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Petrole Brent (baril en $)
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Actualité publiée le 13/07/26 07:35

Le pétrole bondit de 4 %, la fermeture du détroit d'Ormuz ravive la peur d'une flambée

(ABC Bourse) - Le pétrole repart brutalement à la hausse. Les cours du Brent et du WTI ont gagné plus de 4 % lundi 13 juillet, après un week-end marqué par de nouvelles frappes américaines contre l’Iran et par l’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran.

Cette voie maritime, empruntée avant la guerre par près d’un cinquième du brut mondial, se retrouve une nouvelle fois au cœur des inquiétudes. Les navires continuent de circuler en nombre limité, tandis que les marchés redoutent des perturbations durables de l’approvisionnement.

Vers 02h00 GMT, le baril de West Texas Intermediate américain pour livraison en août progressait de 4,31 %, à 74,49 dollars. Le Brent de la mer du Nord, livré en septembre et utilisé comme référence internationale, gagnait 4,22 %, à 79,22 dollars.

Le détroit d’Ormuz fait remonter le Brent et le WTI

Cette poussée des cours intervient après la reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran. Les deux pays avaient pourtant signé, le 17 juin, un protocole d’accord destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et à permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

La fermeture du passage au début de la guerre avait déjà entraîné une envolée du pétrole et accru les tensions sur l’approvisionnement. Au plus fort du conflit, le baril de Brent avait dépassé 110 dollars.

Téhéran estime désormais que les navires ne peuvent emprunter le détroit qu’en respectant ses conditions. L’Iran a annoncé dimanche sa fermeture "jusqu’à nouvel ordre". Plusieurs bâtiments qui auraient suivi une route non autorisée ont subi des attaques.

Washington affirme pour sa part que le détroit reste ouvert. Les forces américaines ont lancé une nouvelle série de frappes contre la République islamique afin de l’empêcher "d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux", selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient.

La réalité observée sur l’eau paraît plus nuancée. "Des navires parviennent encore à passer, mais le trafic est bien inférieur à la normale ; le passage dépend de plus en plus de la coordination militaire, de la disponibilité des assurances et de la volonté des équipages de pénétrer dans une zone de conflit actif", observe Stephen Innes, de SPI Asset Management.

L’analyste décrit une circulation maintenue, mais soumise à des risques militaires, humains et financiers. "Il ne s’agit pas d’une voie maritime ouverte normale. C’est un couloir au fonctionnement partiel, assorti d’une prime de risque liée aux attaques. Les investisseurs vont désormais surveiller les volumes de transit plutôt que la rhétorique" des gouvernements, insiste-t-il.

Le niveau du Brent reste pourtant loin du sommet enregistré pendant la guerre. Pour Stephen Innes, "les prix actuels du pétrole reflètent toujours la conviction (du marché) que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée: le Brent reste bien en deçà de son pic atteint durant le conflit".

Cette retenue n’efface pas la fragilité de l’offre. "le marché n’a pas reconstitué de véritable marge de sécurité: la production mondiale demeure nettement inférieure aux niveaux d’avant-guerre, laissant moins de marge de manœuvre en cas de nouvelle détérioration du trafic" dans le détroit, prévient Stephen Innes.

Les Bourses asiatiques reculent, les carburants sous surveillance

La nervosité a rapidement gagné les places financières asiatiques. Vers 02h15 GMT, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo cédait 1,53 %, à 67 510 points. L’indice élargi Topix reculait de 0,47 %, à 4 017 points.

"Une reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran pourrait servir de catalyste négatif pour les marchés d’actions", a estimé Shoji Hirakawa, du cabinet Tokai Tokyo Intelligence Lab, cité par Bloomberg.

La hausse du pétrole inquiète aussi par sa capacité à alimenter l’inflation et à ralentir l’activité économique. Le prix du brut ne traduit pas toujours à lui seul la pression supportée par les ménages et les entreprises.

"Une évolution modérée du prix du Brent peut masquer une hausse bien plus préoccupante des prix à la pompe qui irriguent réellement l’économie. Si le pétrole brut fait office de voyant d’alerte, le diesel représente la température du moteur", rappelle Stephen Innes.

À Séoul, l’indice boursier chutait encore de 4,90 %, prolongeant son décrochage de la semaine précédente. Les investisseurs s’interrogent sur la capacité de Samsung Electronics et SK hynix à maintenir la progression de leurs bénéfices dans les puces mémoires.

Les autres marchés évoluaient sans direction commune. Taipei gagnait 0,99 % et l’indice Hang Seng de Hongkong avançait de 0,89 %, tandis que Sydney perdait 0,27 %.

Le yen restait lui aussi sous pression. La devise japonaise reculait de 0,23 %, à 162,05 yens pour un dollar, après avoir touché 162,84 yens au début du mois de juillet, son niveau le plus faible face à la monnaie américaine depuis 1986. L’or baissait dans le même temps de 1,20 %, à 4 071 dollars l’once, malgré le regain des tensions géopolitiques.

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