
Les cours du pétrole reculent mercredi après leur flambée des derniers jours dans un contexte d'inquiétudes toujours marquées concernant l'approvisionnement au Moyen-Orient.
Vers 16h45, le contrat à terme de novembre sur le brent de mer du Nord recule de 2,5%, à 106,75 dollars le baril. Le contrat d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) perd 2,1%, à 103,56 dollars.
"Le recul s'inscrit dans un contexte de dollar fort et de rendements élevés des bons du Trésor, tandis que les données de l'American Petroleum Institute (API) ont montré que les stocks de brut américains étaient remontés de 7,1 millions de barils la semaine dernière, ce qui a contribué à apaiser quelque peu les inquiétudes immédiates concernant l'offre", a indiqué dans une note l'analyste de MUFG, Soojin Kim. L'Agence d'information sur l'énergie (EIA) a de son côté indiqué mercredi que les stocks de brut n'avaient reculé que de 600.000 barils dans le pays au cours de la semaine achevée le 11 septembre, conformément aux attentes des économistes sondés par le Wall Street Journal.
Les opérateurs évaluent également la capacité de l'Arabie Saoudite à partiellement rediriger une partie de ses exportations de pétrole après la fermeture forcée de son oléoduc Est-Ouest. Dans une note, Kpler a estimé qu'il faudrait "entre quatre et six semaines pour réparer complètement les dégâts subis par au moins une station de pompage, même si la compagnie pétrolière nationale Aramco semble mettre en place un contournement de la station endommagée, ce qui pourrait permettre une reprise plus rapide des opérations". L'agence Reuters a également rapporté que l'Arabie saoudite aurait proposé aux acheteurs asiatiques de produits raffinés d'acheminer le brut via le port omanais de Sohar, situé en dehors du détroit d'Ormuz.
"Cela pourrait offrir un peu de soulagement au marché concernant la reprise partielle de l'approvisionnement" en provenance du Moyen-Orient, a souligné dans une note l'analyste de XS, Samer Hasn.
La situation reste cependant très tendue pour la navigation dans le golfe Persique en raison des échanges de tirs entre les Etats-Unis et l'Iran. Le Wall Street Journal a rapporté mercredi que l'armée américaine avait tiré 60 à 70 missiles Patriot la semaine dernière pour contrer une attaque de 20 missiles balistiques de l'Iran contre la Jordanie. Selon Kpler, seulement quatre navires ont traversé le détroit d'Ormuz mercredi, dont aucun navire-citerne de gaz ou de pétrole.
"Si la situation d'incertitude actuelle perdure et que les perspectives d'un règlement diplomatique restent inexistantes, le risque d'une extension des zones cibles pour les infrastructures et les pétroliers persisterait, ce qui rendrait les prix susceptibles d'atteindre de nouveaux sommets inédits depuis le début de cette guerre", estime Samer Hasn.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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