
(ABC Bourse) - Les principaux producteurs de l'Opep+ ont décidé d'augmenter une nouvelle fois leur production de pétrole à partir du mois de septembre. Cette décision, attendue par les marchés, intervient alors que les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine continuent de perturber l'approvisionnement mondial.
Sept pays membres de l'alliance, dont l'Arabie saoudite et la Russie, ont validé une augmentation de leurs quotas de production de 188.000 barils par jour. Il s'agit de la quatrième hausse consécutive après celles mises en place en juin, juillet et août.
L'Opep+ augmente sa production mais les exportations restent perturbées
Sur le papier, cette augmentation marque une nouvelle étape dans le retour progressif de la production. Dans les faits, son impact demeure limité.
Les exportations du Moyen-Orient restent freinées par le blocage du détroit d'Ormuz et par les combats dans la région. La Russie fait également face aux conséquences de la guerre avec l'Ukraine, qui perturbent les expéditions depuis ses ports et la mer Caspienne.
Selon les chiffres de l'Opep+, la production de ses membres dépassait légèrement les 36 millions de barils par jour en juin, contre près de 43 millions en février.
Les inquiétudes concernent aussi la mer Rouge. Les analystes d'ING rappellent que "Les pétroliers saoudiens, mais aussi les installations pétrolières du royaume sont menacés par les houthistes". Une raffinerie saoudienne a d'ailleurs été endommagée la semaine précédente lors d'une attaque attribuée à la milice yéménite.
Des tensions persistantes au sein du cartel pétrolier
Les marchés espèrent qu'une réouverture du détroit d'Ormuz permettra aux nouveaux quotas décidés par l'Opep+ de rééquilibrer rapidement l'offre mondiale. Plusieurs pays ont fortement puisé dans leurs réserves stratégiques pendant le conflit avec l'Iran afin de limiter les risques de pénurie.
L'organisation prévoit désormais de maintenir ses quotas inchangés entre octobre et décembre. Malgré ces relèvements successifs, la production du cartel reste inférieure d'environ 2 millions de barils par jour à son niveau de 2022.
L'Opep+ doit aussi composer avec les revendications de certains de ses membres. L'Irak souhaite obtenir un quota plus élevé, une demande qui rejoint celle portée durant plusieurs années par les Émirats arabes unis. Frustré par les limites imposées à sa production, le pays a quitté l'organisation cette année, affaiblissant un groupe dont il figurait parmi les principaux producteurs.
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