(ABC Bourse) - Après des semaines de tensions extrêmes, les marchés pétroliers basculent. L’annonce d’une trêve entre Washington et Téhéran fait chuter les prix sous un seuil symbolique, ravivant autant d’espoirs que d’incertitudes.

Les marchés pétroliers ont brusquement changé de cap. Mercredi 8 avril 2026, les prix du pétrole sont repassés sous la barre des 100 dollars le baril, une première depuis plusieurs semaines, après l’annonce surprise d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
Les investisseurs ont immédiatement réagi à cette trêve de deux semaines annoncée par Donald Trump, conclue à quelques heures de l’expiration d’un ultimatum visant à rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, était de facto bloqué par Téhéran, alimentant une forte tension sur les marchés.
Une chute brutale des prix du pétrole après des semaines de tension
Le retournement est spectaculaire. Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, chute de 13,75 % pour atteindre 94,25 dollars le baril. De son côté, le brut américain WTI recule encore davantage, avec une baisse de 15,39 %, à 95,57 dollars.
Cette correction intervient après une période de flambée historique. Le 9 mars dernier, les prix avaient atteint un pic à 119,50 dollars, leur plus haut niveau depuis mi-2022, dans un contexte de guerre lancée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Depuis, les marchés vivaient au rythme des annonces géopolitiques, entre menaces sur l’approvisionnement et crainte d’un blocage durable du détroit d’Ormuz.
Cessez-le-feu avec l’Iran, un soulagement fragile pour les marchés
L’annonce de cette trêve temporaire apaise les craintes immédiates, mais les incertitudes restent nombreuses. Des négociations doivent s’ouvrir vendredi au Pakistan autour d’une proposition en dix points transmise par Téhéran.
Pour les analystes, le risque géopolitique ne disparaît pas pour autant. Saul Kavonic, de MST Marquee, prévient : "Même avec un accord de paix, l'Iran pourrait se sentir encouragé à menacer le détroit d'Ormuz plus fréquemment à l'avenir, et le marché intégrera dans ses prix un risque accru".
Même prudence du côté de Vivek Dhar, analyste à la Commonwealth Bank : "Il est encore possible qu'une prime géopolitique significative se pérennise dans un avenir prévisible, en fonction des détails de l’accord global".
Autre signal inhabituel, le WTI américain se négocie désormais au-dessus du Brent, inversant une tendance classique. Ce phénomène s’explique par les échéances de livraison plus proches, qui rendent certains barils plus chers à court terme.
Dans l’attente de la reprise effective du trafic dans le détroit d’Ormuz, les investisseurs restent suspendus à l’évolution des discussions diplomatiques, conscients que le moindre incident pourrait à nouveau faire basculer les prix.
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