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Et s’il n’y avait pas d’hyperinflation malgré la politique monétaire actuelle ?

Par Charles Dereeper, le 27/03/2012

charles dereeper

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Il ne peut y avoir de débat inflation / déflation sans chiffres sur la démographie. L'inflation, cela reste des tensions sur les marchés du travail et des déséquilibres dans la force de la demande de consommation par rapport à de l'offre. A un moment donné, il faut des millions de gens qui adoptent le même comportement au même moment pour créer des statistiques économiques.

Les USA subissent le plus gros choc démographique dans le sens inverse depuis la seconde guerre mondiale. Plus de 10 millions d'actifs ont déjà été retirés du circuit économique. On nous explique que les demandes d'allocations chômage sont en baisse et que la crise s'estompe.

La vérité aux USA, c'est tout simplement que le nombre de travailleurs diminue. Ce qui n'a rien à voir avec la quantité de job créés. Il y a actuellement 87 millions d'inactifs contre 77 millions au début de la crise en 2007.

Il n'existe aucun cas à ma connaissance dans l'histoire, dans aucun pays où on assiste à une grosse inflation pendant que le nombre d'actifs diminue. Actuellement, d'ailleurs, il n'existe aucun cas démographique en vague retour enregistré dans les stats.

Non seulement, en temps normal, l'inflation se nourrit d'une accélération du nombre des actifs, mais en ce moment, nous avons affaire à un cas historique de diminution du nombre d'actifs. Les retraités perdent en moyenne 50% de leur pouvoir d'achat du jour au lendemain... Va créer une hyperinflation dans ces conditions... c'est pour moi l'arme secrète des banques centrales. Elles vont être peinards pendant encore 5 à 10 ans.

Je rappelle juste une statistique : l'Allemagne en avance démographique sur les vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale va perdre autour de 40% de sa masse d'actifs dans les décennies à venir. La grosse Madame Michue Allemande a en effet décrété qu'elle ne voulait plus faire de mômes... Zut !

Le vrai débat n'est pas le risque d'inflation ou la déflation, mais les tensions énormes qui vont apparaître sur les retraites et la manière dont elles seront payées.

En gros, les Banques Centrales vont elles émettre de la monnaie de singe pour payer les retraites des baby boomers qui, non seulement, n'ont pas épargné suffisamment, mais en ont profité pour dilapider 20 ans de rentrées fiscales du futur, privant ainsi ma génération de ressources financières à l'échelle collective.

C'est la raison pour laquelle je pense qu'il ne faut pas stocker son argent en euro, ni en dollar, ni en yen. Le dollar Australien, celui de Singapour ou d'autres petites devises sont à considérer comme de biens meilleurs outils pour détenir son patrimoine.

La confiance sur les devises est complexe. Je le vois au Costa Rica avec une devise nationale qui s'apprécie contre l'euro, alors que la note du pays est BBB, tout ça parce que les agences de notation estiment que la fiscalité du pays n'est pas conforme à la doctrine occidentale.

Le Bath Thaïlandais connaît aussi régulièrement des hausses contre l'euro alors même que le roi peut mourir à chaque instant donnant naissance à un chaos politique jugé à priori moins risqué que la gestion européenne... Les cours des devises sont en contradiction avec les déclarations mensongères des élites occidentales et du modèle de vie qu'elles tentent toujours d'imposer.

Qui perd et qui gagne si l'inflation ne sort pas du chapeau malgré les injections énormes dans le circuit faîtes par les banques centrales ? L'euro, définitivement, perd ! Cela tombe bien.

L'opération la pire pour un occidental, la plus compliquée psychologiquement pour lui, cela consiste à abandonner l'euro comme devise de base. Moi, je pense que les gens en haut font ce calcul là très précisément. D'un côté, des cycles démographiques ultra favorables au laxisme monétaire et de l'autre, une incompréhension caractérisée des européens au sujet des devises.


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