
La majorité des investisseurs pensent que gagner en Bourse consiste successivement à trouver l'action parfaite, timer son point d'entrée d'achat et de sortie, ainsi que prédire l'avenir. Vous pensez que c'est un plan intelligent. Mais en réalité, il se révèle faux. Les investisseurs particuliers ont tendance à paniquer et vendre lorsqu'une action baisse de 20 à 30 %. Ensuite, ils vont acheter une autre action prometteuse, puis répétez le même processus.
Les marchés connaissent des phases de stress. Entre la menace de la stagflation, les tensions géopolitiques et la percée de l'IA, les grands investisseurs savent cerner le comportement des mains faibles et font l'inverse de la meute. La décennie à venir nous réserve des surprises de deux cotés. Et s'il y a goulot d'étranglement à régler en Bourse, ce n'est pas le capital, ni les informations, mais l'impuissance à aligner notre comportement à nos convictions d'investissement. Dans la perspective de rectifier dans les dix années futures, voici 3 compétences clés à développer pour gagner en Bourse.
Compétence clé n°1 : Résister à la volatilité
La volatilité participe à la vie des marchés financiers. Les investisseurs doivent accepter cette donnée, et non la craindre pour leurs portefeuilles respectifs. La compétence clé consiste à préserver vos émotions face aux mouvements brutaux des cours. Au cours de la décennie à venir, nul doute qu'il y aura fréquemment des turbulences, car nous vivons dans un monde en pleine mutation : déglobalisation, pénurie de ressources faciles d'accès, vieillissement de la population, fin de la liquidité des banques centrales, etc. L'investisseur du futur se montrera flegmatique, c'est-à-dire qu'il conservera son calme en se détachant des événements et exploitera la peur des autres à bon escient.
Pour commencer de bons pieds, prenez l'habitude de fixer en amont votre seuil de douleur et s'y tenir, comme vous placez votre stop psychologique. Ensuite, privilégiez les graphiques en données hebdomadaires et mensuelles, car ces unités de temps longues apportent une meilleure visibilité du momentum actuel et vous ménagent de potentiels faux signaux à l'achat et à la perte. Enfin, exploitez les fortes corrections comme celle d'avril 2025 pour renforcer vos positions ou saisir des opportunités uniques, à la condition que le momentum reste haussier. Les investisseurs qui ont traversé 2001-2003, 2008, 2020 ou 2022 avec résilience, ne s'en tirent pas trop mal sur la durée. La décennie qui suit, favorisera ceux qui restent lucides.
Compétence clé n°2 : Profitez des intérêts composés et soyez patient
Vous avez sans doute entendu parler des intérêts composés dans le monde des placements. Comme la détention d'une action ne dépasse pas en moyenne six mois, vous peinez à travailler efficacement votre capital et obtenir une performance annuelle honorable sur plusieurs années. Pour que la compétence des intérêts composés porte ses fruits, vous avez besoin de temps et de la patience. Laissez courir les gains et réinvestir éventuellement les dividendes perçus offrent un bon cocktail pour votre portefeuille.
Dans les dix prochaines années, la valeur de l'argent va se déprécier avec l'inflation. D'autant que la déglobalisation va accélérer les pressions inflationnistes. La compétence à développer implique à acheter quelques actions qui offrent de meilleures performances par rapport aux taux réels et de les oublier pendant un certain temps, ce qui s'appelle « la patience proactive ». Cela vous incite à ne pas intervenir régulièrement devant vos écrans. Les investisseurs comme Warren Buffett, Howard Marks, acceptent une croissance très expansive de leurs investissements qui démarre graduellement, puis s'envole pour de bon. C'est à ce moment précis que la plupart des investisseurs capitulent – et que les meilleurs prennent leurs distances.
Compétence clé n°3 : Dénichez des entreprises qui résolvent les vrais problèmes de la société
La construction de votre portefeuille ne doit pas respecter la règle des 60/40 (60 % actions et 40 % obligations) que les experts de marché recommandent dans les médias. Dans l'éventualité que la décennie nous réserve des vagues disruptives, il faudra apprendre à changer nos vieux réflexes d'investisseur à certaines conditions : le sans risque peut devenir à risque comme en témoigne le marché obligataire.
Chaque industrie fera face à des contraintes. La compétence clé est de repérer les goulots d'étranglement et les entreprises qui vont les résoudre avec détermination. Ce sont celles qui dompteront la moyenne du marché sur la décennie. Ce sont celles qui répondent à des besoins urgents dans des domaines critiques de la société : la supply chain, l'accès aux soins de santé, l'efficacité énergétique et l'environnement. Pour chacun d'entre eux, les idées d'investissement pourraient être respectivement la traçabilité, la télémédecine, le stockage et le captage de carbone, une alternative intéressante de transition entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables.
Pourquoi privilégier ces industries disruptives ? Parce qu'il existe plusieurs moteurs : la nécessité d'un cadre réglementaire, les changements d'habitudes de consommation, et l'alliage entre les financements privés et publics. Parce qu'elles peuvent naître de nouveaux marchés avec un potentiel adressable important. Les meilleurs investisseurs cherchent des pelles et des pioches, et ne partent pas à la chasse aux gros titres. C'est là où la plupart des grands gagnants se détachent.