
BofA Securities a abaissé lundi sa recommandation sur les titres Renault et Stellantis, redoutant que l'expansion des constructeurs automobiles chinois en Europe pénalise les résultats de ces deux fleurons de la cote parisienne.
Selon l'intermédiaire financier, la pression concurrentielle exercée par les constructeurs automobiles chinois sur Renault et Stellantis en Europe repose avant tout sur l'évolution du comportement des consommateurs: avec la hausse durable des prix du carburant, les automobilistes accordent une importance croissante au coût d'utilisation des véhicules. Or les modèles électriques chinois apparaissent aujourd'hui particulièrement compétitifs sur ce terrain.
BofA Securities souligne que les véhicules électriques chinois affichent des prix inférieurs d'environ 5% à ceux de leurs équivalents européens, à autonomie comparable. Les hybrides rechargeables chinois seraient même jusqu'à 30% moins chers, tout en offrant davantage d'autonomie électrique. Cette compétitivité sur le plan tarifaire s'accompagne aussi d'une amélioration rapide du design, des équipements et de la qualité perçue.
Le danger est particulièrement important pour Renault et Stellantis car les groupes chinois ciblent désormais les segments les plus rentables du marché européen, à savoir ceux des citadines, des véhicules compacts et des SUV familiaux. Leur progression est rapide puisque leur part de marché en Europe a doublé en un an pour atteindre environ 8%, tandis que leurs ventes ont quasiment doublé sur un an au premier trimestre de 2026.
La menace ne se limite plus aux importations. Des constructeurs automobiles chinois comme BYD, Chery ou Leapmotor implantent progressivement leur production en Europe afin de contourner les droits de douane et de gagner en légitimité politique et industrielle. Le risque est celui d'un "cheval de Troie" industriel, prévient BofA Securities. Les usines européennes sous-utilisées pourraient devenir un accélérateur de l'expansion chinoise.
Dans ce contexte, Renault apparaît particulièrement exposé en raison de sa forte présence sur les véhicules d'entrée et de milieu de gamme, très sensibles au prix. Stellantis, de son côté, souffre déjà d'une rentabilité fragile en Europe. La banque d'affaires américaine estime ainsi que les constructeurs historiques européens risquent d'être pris en étau entre l'obligation d'accélérer l'électrification et l'érosion de leurs marges sous la pression des acteurs chinois.
BofA Securities a ainsi déclassé Renault d'"acheter" à "neutre", tout en réduisant son objectif de cours sur la valeur de 36 à 33 euros, tandis qu'elle a fait passer sa recommandation sur l'action Stellantis de "neutre" à "sous-performance" et abaissé sa cible de 7,50 à 5,50 euros.
A la Bourse de Paris, le titre Renault reculait de 2,8% vers 11h45, à 27,80 euros, pendant que l'action Stellantis cédait 0,9%, à 6,46 euros.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
