
La Bourse de New York a ouvert en repli lundi, pénalisée par les interrogations au sujet de la poursuite du développement l'intelligence artificielle (IA) et par la nouvelle progression des cours du pétrole.
En début de séance, l'indice Dow Jones cédait 0,3%, à 52.421 points, tandis que le S&P 500 reculait de 0,7%, à 7.601 points. Pour sa part, le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, fléchissait de 0,9%, à 26.107 points.
Au cours du week-end, plusieurs grands noms de l'IA ont formulé des mises en garde à propos de cette technologie, ce qui pèse fortement lundi sur les actions des fournisseurs d'équipements pour les centres de données, comme les fabricants de semi-conducteurs.
Alors que sa société a déposé en juin un document d'introduction en Bourse préliminaire, le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a exhorté le secteur de l'IA à ralentir le développement des modèles d'IA de pointe afin de disposer de suffisamment de temps pour garantir que cela se fasse en toute sécurité. Le président-directeur général de SpaceX, Elon Musk, a appuyé ces propos, estimant que l'IA est potentiellement plus dangereuse que l'énergie nucléaire.
Parallèlement, dans un entretien accordé à Fortune, le directeur général d'OpenAI, Sam Altman, a indiqué que l'entreprise n'entrerait probablement pas en Bourse cette année en raison des préoccupations en matière de sécurité. "Je pense en fait que, compte tenu de tout ce qui se passe en matière de sécurité, le moment serait mal choisi pour une introduction en Bourse, et nous ne ressentons aucune pression à ce sujet."
Les interrogations sur le futur rythme de développement de l'IA s'accompagnent d'une nouvelle hausse des cours du pétrole à la suite de la fermeture de l'oléoduc saoudien permettant d'éviter le détroit d'Ormuz et de la prise par les rebelles houthis, alliés de l'Iran, d'une partie de la bande côtière du Yémen bordant le détroit stratégique de Bab-El-Mandeb en mer Rouge. L'Arabie saoudite disposerait de stocks permettant de poursuivre ses exportations pendant encore cinq à sept jours, selon Reuters. Si le pipeline n'était pas remis en service entre-temps, ce serait jusqu'à 4% de l'approvisionnement mondial en pétrole qui disparaîtrait.
En réaction aux inquiétudes au sujet de l'approvisionnement, le contrat d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) montait de 4,1%, à 104 dollars, tandis que le brent à échéance en novembre prenait 4,4%, tout proche des 110 dollars.
Les craintes d'inflation ont conforté la semaine dernière l'hypothèse d'un relèvement de ses taux par la Réserve fédérale (Fed) lors de sa réunion de cette semaine. Sur le marché des contrats à terme sur les fonds fédéraux, la probabilité d'une hausse de 25 points de base du taux directeur de la Fed mercredi se situe à plus de 88%, contre 62% lundi dernier. Celle d'une augmentation supplémentaire d'un quart de point de pourcentage avant la fin de l'année est également majoritaire, selon l'outil FedWatch du CME.
Le taux de l'obligation du Trésor à 10 ans montait de 1 point de base, à 4,987%, un niveau quasiment inédit depuis 2007. Sur le marché des changes, l'indice DXY, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de devises, gagnait 0,5%, à 99,58 points.
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