth Social l'envolée des cours du pétrole, qui permet aux "Etats-Unis de faire beaucoup d'argent" en tant que premier pays producteur mondial, ajoutant que sa priorité était "d'empêcher un empire du mal d'avoir des armes nucléaires".
Ces déclarations accroissent les craintes de blocage prolongé du détroit d'Ormuz, principal point de passage d'un quart du pétrole mondial. D'autant que le secrétaire à l'Energie Chris Wright avait affirmé peu avant dans un entretien à CNBC qu'il était "impossible pour le moment" d'escorter les navires dans la zone.
"Les perturbations des infrastructures énergétiques régionales et des routes maritimes ont renforcé les craintes d'un resserrement de l'offre de brut, d'autant plus que le détroit d'Ormuz reste largement entravé, limitant le flux des exportations des principaux pays producteurs", a estimé jeudi dans une note Frank Walbaum, analyste chez Naga, soulignant que "l'acheminement via les oléoducs dans certains pays avait permis pour l'instant d'éviter un choc plus grave pour le marché".
Selon lui, la décision annoncée mercredi des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de débloquer 400 millions de barils puisés dans les réserves stratégiques pourrait apporter un certain soulagement au marché mais "l'impact sur les prix sera limité si les perturbations se prolongent".
Dans ses dernières prévisions de marché publiées mercredi soir, l'Agence américaine pour l'information sur l'énergie (EIA) a revu à la hausse ses prévisions pour les prix du pétrole, de l'essence et du gazole jusqu'en 2027 en raison de la guerre en cours au Moyen-Orient.
L'agence estime que le Brent, la référence mondiale, pourrait rester au dessus de 95 dollars le baril dans les deux prochains mois et s'établir en moyenne à 79 dollars le baril cette année, contre une prévision précédente de 58 dollars. L'agence a également relevé sa prévision de prix moyen pour 2027, à 64 dollars le baril, contre 53 dollars auparavant.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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